L’HISTOIRE DE POURIM et DE LA MEGUILA D’APRES LE MIDRACH .2.
- Or Torah | LDEJ

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POURIM SAMEAH
Or Torah le 24
La Mitsva et son histoires 2
1. La Reine Vachti
L'histoire de la Meguila s'ouvre sur le règne fastueux d'Ahachveroch, souverain de cent vingt-sept provinces. Son épouse, la reine Vachti, descendante illustre de la lignée royale babylonienne, était l'arrière-petite-fille de Nabuchodonosor. Elle avait entravé la reconstruction du Beit Hamikdach. En conséquence, un décret divin ordonna sa mort. Sa fin fut marquée par le déshonneur.
Vachti périt de la façon la plus infamante qui soit. Non seulement elle fût frappée de lèpre, ou encore affligée d'une queue, selon le Midrach, mais elle fut mise à mort de façon particulièrement honteuse. Ce châtiment répondit à sa cruauté. En effet, non contente d'avoir fait obstacle à la reconstruction du Temple, elle avait coutume de contraindre les filles d'Israël à travailler nues le jour du Chabbat, profanant ainsi le repos sacré.
L'utilisation qui fut faite des ustensiles sacrés du Beit Hamikdach au cours du festin royal est ce qui conduisit vers cette issue fatale. Cet acte sacrilège, profanant la sainteté des objets du Temple, fut ce qui poussa Ahachveroch à ordonner la mise à mort de son épouse.
Le règne d'Ahachveroch, lui aussi, fut affecté par ce décret. Ses jours furent abrégés et sa royauté, au départ universelle, fut réduite à cent vingt-sept provinces. La Providence, anticipant l'union future du roi avec Esther, petite-fille de Sarah Iménou – dont la vie s'étendit sur cent vingt-sept années –, réserva à Ahachveroch un nombre de provinces correspondant à la longévité de Sarah iménou.
Malgré l'ordre intimé à Vachti de paraître devant l'assemblée des rois et princes dévêtue, Ahachveroch exigea qu'elle parut avec sa couronne royale. Ce geste, apparemment anodin, est interprété comme une récompense céleste à Nabuchodonosor, qui avait autrefois honoré Daniel en le revêtant d'habits de soie et de parures somptueuses.
L'orgueil de Vachti, enraciné dans son illustre ascendance, joua également un rôle déterminant dans sa chute. Le jour où Ahachveroch, après avoir consulté les autres rois sur la beauté de leurs épouses, lui intima l'ordre de se présenter devant eux dans une tenue indécente. Elle laissa éclater son mépris, rappelant à son époux ses humbles origines – il avait été, disait-elle, le gardien des écuries de son père –, elle exacerba la colère royale, précipitant ainsi son propre trépas.
Ce dénouement tragique, orchestré par la main invisible de la Providence, ouvrit la voie à l'avènement d'Esther, future reine qui sauvera les Bnei Israël.
2. Le Festin d'Ahachveroch
Le festin d'Ahachveroch fut conçu comme un piège destiné à faire trébucher les Bnei Israël. Haman et Ahachveroch, animés par une intention malveillante, espéraient les pousser à fauter. Pour parvenir à leurs fins, ils n'hésitèrent pas à profaner les ustensiles sacrés du Beit Hamikdach en les utilisant pendant le festin.
La Guemara nous enseigne que cette profanation des ustensiles du Beit Hamikdach avait déjà été commise par le passé sous le règne de Balthazar. Ce dernier, lors d'un banquet impie, avait cherché à briser l'espoir des Bnei Israël en la reconstruction du Temple. Il fit usage des vêtements sacerdotaux du Cohen Gadol et exhiba les objets sacrés. Au cœur de la nuit, une main mystérieuse apparut, traçant sur le mur une inscription énigmatique. Seul Daniel, grâce à sa sagesse inspirée, put déchiffrer le message divin : l'utilisation sacrilège des ustensiles du Temple entraîna la mort immédiate du roi. En effet, Balthazar périt cette nuit-là.
Ahachveroch, quant à lui, se livra à des calculs erronés. Persuadé que les soixante-dix années prophétisées pour la délivrance des Bnei Israël étaient révolues, il crut pouvoir utiliser impunément les objets sacrés, estimant que la Gueoula ne se produirait plus. Son intention était de plonger les Bnei Israël dans le désespoir.
C'est pourquoi, lorsque les disciples de Rabbi Chimon Bar Yohaï s'interrogèrent sur les raisons du décret d'extermination envers le peuple juif à l'époque de Pourim, leur maître leur répondit : "C’est pour avoir pris part au festin d'Ahachveroch". Mordekhaï, pourtant, les avait mis en garde, les exhortant à ne pas assister à ce banquet, piège tendu pour les faire fauter et les détourner de l'espérance de la Gueoula. Mais son avertissement fut ignoré, et le décret d'extermination fut scellé.
Rabbi Chimon Bar Yohaï leur révéla une seconde cause à ce décret : la prosternation des Bnei Israël devant l'idole érigée par Nabuchodonosor. Ce dernier, en effet, avait fait construire une immense statue à son effigie. Hanania, Michaël et Azaria, refusant de se prosterner devant cette idole, furent jetés dans une fournaise ardente. Miraculeusement, ils en sortirent indemnes, tandis que, selon la Guemara, quatre nations présentes autour du brasier furent consumées par la chaleur intense.
Ce miracle prodigieux engendra un Kiddouch Hachem d'une ampleur exceptionnelle. Au même moment, Yehezkel, dans une vallée babylonienne, ressuscitait les ossements desséchés de ceux qui avaient tenté de hâter la Gueoula. Ce vent de résurrection, insufflé par Hachem, ranima l'espoir de la résurrection des morts au sein du peuple d'Israël. Les ossements ressuscités, se dressant, vinrent frapper le visage de Nabuchodonosor. Interloqué par ce prodige, on lui répondit : "C'est leur ami qui, dans la Bikat Doura, accomplit le miracle de la résurrection des morts".
Devant ces miracles éclatants, Nabuchodonosor entonna des louanges à Hakadoch Baroukh Hou, rivalisant presque avec celles du roi David. Mais un ange, descendant du ciel, le gifla, interrompant son chant. Les Baalei Moussar expliquent cette intervention divine : le roi David, même dans l'épreuve, chantait les louanges de Dieu, Lui faisant confiance et Le remerciant. Nabuchodonosor, lui, devait être éprouvé : "Chanteras-tu encore lorsque tu seras frappé ? Certes, tu as été témoin de miracles grandioses – la délivrance de Hanania, Michaël et Azaria, la résurrection des ossements – mais persévéreras-tu dans tes louanges lorsque l'adversité te frappera ?" Le silence de Nabuchodonosor, après la gifle de l'ange, révéla la supériorité spirituelle du roi David.
À chaque fois qu'Ahachveroch offrait à Esther de lui accorder jusqu'à la moitié de son royaume, il faisait allusion à la construction du Beit Hamikdach, signifiant par-là, au fait qu'il ne fallait pas la lui demander. La participation au festin d’Ahachveroch revêtait donc une gravité extrême, en raison de la profanation des ustensiles du Beit Hamikdach. Malgré cela le Temple fut, par la suite, reconstruit par Koresh, fils d'Esther, selon certains avis.
3. Mordekhai Hayéhoudi
Mordekhai, personnage central de la Meguila, était issu de la tribu de Binyamin par l'une de ses ascendances, et de celle de Yéhouda par l'autre. C'est la raison pour laquelle il est désigné par l'expression Ich Yehoudi.
Le Midrach relate un épisode significatif de la vie du roi David, ancêtre de Mordekhai. Fuyant son fils Absalom, David fut maudit par Chimi ben Guéra, un acte passible de mort, car considéré comme une rébellion contre la royauté. Le chef de l'armée de David voulut le mettre à mort sur-le-champ.
Cependant, le roi David, par une vision prophétique, perçut que Mordekhai et Esther descendraient de Chimi ben Guéra. Il contint donc sa colère, épargnant la vie de ce dernier malgré l’humiliation subie. Avant de mourir, David recommanda néanmoins à son fils Salomon de punir Chimi ben Guéra pour son offense. Le roi Salomon, usant de sagesse, lui interdit de quitter Jérusalem. Lorsque Chimi ben Guéra, poursuivant ses serviteurs en fuite, transgressa cet ordre, Salomon le fit exécuter.
Une autre interprétation souligne l'humilité extrême de David. Face aux injures et aux malédictions de Chimi ben Guéra, il reconnut la volonté divine et dit : “Hachem lui a dit de maudire David". Il lui pardonna donc entièrement, comprenant que cette épreuve était un décret céleste pour son propre bien. Cependant, afin de préserver à Chimi ben Guéra son monde futur, il demanda à Salomon de le punir, expiant ainsi sa faute de rébellion et lui garantissant sa part au monde futur.
Il y a d’autre avis dans le talmud, certains pensent qu’il vient seulement de la tribu de binyamin, mais il a rejeté l’idolâtrie et tout celui qui rejette l’idolâtrie s’appelle yehoudi.
Et certains disent que les deux références de yehouda et binyamin était le reproche que les bnei israel faisaient en disant chaoul qui vient de binyamin n’a pas tuer agag roi d’amalek et a cause de lui nous avons haman, et david qui descend de yehouda n’a pas tuer chimi ben guera et a cause de ça nous avons mordekhai qui ne s’est pas prosterné devant haman et en consequence cela a entrainé la guerre contre nous.
Mordekhai prit Esther sous sa protection, l'élevant comme sa propre fille et l'épousant même, selon une interprétation. Il suivit de près son parcours, veillant sur elle. Le Midrach ajoute que binyamin, ancetre de mordekhai, se trouvait encore dans le ventre de sa mère Rahel Iménou, et ne s'était donc pas prosternée devant Essav lors de la rencontre avec Yaakov. Cette force spirituelle fut transmise à Mordekhai, lui conférant le courage de ne pas se prosterner devant Haman. Non seulement il refusa cet acte de soumission, mais il exhibait manifestement le contrat attestant qu'Haman s'était vendu à lui comme esclave faute de vivres, lors de la guerre de toulemi. Cette vision exaspérait Haman au plus haut point.
La force de Mordekhai est comparable à celle de Yossef Hatsadik. Face aux sollicitations répétées de la femme de Potiphar, Yossef résista jour après jour. Le Midrach souligne la puissance d'une épreuve surmontée quotidiennement. De même, Mordekhai, interrogé chaque jour sur son refus de se prosterner devant Haman, réaffirmait son identité juive, persévérant dans sa droiture.
Mordekhai, émissaire du sauvetage du Klal Israël, fut finalement écouté et admiré par ses frères, malgré les critiques initiales de ces derniers qui lui reprochaient de les mettre en danger en raison de son intransigeance envers Haman. Finalement, Mordekhaï sortit vainqueur, revêtu de la couronne et des atours royaux, recevant la maison de Haman et guidant les Bnei Israël dans cet exil.
Membre du Sanhédrin, Mordekhai maîtrisait, comme tous les Hakhamim de la Grande Assemblée, soixante-dix langues et les sept sagesses : l'astrologie, la musique, les mathématiques, etc. C'est cette connaissance linguistique exceptionnelle qui lui permit de déjouer le complot de Bigtan et Térech. Ces derniers, s'exprimant en langue tarsi, complotaient d'assassiner le roi, excédés par la charge de travail supplémentaire depuis l'arrivée d'Esther. Mordekhai, comprenant leur conversation, informa le roi, sauvant ainsi sa vie. Cet acte fut consigné dans le livre des souvenirs du roi, témoignant de la loyauté de Mordekhai.
4. Haman et la Lignée d'Amalek
Haman, descendant d'Amalek, nourrissait une haine viscérale envers le peuple juif, au point de désirer son extermination totale. Le Midrach dépeint l'horreur du décret qu'il avait conçu : les Juifs, réduits au désespoir, imploraient leurs voisins de les prendre comme esclaves, eux et leurs familles. Mais ces derniers refusaient, se prévalant du décret stipulant que quiconque accorderait refuge à un Juif serait lui-même mis à mort. Ce sombre tableau n’est pas sans évoquer les affres de la Shoah.
Lorsque Mordekhai, vêtu d'un sac et en deuil, se tint à la porte du roi, il transmit à Esther les raisons de sa détresse. Le texte précise qu'il lui raconta "tout ce qui lui était arrivé" (karahou). Le Midrach établit un lien entre ce terme et celui utilisé pour décrire l'action d'Amalek. Mordekhai, en substance, révéla à Esther : "Un descendant de karahou s'est dressé contre nous". Il soulignait ainsi la nature particulière de cet ennemi, issu de la lignée maudite d'Amalek, à propos duquel il est dit: "Acher kar'ha baderekh – qui t'a refroidi en chemin".
Le terme kar'ha, employé à propos d'Amalek, revêt trois significations distinctes.
1. Il évoque d'abord le "refroidissement", car Amalek, tel un fou se jetant dans un bain bouillant, fut le premier à attaquer les Bnei Israël après la traversée miraculeuse de la mer Rouge, alors que le monde entier tremblait devant la puissance du peuple élu.
2. Kar'ha signifie également le "hasard", car Amalek, tout comme Haman, s'efforçaient de démontrer que tout n'était que coincidence. Amalek, en attaquant Israël, cherchait à minimiser l'intervention divine dans la sortie d'Égypte et la traversée de la mer, les attribuant au simple hasard. De même, Haman, en recourant au tirage au sort (pour) pour fixer le jour de l'extermination, voulait convaincre qu'une nation entière pouvait dépendre du plus aveugle des hasards.
Finalement, Hachem démontra que même le tirage au sort est soumis à la Providence divine, d'où le nom de Pourim, signifiant que le sort jeté par Haman se retourna contre lui.
3. Enfin, kar'ha peut se traduire par "impureté", car Amalek cherchait à souiller les Bnei Israël, et Haman tenta de les entraîner dans la faute en les invitant au festin d'Ahachveroch.
Haman, dépourvu de toute valeur intrinsèque, était avide d'honneurs. Il portait autour du cou une plaque énumérant ses richesses et sa progéniture. Pourtant, face à Mordekhai qui refusait de se prosterner, il avouait : “Tout cela ne vaut rien pour moi tant que ce juif se dresse devant moi”.
Lorsque Ahachveroch ordonna à Haman de faire défiler Mordekhai à travers les rues de la ville, Haman répondit au roi qu’il préférait la mort plutôt que de se voir subir une telle humiliation… Contraint d'obéir, il alla trouver Mordekhai. Ce dernier, le voyant, crut sa dernière heure arrivée. Haman l'interrogea sur son occupation. Mordekhai répondit qu'il étudiait avec les enfants la loi du Korban Omer, l'offrande d'orge apportée au Beit Hamikdach. Haman, amer, constata : "Ta petite poignée d’orge, ton Omer a triomphé de mes dix mille kikars d'argent" (que j’ai offert au roi en échange de votre destruction).
Haman, incarnant Amalek et le mal absolu, devait être humilié. Lorsque Mordekhai, feignant de ne pouvoir monter seul à cheval, exigea que Haman se baisse, il lui asséna un coup de pied. Face à l'indignation de Haman, Mordekhai lui rappela que face à des ennemis tels que Amalek, l'humiliation était de mise. Esther et Mordekhai allèrent jusqu'à ordonner la fermeture de tous les salons de coiffure et bains publics de la ville, contraignant Haman à raser et laver Mordekhai en personne. Aux lamentations de Haman, Mordekhai rétorquait : "Tu es mon esclave ! Ne t'es-tu pas vendu à moi lors de la guerre de Tolmi ?" La mitsva commandait de rabaisser Haman, descendant d'Amalek, et de démontrer la victoire ultime du bien sur le mal.
Haman, aveuglé par son attachement au hasard et son incrédulité envers HKBH, chercha le moyen le plus approprié pour exécuter Mordekhai. Il écarta le feu, car Avraham en avait été sauvé ; l'épée, car Ytshak avait échappé au couteau du sacrifice ; l'eau, car les Bnei Israël avaient traversé la mer à pied sec. Il ne restait que le bois, associé à aucun miracle précédent. Il décida donc, plein d'assurance, de pendre Mordekhai à une potence. Il ignorait que la Protection divine s'étend à toutes les situations, et que ce n'est ni l'épée, ni le feu, ni l'eau, mais la main d'Hachem qui sauve son peuple de tous les dangers.
5. La Techouva du Peuple Juif
Face à la proposition d'extermination formulée par Haman, Ahachveroch, selon le Midrach, fut saisi de crainte. Il se remémora les châtiments infligés aux ennemis du peuple juif : le sort funeste des Égyptiens, les souffrances endurées par les nations qui avaient osé s'attaquer à Israël, et même la punition sévère infligée à Nabuchodonosor à la fin de sa vie.
Haman, rusé, le rassura : "Yechno am ehad…". Nos sages interprètent ce verset comme se référant à l'état de léthargie spirituelle des Bnei Israël, "yachnou min hamitzvot", négligeant les commandements divins. Haman avait d'ailleurs contribué à aggraver cette situation en les invitant au festin d'Ahachveroch, en dépit des avertissements de Mordekhai. Il ajouta : "Mefouzar oumeforad - dispersé et divisé", soulignant que la désunion du peuple d'Israël le rendait vulnérable.
Confrontés à l'imminence du décret d'extermination et à sa terrible portée, les Bnei Israël, saisis d'effroi, se tournèrent vers la Techouva. Ils se rassemblèrent autour de Mordekhai, jeûnèrent et se repentirent avec une profonde sincérité.
Mordekhai s'assit parmi les enfants, et tous, ensemble, implorèrent le Pardon divin.
Cet élan de repentir collectif provoqua un renversement Céleste. La clé de ce miracle réside dans la résolution du peuple d'Israël de mettre fin à la division qui les avait affaiblis. C'est pourquoi ils instituèrent les Michloa'h Manot et les Matanot Laévyonim, symboles de solidarité et d'unité retrouvées.
De plus, par l'acte de "Kiymou vekibelou", ils réaffirmèrent leur engagement envers la Torah Orale, l'acceptant cette fois sans la moindre réserve, mus par l'amour du miracle qu'ils venaient de vivre. Ils avaient compris que leur froideur spirituelle avait attiré sur eux difficultés et malheurs, et que seul un retour sincère à la Torah pouvait les sauver. Ils se tournèrent donc vers Mordekhai, firent Techouva, et le miracle se produisit. La Torah Orale fut à nouveau acceptée, et le peuple d'Israël s'engagea à ne plus jamais tolérer l'indifférence envers les mitsvot. cela rejoint l’idée du Mahatsit Hachekel, la demi pièce que chaque juif donne qui est le symbole du don au Beith Hamikdach, est décrit comme une pièce de feu, symbolisant la ferveur retrouvée du peuple d'Israël.
6. La Nuit du Renversement
La nuit décisive, celle qui précéda le second festin d'Esther, fut marquée par une agitation universelle, une nuit où "Nadedah chénat Hamélekh" - le roi ne trouvait pas le sommeil.
Selon nos Hakhamim, cette nuit-là, nul ne trouva le repos. Dans les sphères Célestes, l'émoi était palpable. Les Bnei Israël, ayant fait Techouva, avaient ébranlé les Cieux. Les Patriarches intercédaient en leur faveur, Mordekhai priait avec ferveur, et les anges se joignaient à leurs supplications.
HKBH, ému par ce repentir sincère, mettait tout en œuvre pour le salut de Son peuple.
Sur terre, l'insomnie régnait également. Mordekhai, veillait au Beit Haknesset. Il priait avec les enfants, implorant la délivrance du Klal Israël. Une partie des bnei israel venaient chez mordhekhai en lui reprochant le decret qui selon eux était suite à son refus de se prosterner devant haman. Ce dernier leur répondait je ne pouvais pas me prosterner devant lui alors qu’il portait une idole ce qui est considéré comme de l’idolatrie. Haman, quant à lui, était consumé par ses plans machiavéliques, préparant sa requête du lendemain : obtenir du roi la permission de pendre Mordekhai. Il passa toute la nuit à comploter avec sa famille contre son ennemi.
Mais c'était le roi Ahachveroch qui fut le plus profondément troublé cette nuit-là. L'invitation d'Esther, conviant Haman à un festin intime, avait semé le doute et la suspicion dans son esprit. "Pourquoi Esther a-t-elle invité Haman seul, en ma présence ? Préparent-ils un complot pour m'assassiner et s'unir ensuite ?" Cette pensée le hantait, le privant de tout repos. Incapable de trouver le sommeil, il ordonna qu'on lui apporte le livre des souvenirs.
Chimshi, fils de Haman, était le responsable de ce registre. Il ouvrait le livre, espérant y trouver un élément à charge contre Mordekhai. Mais à chaque page, à chaque tentative, il ne trouvait que le récit du sauvetage du roi par Mordekhai. Le roi, exaspéré, l'interrompit : "Cesse de tourner les pages ! Lis-moi ce qui est écrit !" Chimshi dut alors reconnaître, à contrecœur, que Mordekhai avait sauvé la vie du roi.
Ahachveroch décida alors de récompenser Mordekhai pour son acte de loyauté, demandant conseil à la première personne qui se présenterait à lui. Le hasard, ou plutôt la Providence, voulut que ce fût Haman qui apparut dans la cour. Le roi, déjà furieux contre Haman en raison de ses soupçons, lui demanda ce qu'il convenait de faire pour honorer un homme que le roi désirait distinguer. Haman, croyant que le roi parlait de lui, répondit avec arrogance : "Qu'on le revête des habits royaux, qu'on lui mette la couronne royale...". Cette réponse ne fit qu'exacerber la colère d'Ahachveroch, confirmant ses soupçons quant aux ambitions démesurées de Haman. Il ordonna alors à Haman d'accomplir lui-même ces honneurs pour Mordekhai, précipitant ainsi sa chute.
À partir de cet instant, le miracle s'accomplit, "Venahafokh Hou" - tout se renversa. Le décret funeste se retourna contre les ennemis des Bnei Israël, et le Peuple juif fut sauvé, témoignant de la puissance de la Techouva et de l'intervention divine.
7. L'Antisémitisme à l'Époque de Pourim
Ahachveroch était un souverain versatile et influençable. La Guemara rapporte que lorsque Haman vint lui proposer l'anéantissement du Peuple juif, la proposition trouva grâce à ses yeux. L'analogie suivante illustre cette situation : un homme possédait un tas de terre dans son champ, tandis que son voisin avait un trou béant dans son jardin. Un jour, le propriétaire du trou demanda à celui du monticule s'il pouvait lui vendre sa terre. L'autre répondit : "Mais je cherche justement à m'en débarrasser ! Je te la donne gratuitement."
De même, lorsque Haman soumit son plan génocidaire à Ahachveroch, ce dernier déclara qu'il n'avait nul besoin des dix mille kikars d'argent offerts par Haman, car il souhaitait lui-même se défaire des Juifs. Il lui dit : "Garde ton argent".
Cette alliance entre deux puissances prêtes à consacrer tous leurs moyens à l'extermination du Peuple d'Israël constituait une menace terrible. Mordekhai, profondément troublé par cet épisode, le rapporta à Esther, le désignant comme la Parachat Hakessef, l'épisode de l'argent. C'est pourquoi HKBH, dans Sa prévoyance, avait institué le don du Mahatsit Hashekel bien avant ces événements, afin de contrer cette énergie antisémite et de protéger le Klal Israël.
8. Le remède précède la maladie
Lorsque D-ieu permet qu'un décret s'abatte sur le Peuple d'Israël, c'est uniquement dans le but de susciter la Techouva. La Guemara affirme que les quarante-huit prophètes et les sept prophétesses, soit cinquante-cinq en tout, ne parvinrent pas à obtenir un repentir aussi profond du Peuple juif que celui provoqué par le geste d'Ahachveroch. En effet, ce dernier, ôta sa bague et la remit à Haman en lui disant : "Signe ce que tu veux". Cet acte fut l'élément déclencheur de la Techouva du Klal Israël.
HKBH prévoit toujours le remède avant d’envoyer la maladie, Makdim Refoua Lamaka. L'ensemble de la Meguilat Esther – qui peut signifier dévoilement de ce qui est caché – illustre cette vérité. L'histoire, qui s'étend sur douze années, révèle comment la Providence divine a constamment anticipé les événements :
La mort de Vachti permit à Esther de lui succéder.
La colère de Bigtan et Térech contre le roi permit à Mordekhai de le sauver, son acte étant consigné dans le livre des souvenirs.
Ahachveroch, après l'affront de Vachti, envoya des lettres ridicules à toutes les nations, ordonnant aux femmes d'obéir à leurs maris. Ces lettres, par leur absurdité, facilitèrent l'annulation des décrets d'extermination, discréditant ainsi les écrits officiels.
Le don du Mahatsit Hashekel fut institué pour contrer les dix mille kikars d'argent de Haman.
La potence préparée par Haman pour Mordekhai servit finalement à pendre Haman lui-même.
Le tirage au sort avec la date précise du mois d’adar tiré par haman, a servi justement a fixé la date de son extermination.
Tous ces éléments, et bien d'autres encore dans la Meguila, démontrent que HKBH anticipe toujours les événements. L'homme doit constamment cultiver le Bitahon en Hashem, la confiance en D ieu, et comprendre que les épreuves ne sont là que pour son propre bien, pour l'inciter à la Techouva et le rapprocher de la Source Divine.
9.Le jour où tout a basculé : la merveille de Pourim
La grandeur du miracle de Pourim réside dans le fait qu'en une seule nuit et un jour, toute la situation s'est renversée. Mais pourquoi Esther a-t-elle invité Haman à son festin ? Plusieurs raisons sont évoquées dans la Guémara :
Provoquer la jalousie : En l’invitant, elle suscitait l’envie des autres, mettant ainsi Haman en lumière.
Pousser les Bné Israël à prier : En voyant Esther convier Haman, ils ont cessé de compter sur elle et se sont tournés vers Hachem et ils ont priés, comme le rapporte le Midrash.
Éveiller les soupçons du roi : Cette invitation a semé le doute chez Assuérus quant aux intentions de Haman.
C’est ainsi que la situation a radicalement changé. Le matin même, Haman se rend chez le roi pour obtenir l’autorisation d’exécuter Mordekhaï. Ironie du sort, Assuérus lui ordonne au contraire d’honorer Mordekhaï en le conduisant dans les rues sur le cheval royal, proclamant : « Voici l’homme que le roi veut honorer ! » Un supplice pour Haman, aussi douloureux que la mort.
Le Midrash raconte qu’en passant sous sa propre maison, sa fille, pensant que c’était Mordekhaï qui guidait le cheval et Haman qui était humilié, lui a jeté le seau des toilettes. Réalisant son erreur, elle s’est défenestrée. Haman rentra chez lui en deuil, couvert d’humiliation et de saleté, mais sans répit : il fut immédiatement conduit au second festin d'Esther.
Lors de ce festin, Esther révéla au roi son identité juive et dénonça le complot d’Haman visant à exterminer son peuple. Elle souligna qu’un peuple entier avait été vendu pour de l’argent, ce qui scandalisa Assuérus, soucieux de ne pas apparaître comme un roi intéressé par le gain financier.
Furieux, il sortit prendre l'air dans les jardins du palais. Selon le Midrash, c'est alors qu'un miracle se produisit : des anges descendirent du ciel et commencèrent à abattre les arbres. Lorsqu'Assuérus leur demanda qui leur en avait donné l’ordre, ils répondirent : « C’est Haman. » Cette révélation augmenta encore la colère du roi.
En rentrant, il trouva Haman tombé sur le lit, un ange l’avait poussé, où se trouvait Esther, une scène compromettante qui renforça ses soupçons.
À cet instant, Harvona intervint pour signaler que Haman avait fait ériger une potence pour y pendre Mordekhaï, l’homme qui avait sauvé le roi. Immédiatement, Assuérus ordonna d’y pendre Haman.
A ce moment la le miracle commence, mais comme le souligne le Midrash, la grandeur de Mordekhaï réside dans sa persévérance. Lorsqu'il fut honoré en étant porté à travers la ville sur le cheval royal, il ne s’en contenta pas. Il savait que le miracle devait être accompli jusqu’au bout et qu’il ne fallait pas s’arrêter à un simple signe du ciel. Ainsi, une fois la procession terminée, il retourna immédiatement prier, revêtit son sac de deuil et continua à implorer Hachem jusqu’à ce que le salut du peuple juif soit pleinement réalisé.
A partir de la, le miracle était accompli, tout a été renversé :
Haman fut exécuté sur la potence qu'il avait préparée pour Mordekhaï.
Sa maison fut donnée à Mordekhaï et Esther.
La bague royale, autrefois confiée à Haman, passa à Mordekhaï.
Les Bné Israël purent se défendre et se venger de leurs ennemis le jour de pourim et également le lendemain pour chouchane, sans toutefois toucher au butin de leurs ennemis, montrant ainsi que leur combat n'était pas motivé par un intérêt matériel, mais uniquement par l'accomplissement de la mitsva de punir leurs oppresseurs et de remercier Hachem.
Ce retournement spectaculaire marqua un moment clé de l’histoire juive. Ce jour de Pourim devint un symbole du salut et du miracle divin. Le peuple d’Israël accepta alors la Torah avec une joie totale et sans la moindre contestation, scellant ainsi un engagement renouvelé envers Hachem. C’est dans cet esprit qu’ils instaurèrent les mitsvot de Pourim, afin de renforcer la reconnaissance du miracle et d’entretenir l’espoir en Hachem. Ce jour devint ainsi un moment de renouveau spirituel, comparable à une seconde réception de la Torah.
le haham tsvi et le gouverneur
Le Hidouchei Harim rapportait une histoire célèbre au sujet du Haham Tsvi concernant la mitsva de boire du vin à Pourim. Le Haham Tsvi pensait que cette mitsva devait être accomplie sans limite, ce qui le conduisait à boire en grande quantité.
Un jour, alors qu'il était dans cet état, le gouverneur de la ville vint à lui en pleurs.
Il expliqua qu’une inondation menaçait ses entrepôts et qu’il risquait de perdre toute sa marchandise. Malgré son état, le Rav lui répondit avec une grande sérénité : « Ne t’inquiète pas, cela ne touchera pas tes biens. »Le gouverneur, toujours angoissé, insista : « Et si l’eau venait malgré tout à les atteindre ? » Le Haham Tsvi répliqua calmement : « Non, sois certain que les eaux couleront doucement, elles contourneront tes usines sans y pénétrer, puis elles se disperseront. »
Et le miracle se produisit exactement comme il l’avait annoncé.
Le Hidouchei Harim en tirait une leçon importante : Seul celui qui possède une maîtrise absolue de lui-même, même sous l’effet du vin, et qui conserve sa sainteté et sa clarté d’esprit, peut se permettre de boire sans limite à Pourim. En revanche, celui qui n’atteint pas ce niveau ne peut pas se permettre un tel comportement.

