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La Paracha Et Son Histoire: Testavé

Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.


Cette semaine, la paracha est Tetsavé, et en même temps nous lisons la paracha Zakhor.


Premier sujet :

La paracha commence par la demande faite aux Bnei Israël d’apporter de l’huile pure afin d’allumer la Ménora. Immédiatement après, la Torah décrit les vêtements des Kohanim. Le Kohen simple en avait quatre, et le Kohen Gadol huit. Nos ‘Hakhamim enseignent que ces vêtements avaient la capacité d’expier les fautes des Bnei Israël.

Ce n’était donc pas juste des habits ou un uniforme, mais un véritable moyen qui permettait de pardonner les péchés du peuple d’Israël, ceux liés aux mœurs, au meurtre, à l’idolâtrie, au lachon hara, aux mauvaises pensées, à l’effronterie, à l’orgueil… et il manque encore la huitième faute – vous l’écrirez vous-même, Bé’ezrat Hachem.

Ces vêtements avaient par conséquent une importance immense. La Torah les qualifie de « kavod » et de « tiféret », c’est-à-dire : pour l’honneur et la splendeur.


Une question se pose alors : pourquoi la Torah parle-t-elle d’abord de l’huile avant d’aborder ce sujet ? Quel est le lien ? Pourquoi placer les détails liés à l’huile destinée à allumer la Ménora juste avant ceux des vêtements ?


C’est précisément la question que pose le Malbim.

Le Malbim développe une idée extraordinaire, qu’on retrouve également chez de nombreux Méfarchim : les vêtements des Kohanim symbolisent les midot, les traits de caractère. Lorsque la Torah parle de kavod, d’honneur, elle fait référence aux midot, à la manière dont l’homme se comporte et à ce qu’il représente. Cette idée est aussi avancée par le Gaon de Vilna.

Selon le Malbim, l’huile renvoie à la Néchama, la mèche symbolise le corps.

Et la lumière qui descend et enflamme la mèche se réfère à la lumière de la Torah, la lumière spirituelle qui descend et pénètre le corps de l’homme.

Si l’huile n’est pas pure ou si la mèche n’est pas bonne, la lumière ne brillera pas correctement, et l’effet recherché ne sera pas atteint. Pour que la lumière de la Torah puisse briller sur l’homme, il faut que ses midot soient purifiées.


Comme l’écrit le Gaon de Vilna, il existe une âme simple, et celle-ci est revêtue de vêtements qui sont les midot. Lorsqu’elles ne sont pas bonnes pour l’âme simple, alors même l’âme supérieure ne peut être revêtue de vêtements d’honneur, et l’homme rayonner de grandeur et de splendeur.


Ainsi, pour que la Néchama puisse briller en l’homme, il faut que l’huile soit pure. Autrement dit, l’homme doit purifier ses midot

.

Cette même idée apparaît dans le verset (Dévarim 32,2) : « Ya’arof kamatar likhi » ─ Que mon enseignement s’épande comme la pluie, expression que Moché Rabbénou utilise quand il parle de la Torah. Le Gaon de Vilna explique dans cette occurrence que si la terre est jonchée d’orties, alors la pluie, bien qu’elle soit une bénédiction, fera pousser des orties. Mais si la terre est couverte de belles plantes, alors la pluie fera pousser de belles plantes.

D’où l’importance immense – et qu’il ne faut surtout pas négliger – de savoir qu’en même temps qu’on progresse en Torah, en mitsvot et en bonnes actions, on doit également cultiver ses midot.

Ainsi, la lumière de la Torah et des mitsvot pourra véritablement illuminer l’homme, sans que l’impureté dans l’huile empêche cette lumière de briller en lui et de rayonner vers l’extérieur.


Une histoire évoque une discussion entre un hassid et un élève de rav Levienstein. Le hassid lui dit : « Vous investissez trop dans le travail des midot. Pourquoi faut-il autant en parler ? Est-il nécessaire de remuer la poubelle ou l’endroit d’où sortent les mauvaises odeurs ? Ne peut-on pas simplement les laisser comme elles sont ? L’essentiel n’est-il pas de cultiver le spirituel ? »

Le rav lui répondit par une anecdote. A Shanghai vivait un homme extrêmement riche, nommé Mr Sasson. Il était spécialisé dans l’immobilier. Il souhaitait se construire une très belle demeure, un véritable palais, et si possible, proche du centre-ville.

Il trouva justement un immense terrain très bien situé, près du centre, et à un prix étonnamment bas. Il l’acheta donc sans hésiter et y fit bâtir une magnifique maison.

Mais, avec le temps, le terrain commença à s’affaisser. Le bâtiment se fissura, puis s’écroula progressivement, jusqu’à devenir totalement inhabitable.

Des recherches furent menées, et on découvrit que cet endroit avait été autrefois la décharge de la ville, là où les habitants jetaient leurs poubelles. Lorsque la ville s’était agrandie, on ne put plus laisser ce dépotoir à cet emplacement. Au lieu d’enlever les détritus, on avait simplement recouvert le tout d’une épaisse couche de terre, puis vendu le terrain à bas prix. Comme les fondations n’avaient pas été correctement vérifiées, tout l’investissement de Mr Sasson fut perdu, sa maison étant inhabitable.

Le rav conclut : « C’est exactement la même chose pour nous.


 La Torah, avant d’évoquer les vêtements du Kohen – qui représentent sa grandeur, sa splendeur et la manière dont il va briller dans le Beit Hamikdach – parle de l’huile. Pourquoi ? Pour nous enseigner qu’il faut d’abord travailler les midot et les purifier.

C’est cela la véritable notion de kavod (Pirkei Avot 4,1) « Ezéhou mekhoubad ? Hamekhabed ète habriot » – Qui est honorable ? Celui qui honore les autres. Car celui qui honore les autres possède un bon œil.

Nos ‘Hakhamim affirment que lorsqu’une kalla a de beaux yeux, il n’est pas nécessaire de vérifier davantage sa beauté. Les Méfarchim expliquent que « de beaux yeux » signifie un œil généreux, un regard bienveillant.

C’est ainsi qu’Eliézer, lorsqu’il rechercha une épouse pour Itshak, reconnut Rivka : il vit qu’elle était pleine de ‘héssed, elle était prête à donner au-delà même de ce qui lui avait été demandé, il comprit que tout le reste était bon.

Car les midot conduisent l’homme à toutes les autres qualités.


Deuxième sujet

Ce Chabbat, nous lisons également la parachat Zakhor.

Selon la majorité des commentateurs, il s’agit d’une mitsva de la Torah (min haTorah) qui nous ordonne (Dévarim 25,17-19) : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek lors de votre voyage, au sortir de l’Egypte. Tu étais alors fatigué, à bout de forces. »

Ce n’était pas seulement une fatigue physique : les Bnei Israël étaient affaiblis spirituellement, et Amalek vint l’affaiblir encore davantage. C’est pourquoi la Torah nous demande de nous rappeler que nous devons effacer le nom d’Amalek.

Les ‘Hakhamim expliquent qu’Amalek vint attaquer les Bnei Israël alors qu’ils se trouvaient à Réfidim, endroit dont le nom évoque le fait qu’ils se sont « affaiblis » (rafou) dans l’étude de la Torah. Amalek agresse toujours Israël lorsqu’il y a un relâchement dans la Torah.

La Guemara (Sanhédrin 7a) rapporte qu’un rav, lorsqu’il commençait la lecture de la Meguila, l’introduisait par le verset (Kohélet 10,18) : « Ba’atsaltayim yimakh hamkaré, ou bechiflout yadaïm yidlof habayit » – Par la paresse, la charpente s’effondre, et par le relâchement des mains, la pluie pénètre dans la maison. Le roi Chlomo enseigne ici qu’un homme qui ne répare pas sa demeure et se relâche finira par voir de l’eau s’infiltrer dans sa maison, jusqu’à être obligé de la quitter.

Mais pourquoi utiliser ce verset sur la paresse et la charpente en guise d’introduction à la Meguilat Esther ? Quel rapport avec l’époque d’A’hachvéroch et de Haman ? L’idée extraordinaire est que la situation catastrophique qui conduisit au décret d’extermination des Bnei Israël ne se produisit pas en un seul jour. Elle vint progressivement, par relâchement.


Premièrement, les juifs participèrent au festin d’A’hachvéroch, alors que Mordekhaï leur avait demandé de ne pas s’y rendre. De plus, comme le dit la Guemara, une certaine contestation au sujet du don de la Torah existait, car ils avaient été « forcés » de l’accepter – la montagne avait été suspendue au-dessus de leur tête. Certes, ils avaient dit : « Naassé vénichma » avec enthousiasme, mais un aspect de contrainte subsistait, et il servait de point d’appui à la contestation.

Tout cela constituait déjà un relâchement. Et lorsqu’il y a relâchement, les conséquences peuvent être terribles.


A ce sujet, Rav Breuer, machguia’h (dirigeant spirituel) de la yeshiva Beit Matityahou, rapportait une très belle explication à partir d’une autre parole du roi Chlomo (Michlei 26,14) : « Hadélet tissov al tsira, véatsel al mitato » – La porte tourne sur ses gonds, et le paresseux sur son lit.

Quel est le lien entre une porte et un paresseux ?

La Guemara (Pessahim 68b) relate que rav Chéchet révisait son étude tous les trente jours. Il s’appuyait sur le gond d’une porte, frappait son ventre, et disait : « Réjouissez-vous, mes entrailles, car ce que j’ai étudié, c’est pour vous ; ce que j’ai révisé, c’est pour vous. »

Pourquoi se tenait-il précisément à côté du gond de la porte ?

Il expliquait que le gond révèle un secret. Une porte peut être extrêmement lourde – comme celles des hôpitaux, des usines ou des bâtiments publics – et pourtant, même un enfant peut la pousser sans effort. Pourquoi ? Parce qu’elle repose sur des gonds bien placés qui facilitent son mouvement.


Rav Chéchet enseignait ainsi que réviser son étude est difficile. Mais cela en vaut la peine. Ce qui rend la chose facile, c’est de trouver le « gond », le secret.

Et quel est le secret de la révision, qui paraît si difficile ? C’est de ressentir que ce qu’on étudie est pour nous, que c’est notre richesse personnelle. Lorsque l’homme sent que la Torah lui appartient, qu’elle est son trésor, alors il est profondément motivé.

C’est un grand secret !

Tel est le message pour combattre Amalek – ou le yétser hara. Il ne nous attaque pas d’un coup. Il essaie de nous affaiblir progressivement : un petit relâchement aujourd’hui, un autre demain. Puis l’homme tombe dans la paresse, et il finit par tout perdre.


Quelle est la solution ?

Ne pas accepter le refroidissement d’Amalek. Car Amalek « t’a refroidi » (acher karkha badérekh).

Deuxième explication : il t’a soumis au hasard (mikré).

Troisième explication : il a tenté de te rendre impur.

Tout cela fait partie de la stratégie d’Amalek : refroidir l’homme. Et dès que celui-ci se refroidit, Amalek peut tout lui prendre, car la porte devient alors très lourde il n’y a plus de gonds pour l’aider, elle est difficilement mobile.

Mais en se renforçant dans la Torah et dans les mitsvot, on remet les gonds en place. Et alors, tout redevient possible et même facile.Haut du formulaire


Troisieme sujet :

Nous allons lire la mitsva qui nous ordonne de nous souvenir que nous avons le devoir d’effacer Amalek.

Comment peut-on effacer Amalek aujourd’hui, après tout le mal qu’il nous a fait – et qu’il continue à faire ? Car Amalek est appelé « réchit goyim », la tête des nations. Il représente la force principale du mal dans le monde, celui qui porte le joug du mal, et son rôle est d’anéantir le klal Israël.

Lorsque nous sommes sortis d’Egypte et que nous avons traversé la mer, le monde entier trembla devant nous. Amalek vint alors pour nous refroidir.

Nos ‘Hakhamim donnent une image : c’était comme une piscine bouillante dans laquelle personne n’osait entrer. Tout le monde avait peur de s’y brûler. Puis un homme arriva, il sauta dedans, il se brûla, mais il refroidit l’eau pour les autres.

Ainsi agit Amalek : il refroidit l’enthousiasme, il affaiblit.

Comment faire aujourd’hui pour effacer Amalek et ne pas subir cet affaiblissement ?

Nos ‘Hakhamim répondent : par le labeur de la Torah.

(Béréchit 22,22) « Hakol kol Yaakov, vehayadayim yedei Essav » – La voix est la voix de Yaakov, et les mains sont les mains d’Essav. Tant que la voix de Yaakov résonnera dans les synagogues et les maisons d’étude, personne ne pourra dominer Yaakov.

Amalek vient toujours à « Réfidim » – « Kan rafou yedéhem min haTorah » – … lorsque leurs mains se relâchent de la Torah.

Il existe un combat permanent entre les forces du bien et celles du mal. Et il n’y a pas de position neutre : soit le bien est plus fort, soit le mal prend sa place. C’est une lutte constante.

Mais si on se renforce dans la Torah, si on étudie avec labeur et investissement, alors, comme l’enseigne rav El’hanan Wasserman, on parvient à anéantir Amalek, à anéantir les forces du mal.

A ce sujet, le Or HaHaïm HaKadoch écrit que, lorsque les Bnei Israël sont partis pour recevoir la Torah, il est dit qu’ils ont voyagé « depuis la faiblesse (réfidim) ». Dès qu’ils se sont éloignés de cette faiblesse, ils ont pu recevoir la Torah – et à ce moment-là, ils ont supprimé les forces d’Amalek.


On retrouve cette idée dans un épisode rapporté par les Prophètes, à propos du roi ‘Hizkiyahou Hamélekh. Celui-ci était un roi extrêmement puissant qui régnait à Jérusalem. Il choisit d’investir ses forces principalement dans la Torah. Il alla jusqu’à placer une épée à l’entrée du Beit Hamidrach pour signifier que la véritable épée, la véritable force qui règne, c’est la Torah.

Il développa tellement l’étude de la Torah qu’il n’y avait pas un seul enfant en Israël qui ignorait les lois les plus complexes de pureté et d’impureté.

Lorsque Sanhériv, le roi qui avait conquis presque le monde entier, vint attaquer Jérusalem, il arriva avec une armée immense. Nos Sages disent que rien que ses chefs d’armée étaient déjà au nombre de 180 000. Ils auraient pu, disent-ils, noyer Jérusalem rien qu’avec leur salive. Et pourtant, ‘Hizkiyahou choisit de ne pas combattre et de s’en remettre à D.ieu.

A ce moment-là, HaKadoch Baroukh Hou occasionna un grand miracle 

Comme le dit le verset : « ‘Houbal ol mipné chamen » – Le joug de Sanhériv fut brisé grâce à l’huile. Quelle huile ? Celle qui brûlait jour et nuit dans les Batei Knesset et les Batei Midrach, pour permettre aux gens d’étudier la Torah.

Il se produisit alors un miracle immense : un matin, les juifs se levèrent et tous les soldats de Sanhériv étaient morts, à l’exception de lui et de ses deux fils.

Selon un avis, HaKadoch Baroukh Hou leur ouvrit les oreilles pour qu’ils entendent le chant des anges, et ils moururent tous.

Ce fut un miracle extraordinaire qui démontra que, lorsque les Bnei Israël étudient la Torah, aucune force ne peut les dominer. Aucune.

Ainsi, « Hakol kol Yaakov » : si nous renforçons l’étude de la Torah, nous affaiblissons les mains d’Essav.

C’est également ce qui se produisit après le miracle de Pourim : le peuple reçut à nouveau la Torah, cette fois par amour et par joie du miracle. Il comprit alors que la seule véritable force dans le monde – à nous le klal Israël – est l’étude de la Torah.


HISTOIRE;

 Même en captivité, la grandeur ne s’efface pas 

Il était une fois, dans les camps russes, où se trouvaient de nombreux prisonniers. Parmi eux, il y avait un capitaine français qui avait été emprisonné. Le Rav Galinsky se trouvait lui aussi dans le même secteur de travaux forcés.

Il remarquait que chaque nuit, au milieu de la nuit précisément, le capitaine français se levait discrètement. Il prenait un sac, sortait, puis revenait un peu plus tard. Cette scène se répétait régulièrement, ce qui éveilla la curiosité du Rav. Un soir, il décida donc de le suivre.

Il découvrit alors que le capitaine se rendait dans le réfectoire. Là-bas, il sortait de son sac ses vêtements de capitaine, les enfilait, puis commençait à faire des gestes d’officier : il levait les mains, levait les bras, comme s’il se tenait devant des troupes invisibles qu’il était en train de diriger et de guider.

Une fois, puis deux fois, la scène se répéta. Le Rav, très étonné par ce qu’il voyait, finit par lui demander :

 « Que se passe-t-il ? »

L’homme lui répondit :

 « Ah… tu as découvert mon secret. Je ne voulais pas que quelqu’un me voie. »

Puis il expliqua : « Ici, ils font tout pour nous briser moralement, pour nous enlever notre dignité et notre sentiment de grandeur. Mais moi, je suis un capitaine — et je resterai toujours un capitaine. Alors chaque nuit, je viens ici, je mets mes vêtements d’officier, je fais les gestes que je faisais avant, et je me rappelle qui je suis. Ainsi, le jour où je sortirai d’ici, quoi qu’il arrive, je resterai fidèle à ce que je suis réellement. »

C’est exactement le message que nous apprennent aussi les habits du Kohen Gadol, et plus largement ceux des Kohanim. Les vêtements ne sont pas simplement des habits extérieurs : ils rappellent à la personne la responsabilité qui repose sur elle. L’habit permet à l’homme de prendre conscience de ce qu’il est, de sa mission, et de ce dont il est capable.

 

 
 

🌍Saint Mandé

📖 Paracha : Ki tissa / כי-תשא

🕯️ Chabbat : 18:23 → 19:30

📅 Date : 18 Adar 5786

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