Yom KippourLe jour du Grand pardon
🕊️ KAPPAROT – OR TORAH 🕊️
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Les Institutions Or Torah & le Rav Itshak Shneor
La Mitsva et son histoires 2
Un cadeau fabuleux
HaKadoch Baroukh Hou a offert un cadeau fabuleux au peuple d’Israël, et ce cadeau, c’est le saint jour de Yom Kippour. Comme l’écrivait Rav Salanter, même si nous ne bénéficions d’un tel jour de purification qu’une fois tous les soixante-dix ans, qui permettrait de nous blanchir de nos fautes et de nous débarrasser de nos erreurs ainsi que des souffrances qu’elles peuvent engendrer, cela constituerait en soi un présent inestimable. Un sage est allé jusqu’à affirmer que s’il fallait donner des centaines de milliers d’euros, ce ne serait que pour bénéficier d’un seul Yom Kippour durant sa vie, il le ferait sans hésiter.
Ce grand jour n’a pas de prix pour le klal Israël. Et chacun peut, selon sa préparation préalable et son niveau d’investissement, lui octroyer une dimension particulière. Yom Kippour possède une envergure incommensurable : les Baalei Moussar l’ont qualifié d’« océan de miséricorde ». Et de même que celui qui va à la mer peut s’y rendre muni d’un tonneau, d’un verre ou d’une cuillère, à l’identique, plus nous remplissons les conditions requises du jour de Kippour et y associons notre Téchouva et nos bonnes résolutions, et plus la portée de ce jour et la Miséricorde divine qu’il engendre, seront importantes.
Un Chabbat Chabbaton
La Guemara dans Taanit (26b) enseigne : « Il n’y a pas de jours de fête pour Israël aussi grands que Tou béAv et Yom Hakippourim. » Yom Kippour figure ainsi parmi les plus grandes fêtes du klal Israël.
Rav Salanter explique ainsi cette grandeur : chacun s’inquiète toute l’année pour ses fautes, car même après avoir fait Téchouva, le jour de Kippour est nécessaire pour être pardonné. Ces transgressions peuvent se compter par milliers : lachon hara, mauvais traits de caractère, colère, oublis au niveau des mitsvot, concessions faites au yétser hara, etc. Qu’elles soient commises par inadvertance ou intentionnellement, elles constituent un poids écrasant pour notre conscience.
A l’époque du Beit Hamikdach, ce fardeau pesait si lourdement sur les cœurs que les gens attendaient Kippour comme le plus grand bonheur de leur vie. A la sortie de Kippour, ils ressentaient un soulagement, comme si une pierre leur avait été retirée du cœur. Une bande de couleur pourpre témoignait des fautes des enfants d’Israël. Lorsque le service du Temple était accompli comme il convenait, au moment où le bouc émissaire était précipité du haut de la falaise, cette bande blanchissait, signalant à tous que les fautes des Bnei Israël avaient été pardonnées.
L’enseignement de Rabbi Akiva
Dans la Guemara Yoma (85b), Rabbi Akiva déclare au sujet du jour de Kippour : « Combien vous êtes heureux, klal Israël ! Devant qui vous purifiez-vous et qui vous purifie ? Votre Père qui est dans les cieux, c’est Lui qui vous purifie. » Il cite deux versets où D.ieu déclare (‘Hizkiyahou 36,25) : « Et J’épancherai sur vous des eaux pures afin que vous deveniez purs », et (Irmiyahou 17,13) « Hachem est le mikvé du peuple d’Israël. »
Comme l’expliquent les saints livres, Rabbi Akiva exprime que le jour de Kippour révèle la relation d’un père envers son fils. Il n’existe aucune explication rationnelle au pardon des fautes commises par un individu. En revanche, ce jour-là, se révèle cette relation paternelle privilégiée. Comme l’affirme le verset, les fautes sont assimilées à des souillures, et HaKadoch Baroukh Hou nous lave littéralement de nos péchés. Pour sa part, le Tomer Dévorah compare cela à une mère qui n’hésite pas à changer les couches de son enfant – la faute, bien que très sale, est lavée par HaKadoch Baroukh Hou dans Sa miséricorde.
Rabbi Akiva évoque deux aspects de la purification : parfois, pour ôter une impureté, il faut asperger de l’eau. En d’autres occasions, il convient de se rendre au mikvé. Le jour de Kippour intègre ces deux notions : HaKadoch Baroukh Hou nous asperge… Il libère à notre profit Sa pitié et Sa miséricorde, Il nous attire vers la Téchouva, Il vient à notre rencontre. En ce qui nous concerne, il nous appartient de nous rendre au mikvé pour nous tremper – c’est-à-dire nous rapprocher de D.ieu à notre tour pour être purifiés.
C’est le sens des mots que nous prononçons en ce jour : « Ki bayom hazé yékhaper aleikhem létaher etkhem mikol ‘hatotékhem » – Car ce jour-là, HaKadoch Baroukh Hou vous purifiera de toutes vos fautes, et alors « Lifnei Hachem titeharou » – Face à Hachem vous serez purifiés. C’est en soi, un cadeau inestimable, une miséricorde sans mesure.
Le Tana dévé Eliahou illustre ce concept par une parabole. Un roi remarqua que son royaume était envahi par une quantité indescriptible d’ordures. Ces détritus, désagréables à la vue et nauséabonds, gênaient énormément les habitants. Il leur dit : « Déversez toutes vos ordures devant mon palais, je m’occuperai personnellement de les faire évacuer. » Voir ses sujets apporter leurs déchets lui procurait un grand plaisir, bien que cela salisse son palais. Mais il était heureux de soulager ceux qu’il aimait. Ainsi, HaKadoch Baroukh Hou éprouve de la joie de nous purifier ce jour-là.
Origine de Yom Kippour
Yom Kippour a pour origine le jour où Moché Rabbénou descendit du mont Sinaï pour la deuxième fois, porteur des secondes Tables de la Loi, et avec le pardon divin. Les Bnei Israel méritaient alors d’être exterminés à cause de la faute du Veau d’or. Ils avaient raté l’occasion de recevoir les Lou’hot. Finalement, non seulement HaKadoch Baroukh Hou leur donna de nouvelles Tables, mais Il dit de plus à Moché Rabbénou (Bamidbar 14,20) : « J’ai pardonné ainsi que tu me l’as demandé. » Déclaration qui signifie que, chaque année, D.ieu offre ce jour-là en cadeau aux Bnei Israël pour les pardonner de leurs fautes.
Le Ramhal explique que HaKadoch Baroukh Hou a créé le monde selon un ordre établi : il existe un attribut de miséricorde, et chaque acte est jugé face à des accusateurs. En revanche, le jour de Kippour, D.ieu dévoile Son Unicité et transcende les règles qu’Il a Lui-même établies. Il utilise Son attribut de Yi’houd Hachem, grâce auquel personne ni aucune règle préexistante, pas même le Din qu’Il a institué, ne peuvent intervenir. HaKadoch Baroukh Hou efface alors tout, comme il est écrit (Yechayahou 43,25) : « Et c’est Moi, Moi-même qui efface tes péchés, par égard pour moi, et tes fautes, Je ne veux plus m’en souvenir. » Ce jour, nous bénéficions du Anokhi, du Moi, et du Lemaani, pour Moi-même. Il s’agit là d’une miséricorde qui transcende toutes les règles, d’une bonté incroyable de HaKadoch Baroukh Hou.
Une guérison spirituelle complète
Dans plusieurs versets, le prophète Yechayahou (57,17 et suivants) évoque le fait que HaKadoch Baroukh Hou nous invite à faire Téchouva et promet de nous guérir : « Je veux… lui dispenser la consolation, à lui et à ceux qui sont en deuil à son sujet. »
Selon, le Zohar Hakadoch, chaque homme est constamment accompagné par deux anges. Mais quand il faute, ces anges l’abandonnent à son sort et s’endeuillent, tristes de ne pouvoir accomplir leur mission.
Quand Hachem blanchit la personne et la guérit, non seulement celle-ci retrouve une santé parfaite, mais elle est à nouveau escortée par ces « endeuillés », ces anges qui retrouvent le bonheur de l’accompagner, de le protéger et de l’encourager vers le spirituel.
Concernant la grandeur de cette journée, il est également écrit dans les Téhilim (139,16) : « Se trouvent inscrits tous les jours qui me seront réservés, avant qu’un seul fût éclos. » Hachem a créé tous les jours, mais en a gardé un pour Lui : Il s’agit de Yom Kippour, ce jour où HaKadoch Baroukh Hou règne de manière exclusive. Il en a même écarté le Satan. C’est ainsi qu’on explique la valeur numérique du mot haSatan qui est de 364. Le 365e jour étant celui où il n’a pas son mot à dire. Ce jour précisément, D.ieu est avec le klal Israël, Il le purifie, et le Satan ne peut l’accuser ce jour-là.
L’obligation de Téchouva
Le Rambam enseigne que Yom Kippour constitue l’apogée de la me’hila et de la seli’ha pour Israël. C’est pourquoi tout le monde, même celui qui a fait Téchouva durant l’année, doit faire Téchouva et Vidouï durant Kippour, le jour du pardon. Nul ne peut échapper à cette obligation.
Rabbénou Yona écrit que l’expression « Lifnei Hachem titeharou » – Face à Hachem vous vous purifierez », que nous répétons vingt-six fois à Kippour, est une mitsva qui consiste à réveiller et stimuler son esprit pour faire Téchouva ce jour-là.
Les effets néfastes de la faute
La faute produit de nombreux effets négatifs, qui peuvent tous être réparés par la Téchouva :
Impureté de l’âme : elle rend impure la néchama et empêche l’homme de profiter de sa grandeur, ainsi que des anges qui l’accompagnent.
Séparation d’avec HaKadoch Baroukh Hou : la faute crée un écran séparateur. Comme l’explique Maïmonide, un homme peut arriver au point d’être détesté dans le Ciel, au niveau que cela empêche ses prières d’être entendues.
Appel à la sanction : la faute réclame la punition de l’homme. Comme l’explique le Tomer Dévorah, les anges accusateurs produits pas les fautes de l’homme n’ont aucun support pour se nourrir, malgré tout, D.ieu les nourrit par Sa bonté, le temps que l’homme fasse Téchouva, sans quoi ils se retourneraient contre celui qui a provoqué leur création et lui infligeraient de terribles maux.
Destruction spirituelle : la faute détruit des mondes spirituels et des sources de bénédiction. Comme l’explique le Néfech Ha’haïm, même la plus petite faute commise par un juif a des répercussions terribles dans le ciel, bien plus qu’une faute bien plus lourde, commise par un non-juif.
Désobéissance : la faute est une désobéissance envers HaKadoch Baroukh Hou, une insoumission face à Sa Volonté.
Conséquences néfastes : la faute génère des difficultés pour l’homme. Ce dernier attend une signature favorable le jour de Kippour. Il lui faut chercher à annuler tout mauvais décret à son encontre.
Rav Israël Salanter écrit : Le jour de Kippour nous est extrêmement bénéfique si nous fournissons des efforts pour réparer nos fautes. Jusqu’à la dernière minute de Kippour, l’homme doit réfléchir aux engagements qu’il pourra prendre sur lui. Chaque petite décision qu’il pourra adopter est sans commune mesure face aux tragédies possibles dont elle peut le sauver, en comparaison du bien infini et éternel qu’elle peut lui procurer
Importance cruciale de la Téchouva
La Téchouva constitue le cœur de Yom Kippour. Celui qui laisse passer cette occasion et ne fait pas Téchouva risque d’aggraver sa situation et la rendre encore plus problématique. Lorsque le Roi se présente à nous et nous propose de nous rapprocher de Lui, si nous lui tournons le dos et ne profitons pas de cette opportunité, nous aggravons forcément notre situation. Et nous pourrions même, comme l’affirme le Midrach, en arriver à transformer l’attribut de miséricorde en attribut de rigueur, à D.ieu ne plaise. La midat Hadin se chargera alors de notre cas, et dans une telle occurrence, cela risque d’être compliqué pour nous.
L’histoire de Rav illustre ce principe (Yoma 87a). Rav avait un différend avec un boucher qui l’avait insulté. Le boucher ne s’étant pas présenté pour s’excuser, la veille de Yom Kippour, Rav se dit : « J’irai me réconcilier avec lui. » Il rencontra son disciple, Rav Houna, qui lui demanda : « Où va mon Maître ? » Il répondit : « Je vais me réconcilier avec untel. » Rav Houna lui dit alors : « Abba va tuer quelqu’un, car sa fin sera assurément tragique. » Rav trouva le boucher assis, en train de fendre la tête d’un animal. Quand celui-ci le vit, il lui dit : « Va-t’en, je n’ai rien à te dire. » Tandis qu’il fendait la tête, un os jaillit et le frappa à la gorge, le tuant sur le coup, accomplissant ainsi la prédiction de Rav Houna.
La Téchouva le jour de Kippour
La Téchouva se compose de trois aspects : le regret de la faute, la prise de décision de ne plus la renouveler, et le Vidouï qui représente l’aveu de la faute. C’est ce qui explique que nous récitions dix Vidouïm le jour de Kippour. A cette occasion, l’homme exprime les fautes générales et ses fautes personnelles, pour s’excuser auprès de Hachem. La Téchouva lui permet de déclencher ce pardon extraordinaire et inespéré.
Bien qu’il existe un avis – celui de Rabbi – selon lequel Kippour pourrait accorder le pardon même sans Téchouva, la Halakha est tranchée différemment selon les Sages qui affirment que notre Téchouva est indispensable pour obtenir le pardon à Kippour.
A noter : dès qu’un homme entame un processus de Téchouva, même s’il ne l’a pas mené à terme, il mérite déjà d’avoir part à ce pardon.
Tout au long de Kippour, l’homme exprime ses regrets. C’est pourquoi il est écrit qu’il convient de prier jusqu’à pleurer. Si on ne pleure pas, il importe au moins de supplier d’une voix qui évoque les pleurs. En même temps, il faut être constamment préoccupé par le fait de prendre des décisions, et surtout de prononcer avec ferveur le Vidouï, et de s’excuser auprès de Hachem pour nos fautes et manquements.
Conseils pour faire Téchouva
Rav Israël Salanter préconise de prendre des décisions touchant aux choses les moins difficiles. Par exemple, un homme qui voudrait se renforcer dans l’étude de la Torah pourrait commencer par étudier le Chabbat, ce qui est plus accessible qu’en semaine. Il peut fractionner ses engagements pour réparer ses erreurs les plus abordables, avec l’intention de progresser et d’évoluer dans le temps. Cela s’appelle déjà une Téchouva.
Un Rav conseillait de prendre sur soi la correction de cinq choses – au niveau des prières, des traits de caractère, ou d’autres fautes. Un autre Rav a même suggéré à sa communauté de prendre une décision importante au moment de la Néïla.
En parvenant à prendre ces engagements le jour de Kippour, nous entrons dans le processus de la Téchouva. Et plus nous nous engageons, plus nous serons non seulement aidés par le Ciel à les réaliser, mais de surcroît, nous serons également purifiés, pardonnés, et gagnerons notre « bonne signature ».
Au moment de la prière de la Néïla, nous ne disons plus : « Inscris-nous dans le Livre de la vie » mais « Appose ta signature [pour nous] dans le livre de la vie », comme nous l’exprimons dans la prière : « D.ieu, Toi qui ne veux pas la punition et la mort du méchant, Tu désires sa réparation, alors aide-nous à réparer. Pardonne-nous, et signe pour nous dans le Livre de la vie. »
Le Vidouï en détail
Pour une bonne lecture et compréhension du Vidouï, il est capital de disposer d’une traduction et de saisir le sens des mots. Il convient également d’être attentif à ce que contient comme intention chacun de ses mots.
Le Vidouï suit un ordre alphabétique, et selon Rabbi Menahem Azariah de Fano, cela a pour but de réparer toutes les fautes commises par rapport aux lettres de la Torah. En effet, puisque le monde a été créé avec ces lettres, lorsque nous fautons, nous les abîmons elles et la Création. Nous exprimons donc le Vidouï à travers l’ordre alphabétique des lettres de la Torah.
Si quelqu’un se souvient d’une faute particulière qu’il aurait commise, il importe de l’ajouter. Les maîtres du Moussar conseillent même de noter avant Kippour ce qu’on désire réparer, de façon à s’en souvenir pendant Kippour.
Le pardon mutuel
Dans la Guemara (Yoma 85b), les Sages enseignent que les fautes commises vis-à-vis de HaKadoch Baroukh Hou trouvent leur pardon à Kippour. En revanche, celles qui concernent les hommes ne sont pas pardonnées à Kippour. C’est pourquoi, avant Kippour, il faut essayer de rétablir la paix avec chacun, de pardonner à chacun (excepté pour les dettes d’argent) et d’être en paix. Depuis toujours, le peuple d’Israël a l’usage de solliciter le pardon mutuel avant Kippour. Il est important de dire : « Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal. »
Il est très important de demander pardon à ses parents et de leur embrasser les mains la veille de Kippour, comme l’écrit le Ben Ich Haï. Il conseille aussi qu’un homme pardonne à ses enfants pour leur manque de respect éventuel, car cela peut leur occasionner de graves punitions. Un homme doit donc dire avant Kippour : « Je pardonne à mes enfants », pour leur éviter toute difficulté à D.ieu ne plaise.
La veille de Kippour
Un repas abondant
La Torah enseigne que celui qui mange la veille de Kippour est considéré comme ayant jeûné deux jours, le 9 et le 10. Nous avons la mitsva de nous alimenter plus que d’ordinaire la veille de Kippour. Les Mékoubalim parlent de consommer la quantité de nourriture de deux jours. Certains le font donc en conséquence pendant la journée, mais il convient au minimum de faire un repas avec du pain.
Rabbénou Yona donne trois raisons à cette mitsva :
Pour avoir des forces afin de bien jeûner à Kippour. Par définition, la Torah n’affectionne pas l’idée que l’homme se fasse souffrir, excepté lorsqu’il s’agit de se guérir de ses fautes et d’améliorer ses traits de caractère. La Torah ne nous a ordonné qu’un seul jeûne, celui de Kippour.
Elle n’a pas cherché à ce qu’il nous soit excessivement pénible, c’est pourquoi elle nous invite à bien manger auparavant pour avoir les forces nécessaires. Pourquoi nous demander malgré tout de jeûner ? Le Ramhal explique que ce jour-là, nous devons ressembler à des anges, car D.ieu a besoin de nous purifier. Pour ne pas gêner cette purification, il convient d’affaiblir la matière, et le jeûne produit cet effet. Ainsi, en ce jour où nous sommes assimilés à des anges, nous permettons à HaKadoch Baroukh Hou de nous purifier.
Exprimer sa joie du pardon. Plus un homme témoigne qu’il se réjouit d’être pardonné, plus il montre combien la faute lui répugne, et c’est ainsi qu’il le reconnaît. Une telle attitude permet d’obtenir un pardon conséquent.
La joie de la mitsva : Lorsqu’on accomplit une mitsva avec plaisir, sa dimension n’en est que plus grande. Puisque nous ne pouvons pas faire Kippour dans la joie à cause du jeûne et de notre volonté de nous purifier, nous l’exprimons la veille.
Restrictions alimentaires
Bien qu’il importe de bien manger la veille de Kippour, la Halakha stipule d’éviter les aliments – comme des œufs, de l’ail, et même la viande, si possible – qui échauffent le corps et peuvent entraîner des impuretés. Il vaut mieux se garder aussi des produits laitiers, mais ce n’est pas interdit, et il est possible de boire un café au lait, par exemple. L’habitude est de manger du poisson à midi et du poulet à l’occasion de la séouda hamafséket, le repas d’interruption.
La Kabbala invoque une autre raison de manger du poisson à midi : c’est un symbole de surveillance divine et d’éloignement du mauvais œil.
Malkout
Il est d’usage de procéder au rituel de Malkout. Cela consiste à se placer face à un mur, et à recevoir 39 coups. La personne fait le Vidouï à ce moment-là, et celui qui frappe dit : « Et Lui, le Miséricordieux, efface la faute ! » Cette procédure est symbolique pour obtenir le pardon et éveiller à la Téchouva.
Le mikvé
Il est très important de se tremper dans un mikvé pour se purifier, de façon à ne pas générer d’obstacles à la purification du Yom Kippour. Il existe différentes coutumes concernant le nombre d’immersions, mais il est bon de se tremper sept fois avec l’intention de se purifier, de réparer la colère, de se débarrasser de toutes ses erreurs, de prendre sur soi d’entamer une nouvelle voie, celle de la Téchouva et d’accepter la sainteté de Yom Kippour.
Les Kapparot
Nous avons l’habitude de procéder aux Kapparot la veille de Kippour, et cela, pour chaque membre de la famille. Une femme enceinte le fera également pour son futur bébé.
Certains utilisent des coqs et des poules – un coq pour l’homme et une poule pour la femme. Ces volailles sont ensuite égorgées rituellement et données aux pauvres. D’autres utilisent de l’argent, en mentionnant que l’argent ira à la Tsédaka et nous permettra d’accéder à une vie heureuse et sereine. Certains missionnent un Rav comme intermédiaire en précisant leur nom. Quant à l’argent donné, il est destiné à la Tsédaka.
Les Kapparot ont aussi pour but de rappeler à l’homme qu’il existe peut-être des décrets à son encontre, et qu’il aurait dû lui-même subir les épreuves de ce coq ou de cette poule. Si les Kapparot sont réalisées au moyen de l’argent, cela rappelle que la charité sauve de la mort. Ces éléments éveillent à la Téchouva. C’est pourquoi il est bon de la réaliser soi-même ou de mandater un Rav, et ne pas se contenter d’envoyer l’argent à une association qui ignore tout de l’identité du donateur.
Minha en début d’après-midi
Il convient de faire la prière de Minha de la veille de Kippour en début d’après-midi, car les Sages ont voulu qu’un homme soit sûr d’être pardonné, et que s’il lui arrivait malheur pendant le repas – à D.ieu ne plaise – il pourrait rater la Kappara de ce Yom Kippour.
Le jour de Kippour
Le jour de Kippour comporte cinq interdits formels :
Manger et boire ;
Se laver ;
S’enduire d’huiles ou de crèmes ;
Porter des chaussures en cuir ;
L’intimité conjugale.
Le lavage des mains, la nétilat yadayim, à Yom Kippour suit des règles particulières, car il est normalement interdit de se laver. Mais certains lavages restent permis :
Au réveil le matin
On procède à la nétilat yadaïm, en se lavant les mains de manière rituelle (en versant de l’eau avec un récipient, trois fois sur chaque main en alternance), mais uniquement jusqu’aux articulations des doigts (et non jusqu’aux poignets comme d’habitude).
Après être sorti des toilettes
Ce lavage est permis pour des raisons d’hygiène, mais limité au strict nécessaire. Là encore, jusqu’aux articulations uniquement.
Les lectures de la Torah
À Kippour, nous lisons dans la Torah le récit de la mort des enfants d’Aharon Hacohen. En effet, il est écrit que quiconque s’attriste sur la mort des Tsadikim à ce moment-là, et sur celle des fils d’Aharon Hacohen, ne verra pas de malheurs chez ses enfants. Cela constitue un très grand mérite.
La paracha liée aux mœurs
Nous lisons également à Minha la paracha qui traite des mœurs pour rappeler de faire Techouva sur ces sujets et surtout de ne pas se laisser influencer.
La Haftara de Yona
Nous lisons cette magnifique Haftara à Minha. L’histoire de Yona rappelle à l’homme qu’il est impossible de se sauver face à D.ieu. Bien que Yona ait cherché à fuir pour de bonnes raisons, il finit par être rattrapé. Cela ne sert donc à rien. Bien au contraire, il faut se tourner vers D.ieu et implorer Sa miséricorde.
La Néïla
C’est la prière de clôture de ce jour exceptionnel. Il est très important de se renforcer à ce moment, et cela, malgré la fatigue due au jeûne et à cette intense journée. C’est le moment fatidique de la signature, de l’apposition du sceau sur le verdict. Ce n’est plus le moment de ménager ses forces… Il convient de déployer toute son énergie et de prier de tout son cœur en pensant à sa Téchouva.
Ce moment est grandiose. Il peut donner lieu à des décisions surprenantes et inattendues. Il faut y employer toutes nos forces. Il est ensuite conseillé de finir avec la prière d’Arvit, même s’il se fait tard, même si on est tiraillé par la faim… Cela, afin de ne pas commettre la première erreur après ce grand jour, en manquant cette prière.
Le chofar
Nous sonnons du chofar à la sortie de la fête. Le but est de troubler le Satan, pour qu’il ne vienne pas nous accuser et dire que nous partons après avoir empoché le cadeau du pardon, et que cela s’arrête là. Il rappelle aussi le chofar du Yovel, qui annonçait la liberté, la Guéoula, avec l’aide de Hachem.
Récits illustratifs
Le tailleur et le poisson
Un tailleur se rendit au marché pour acheter du poisson pour le repas de la veille de Kippour. Mais il ne restait qu’un seul et magnifique poisson qui excitait la convoitise de tous. Une sorte de vente aux enchères s’organisa, et il fut confronté à l’envoyé d’un haut dignitaire. Les enchères montèrent très haut, et finalement, il acquit son poisson pour douze pièces d’or, une somme énorme.
Quand le haut dignitaire l’apprit, il se mit en colère : « Ce poisson me revenait ! Qui a osé me le prendre ? Faites venir cet homme sur-le-champ ! » Le tailleur expliqua pour sa défense : « Un jour unique dans l’année, D.ieu vient vers nous et pardonne toutes nos fautes. C’est une si grande joie. Comment me priver de ce poisson ce jour-là ? »
En entendant cela, le haut dignitaire dit : « Ah, si telle est la raison, tu m’as convaincu. Je suis pleinement satisfait de ce que tu as fait. »
D.ieu récompensa le tailleur : il trouva une pierre précieuse dans les entrailles du poisson, ce qui lui apporta une grande richesse.
La parokhet de diamants
Dans la ville de Tripoli, l’usage voulait qu’au moment de la prière de Néïla, on sorte une parokhet où était brodé avec des diamants : « Yom Hakippourim, Yom Hameyouhass » – Yom Kippour, jour privilégié. Quand les fidèles la voyaient, cela leur redonnait des forces et régénérait leur ferveur lors de cette prière particulière.
Cette parokhet avait toute une histoire. Un riche notable appelé Chalom, donnait chaque année avant Kippour une forte somme pour acheter l’honneur réservé à la prière de la Néïla. Il savait que personne ne pourrait rivaliser avec lui compte tenu du prix à payer. Ainsi, chaque année, l’ouverture du Aron hakodech au moment de la Néïla lui était réservée.
Une année, il s’appauvrit. Les responsables, réalisant qu’il ne pourrait pas acheter l’honneur de cette prière, décidèrent malgré tout de la lui offrir, puisque toutes les années précédentes, il l’achetait à prix fort. Et ils firent part de leur intention à tous les membres de la communauté : « Si personne ne surenchérit, nous allons proposer et faire en sorte qu’elle soit vendue à un prix modique. » Ainsi firent-ils. Ils la mirent en vente au prix d’un zahouv, d’une pièce d’or. C’est cet homme qui l’acheta, et cela dura quelques années.
Toutefois, une personne qui s’était enrichie se dit : « Cette année, sans rien dire, je mettrai le prix pour acheter cet honneur. » Dès qu’elle fut proposée à la vente, il offrit immédiatement un prix très élevé. Toute l’assemblée se sentit mal à l’aise, ne sachant comment cela allait se terminer. Mais on n’avait pas le choix face à cette proposition. Que faire ? C’était pour la Tsédaka...
On continua donc les enchères : une fois, deux fois… Avant de boucler les trois fois comme le veut l’usage, un gros sac tomba de la Ezrat Nachim sur la Téva.
On l’ouvrit et on put voir qu’il était rempli de diamants et de pierres précieuses. Tous levèrent la tête, cherchant à savoir d’où cela provenait… C’était la femme de Chalom, qui avait décidé de donner tous ses bijoux pour offrir à son mari la Néïla.
Il y eut une grande gêne, mais finalement c’est Chalom qui eut le mérite de l’honneur de la Néïla. Quand on voulut rendre les bijoux à sa femme, elle leur répondit : « Certainement pas ! Je les ai donnés à la Tsédaka, on ne peut pas me les rendre. »
Tous furent grandement impressionnés par ce geste. Et on décida qu’avec ces bijoux, on confectionnerait une parokhet qui grandirait l’honneur de la Néïla, et qu’elle appartiendrait à la synagogue. On put alors apprécier la grandeur de cette femme qui n’abandonna pas la mitsva et qui avait su apprécier l’importance de la Néïla jusqu’au bout.
Une transformation spirituelle
Yom Kippour nous offre une opportunité unique de transformation spirituelle parfaite. Ce jour extraordinaire, où HaKadoch Baroukh Hou renonce à Ses propres règles pour nous offrir un pardon absolu, et exige de notre part une préparation sérieuse et un engagement sincère dans la Téchouva.
La grandeur de cette journée réside dans sa capacité à nous purifier entièrement, à nous réconcilier avec notre Créateur, et à nous ouvrir les portes d’une vie nouvelle. Mais cette purification n’est possible que si nous saisissons pleinement cette occasion, si nous nous préparons avec soin, si nous abordons ce jour avec la conscience de sa sainteté exceptionnelle.
Puissions-nous tous mériter de bénéficier pleinement de cet « océan de miséricorde » du Maître du monde, d’être inscrits dans le Livre de la vie, et de sortir de Kippour purifiés, pardonnés et prêts à entamer une nouvelle année dans la proximité avec Hachem.


