La fete de Pessah : hamets, élimination Annulation et vente
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La Mitsva et son histoires 2
Nous aborderons le sujet de Pessah en commençant par deux mitsvot – négative et positive - essentielles :
⮚Ne pas posséder de Hamets durant Pessah
⮚Éliminer le Hamets avant Pessah
La Torah nous interdit formellement de posséder toute forme de Hamets en nos propriétés durant Pessah : qu’il s’agisse de pain, de graines de couscous, de whisky, bière… toute forme de levain à base des cinq céréales : le blé, l’orge, l’avoine, l’épeautre, le seigle. Il nous est interdit aussi bien de le détenir en nos maisons que d’en être tout simplement propriétaire, peu importe le lieu où il se trouverait. L’interdit de la Torah est le suivant : « lo yérahé lekha hamets vélo yeraé lekha séor bekhol guevoulekha – aucun hamets ne sera vu et aucun levain ne sera vu dans toutes tes propriétés ». La mitsva positive est formulée ainsi : « tachbitou séor mibatekhem – vous éliminerez le levain de vos maisons. »
Pourquoi la Torah nous demande-t-elle d’éliminer le Hamets ?
Avant d'exposer les raisons pour lesquelles la Torah nous demande d'éliminer complètement le Hamets, il est important de rappeler que la Torah nous interdit de consommer du Hamets pendant Pessah. Cette interdiction est accompagnée d'une sanction très sévère, appelée Karet, pour quiconque consomme du Hamets durant Pessah.
Les raisons qui justifient l'interdiction de manger du Hamets sont également celles qui motivent la Torah à exiger que nous nous séparions totalement du Hamets et que nous n'en ayons aucune propriété pendant Pessah. Afin d'éviter de tomber dans le piège de la consommation, il est impératif de ne pas posséder de Hamets.
Nos sages ont renforcé cette interdiction, car l'homme n'a pas l'habitude de se séparer du Hamets, dès lors qu'il s'agit d'un aliment cacher durant toute l’année. Ainsi, nos sages ont même prohibé la consommation d'un simple machéhou de Hamets, c'est-à-dire d'une quantité infime de Hamets qui se mélangerait à un autre aliment.
C'est de cette rigueur que découlent toutes les houmrot – les comportements stricts - concernant la nourriture de Pessah.
En effet, il est si grave de consommer même une miette de Hamets que nous devons faire preuve d'une extrême vigilance. Nous devons tout cachériser avant de cuisiner, et respecter les lois les plus strictes de cacherout pendant Pessah.
Quelles sont les raisons pour lesquelles le Hamets est interdit à Pessah ?
Pour répondre à cette question, nous allons explorer plusieurs explications.
Comme l'explique le Ramhal, les fêtes du Am Israël représentent des moments où nous entrons dans une période d'influence spirituelle intense, semblable à celle vécue lors des événements historiques de cette fête. La sortie d'Égypte, qui marque la naissance du Am Israël, symbolise également la liberté et le moment où nous avons acquis notre identité en tant que Peuple. Tout comme un enfant ne peut consommer les mêmes aliments que les adultes en raison de sa fragilité et de ses besoins spécifiques, le Am Israël, lors de la fête de Pessah, revit sa naissance et son identité de peuple. Par conséquent, il ne peut se comporter à l’identique de tous les jours de l'année.
Durant cette période, nous devons observer sept jours où nous nous abstenons d'aliments qui symbolisent le mauvais penchant ou la matérialité. En effet, le levain transforme la matière et représente tout ce qui est lié au yetser hara, ce mauvais penchant pousse l'homme vers les plaisirs et le mensonge. Dans le Talmud, le yetser hara est désigné comme « la levure de la pâte ». Ainsi, le pain que nous devons manger à Pessah doit symboliser la sainteté et la pureté, sans aucune contamination par le mal ou les désirs matériels négatifs. C'est pourquoi, à Pessah, nous consommons de la Matsa, un pain pur, composé uniquement d'eau et de farine. Ce choix de pain, exempt de toute référence au mal et aux excès matériels, nous permet de vivre un moment de renaissance.
Ainsi, pendant ces sept jours, nous expérimentons une pureté absolue, où le yetser hara est totalement mis à l’écart. Après Pessah, nous le retrouvons, mais avec la maturité nécessaire pour le maîtriser, à l'image d'un enfant capable de digérer un pain plus épais et plus consistant.
Le Hamets et la Matsa sont également liés au concept de guéoula. Comme l'explique le Maharal de Prague, le Hamets, bien qu'il puisse sembler meilleur, se détériore plus rapidement car il est composé d'éléments extérieurs. La Matsa, quant à elle, est simplement composée d'eau et de farine. Pendant Pessah, nous devons incarner la liberté en étant des individus qui ne dépendent de rien d'autre pour être heureux et réaliser leurs désirs, et qui vivent en accord avec leur véritable nature. La Matsa symbolise donc cette condition de guéoula. Ainsi, lors de cette fête de guéoula, nous consommons un pain qui reflète ce symbole de libération.
Le Rav Chimchon Raphaël Hirsch explique que la Matsa et l'interdiction du hamets nous rappellent qu'en période de réussite, nous devons toujours nous souvenir que lorsque nous avons quitté l'Égypte, nous n'avions rien et étions des esclaves. Nous n'avons même pas eu le temps de préparer du pain, car nous étions totalement asservis. Tout ce que nous avons reçu provient de Hachem. Cela nous engage donc à Le servir et à L'aimer. En consommant la Matsa, nous redécouvrons les valeurs qui nous rappellent constamment que nous avons été extirpés de cette situation, ce qui nous transforme en serviteurs de D-ieu (ovdei Hachem).
Il est rapporté au nom du Zohar (Raya Mehemna, Ki Tetse) que le corps de celui qui se préserve strictement du Hamets pendant Pessah, est protégé du mauvais penchant ici-bas. Il est dit à son sujet « Le mal ne séjournera pas chez toi », car son corps devient saint et son âme saint des saints. De même, il est rapporté par les saints livres au nom du Arizal, qu’il est assuré à celui qui est vigilant concernant la moindre trace de Hamets pendant Pessah, de ne pas fauter durant toute l'année (Beer Heitev 447, 1).
Nous réalisons combien la Torah donne de l'espoir et de la force à l'homme pour qu’il se renouvelle constamment. Ce n'est pas parce que nous consommons du Hamets tout au long de l'année que nous devons nous en satisfaire ou nous contenter de peu. Au contraire, la Torah nous révèle un fondement essentiel : il est fondamental d’agir, de remettre les compteurs à zéro et d'initier un nouveau départ, de procéder à un renouvellement.
Et cela, même si cela nous demande de sortir de notre routine et de faire abstraction de choses que nous avons l'habitude de consommer toute l'année. Il est crucial de mettre chaque chose en place. C'est la force du Klal Israël. Pour cette mitsva extraordinaire, du jour au lendemain et pendant sept jours, nous allons tout bouleverser et faire en sorte qu'il n'y ait aucun Hamets dans nos maisons.
Nous disposons de trois méthodes pour éliminer le Hamets :
1. Biour Hamets - Destruction du Hamets
Rabbi Yéhouda préconise de le brûler pour le détruire. Nos Hakhamim recommandent de l’éliminer, en le jetant à la mer par exemple ou autrement, mais à la condition qu’il soit entièrement détruit et hors de notre possession.
Cette exigence de la Torah nous a conduit à la mitsva de Bedikat Hamets. En effet, la veille de Pessah, au soir du 13 Nissan, nos Sages nous ont ordonné de vérifier à la lueur de la bougie tout endroit qui nous appartient et où l’on introduit du Hamets. Cette précaution de nos Hakhamim vise à nous assurer qu’il n’y a plus de Hamets, pour éviter toute transgression de la Torah. Le Hamets qui sera trouvé durant cette recherche et qui ne sera pas consommé, sera brûlé ou éliminé le lendemain.
2. La mitsva du Bitoul
Le Bitoul est la deuxième méthode qui permet de se débarrasser de son Hamets.
Nos Sages ont craint également les « oublis » en tous genres – qu’il s’agisse d’une bouteille de whisky soigneusement gardée, d’un gâteau oublié ou tout simplement une gaufrette « stationnée » dans un vêtement – c’est pourquoi ils nous ont prescrit la pratique du Bitoul. Il concerne le Hamets que l’on n’aurait peut-être pas vu. Il consiste à prononcer le texte suivant : « J’annule toute levure ou levain qui se trouve en ma possession, et je le considère comme la poussière de la terre. »
C’est une manière de l’abandonner selon certains avis, ou une manière de le considérer sans aucune valeur, puisque le Hamets à Pessah ne vaut plus rien. Étant interdit à la consommation, il a perdu sa valeur. Le fait d’annuler le Hamets qui n’a pas été vu mais qui se trouverait malgré tout en ma possession, et le considérer comme nul, l’exclut de ma possession.
Il ne faut pas annuler le Hamets avant de le brûler, car en brûlant le Hamets la veille de Pessah, nous accomplissons la mitsva de tachbitou. Il est même conseillé à quelqu'un qui souhaite détruire tout son Hamets de garder un Kazayit de Hamets à brûler pour accomplir la mitsva de tachbitou selon Rabbi Yéhouda qui pense que cette mitsva ne se réalise que par l’action de le brûler.
Nous procédons au Bitoul une première fois le 13 au soir, veille de Pessah. Après la Bedikat hamets, nous annulerons tout Hamets que nous n'avons pas trouvé.
Puis le matin, après avoir brûlé le Hamets, nous annulerons tout Hamets que nous aurions pu oublier, peu importe où.
Nous ne pouvons effectuer le Bitoul que jusqu'à l'heure de l'interdiction du Hamets. Si une personne tarde trop et dépasse la cinquième heure après le début du jour, elle ne peut plus annuler le Hamets, car il ne lui appartient plus totalement, mais elle transgresse l’interdit de posséder. La seule solution à ce moment-là sera de le brûler.
On aurait pu se contenter d’annuler le Hamets, mais nos Hakhamim n’ont pas permis cette seule démarche. Ils exigent de nous cette recherche, de crainte d’en trouver pendant Pessah et d’avoir du mal à s’en débarrasser en raison de sa valeur. Dans un tel cas, la personne en redeviendrait propriétaire pendant Pessah et en arriverait à transgresser l’interdit de Hamets ! Le risque est également d’en arriver à le manger pendantPessah par inadvertance.
On ne peut non plus se contenter de la Bedika et de l’éliminer car on risque d’oublier du Hamets que l’on n’a pas vu. Pour éviter ces différents problèmes, il est indispensable de pratiquer ces deux démarches : la Bedikat Hamets et le Bitoul.
Dans tous les cas, même si nous trouvons du Hamets après Pessah, nous savons que nous n'avons pas transgressé la loi de la Torah, car nous l'avons cherché et annulé, donc il ne nous appartient plus.Néanmoins, il faudra tout de même le détruire après Pessah, car il est interdit d'en tirer profit.
3. La Vente du Hamets
La troisième façon de se débarrasser de son Hamets consiste à le vendre.
À une certaine période, nos Hakhamim se trouvèrent confrontés au fait que nombre de personnes possédaient une quantité importante de Hamets qu'elles ne pouvaient pas détruire. Pour pallier à cette difficulté, ils proposèrent une solution : la vente du Hamets.
Dans la pratique, cela revient à placer le Hamets dans un endroit qui sera vendu à un non-juif. Cette vente établit un transfert de propriété du Hamets. Cette transaction est réalisée par le biais d'un contrat valide selon la Torah. Par ce moyen, le Hamets ne m'appartient plus. Il est également possible de le racheter après Pessah, comme cela se pratique aujourd'hui.
Néanmoins, certains, comme nous le verrons par la suite, ne se satisfont pas de cette vente concernant le véritable Hamets.
Ils craignent que la vente n'ait pas été effectuée correctement, ce qui pourrait les amener à transgresser l’interdit de posséder du Hamets à chaque instant durant Pessah. Pour cette raison, ces personnes choisissent de ne pas vendre de véritable Hamets. Elles pratiquent cette vente uniquement pour des produits susceptibles de contenir un mélange de Hamets, comme certains médicaments ou autres... mais pas pour du pur Hamets.
Une précision importante : dans les ventes de Hamets, il y a deux options. L'une qui prévoit de vendre le 13 Nissan. Elle est destinée à ceux qui voyagent et ne souhaitent pas faire la Bédika. Ils vendent donc le Hamets de leur maison le 13 et n'ont plus de Hamets à vérifier car il ne leur appartient plus. L’autre option - la plus courante - mentionne la date du 14 Nissan dans le contrat de vente. Dans ce cas, il est possible d’effectuer la Bedika le 13 au soir avec berakha dans les endroits qui seront vendus le lendemain.
Telles sont, en résumé, les trois solutions permettant de se débarrasser du Hamets et accomplir ainsi la mitsva. Les détails seront énumérés ultérieurement.
Le ménage de Pessah
Dans l'ensemble du Klal Israël, depuis toujours, les femmes se consacrent à un nettoyage méticuleux de leur demeure bien avant la Bedikat 'Hamets, traquant la moindre miette avec une rigueur exemplaire. Cette tradition, profondément ancrée dans la pratique juive, revêt une importance capitale.
On rapporte que le Rav 'Haïm de Volozhin, surpris par l'ardeur de son épouse à ébouillanter les tabourets, s'enquit: « Qui t'a ordonné de verser de l'eau bouillante sur les tabourets alors qu'il ne s'y trouve point de 'Hamets ? » Sa femme lui rétorqua : « Si je m'en tenais à tes directives pour le nettoyage, nous aurions déjà consommé du 'Hamets à Pessa'h ! »
Cette anecdote illustre avec force la valeur inestimable de cette coutume innée chez les Nachim Tzadkaniyot (femmes justes) du peuple juif. En effet, en l'absence d'un nettoyage exhaustif, le risque est grand, dans la précipitation des jours de fête, de déposer un aliment sur une surface souillée par des miettes. Afin de célébrer Pessa'h avec toute la vigilance qui s’impose, un nettoyage en profondeur s'impose donc. La Bedika, quant à elle, vient compléter cette démarche, en éliminant le risque de résidus oubliés.
L'histoire suivante illustre bien l'ampleur du mérite associé à ce labeur.
Compliment descriptif :
Un homme fortuné, contraint de séjourner dans un village pour le Chabbat, annonça aux habitants : « Celui qui m’accueillera pour ce Chabbat recevra cinq pièces d’or pour chaque bienfait qu'il m’aura prodigué durant ce temps. » Mais malgré la promesse alléchante – cinq pièces d'or représentaient une somme considérable – les villageois, incrédules, hésitèrent. L'homme riche trouva finalement refuge chez une personne modeste, à l'extrémité du village. Ce dernier l'accueillit avec tous les honneurs dus à un invité de marque.
Au terme du Chabbat, le riche demanda à son hôte : « Dis-moi, en détail, tout ce que tu m'as offert. » L'homme énuméra : « Je t'ai donné des fruits, des légumes, de la viande et du pain. » Le riche l'interrompit : « Non, non, pas comme cela. Lorsque tu mentionnes 'les légumes', tu dois préciser : 'des concombres, des tomates, des carottes', car chaque détail te vaudra une récompense spécifique. Ne sois donc pas concis et imprécis dans tes descriptions. »
Le Rav Yossef Messas rapporte cette parabole et en tire l'enseignement suivant : HKBH ne récompensera pas l'élimination du Hamets de manière globale. Au contraire, chaque effort, chaque geste de nettoyage, aussi ardu soit-il, sera source d'un mérite immense dans le monde futur. Il cite à ce propos la Michna : « Ratsa HKBH lezakot ett Israel, lefikhah irba lahem Torah oumitsvot » - HKBH a voulu donner du mérite à Israël, c'est pourquoi Il a multiplié à leur intention, la Torah et les mitsvot.
La Cachérisation des ustensiles
Le Hamets qui a été absorbé par les ustensiles ne représente pas du Hamets que l'on possède, il est considéré comme du Hamets qui ne nous permet pas d’utiliser ces ustensiles.
C’est un enseignement de la Torah suite à la guerre contre Midian. A cette occasion, la Torah nous a demandé de cachériser les ustensiles ayant absorbé du taref pour pouvoir les réutiliser. La Torah nous dit : « Ce qui a été utilisé avec de l'eau bouillante passera par l'eau bouillante. Ce qui a été utilisé par le feu directement passera par le feu. » Ainsi, l’on considère que kébolo kah polto - de la manière dont l’ustensile absorbe, il rejette. Cachériser avec de l’eau bouillante consiste à pratiquer la hagala, et cachériser par le feu consiste à procéder au liboun.
D'où la règle : « Hamets, Issouro Bemachehou ». Même un machéhou, une infime miette de Hamets est interdite. Il n'y a donc pas d'annulation pendant Pessah. La règle du soixantième ne s’applique pas, comme c'est le cas tout le reste de l’année.
Ainsi, si l'on souhaite utiliser à Pessah les ustensiles utilisés pendant l’année, pour éviter que du Hamets absorbé ne se retrouve dans nos aliments, nous devrons les cachériser, soit à l'eau bouillante, soit au chalumeau et au feu directement.
Les halakhot sur ce sujet sont nombreuses, mais comme nous le savons, avant Pessah, nous cachérisons toute la cuisine, et nous ne pouvons pas utiliser un ustensile sans le cachériser s'il a été utilisé avec du Hamets. Nous cachérisons également les plans de travail, la table, et nous les recouvrons avec des nappes et des toiles cirées. Nous faisons le maximum d’efforts et prenons toutes les précautions pour nous préserver et ne pas nous retrouver has vechalom, dans une éventualité de consommer du hamets qui aurait été absorbé par un ustensile et rejeté dans notre aliment.
Bedikat Hamets
La recherche du Hamets est une mitsva imposée par nos Sages. Ainsi, toute personne voyageant dans les 30 jours précédant Pessah, c'est-à-dire depuis après Pourim, a l'obligation de s'assurer qu'il ne reste plus de Hamets dans sa maison avant de partir. Si du Hamets s’y trouve encore, il doit être détruit ou placé dans un endroit où il pourra être vendu, cela, afin d’éviter d’en posséder chez soi pendant Pessah. En revanche, celui qui voyage 30 jours avant Pessah et ne prévoit pas de revenir pour cette fête n'a pas cette obligation de rechercher le Hamets. Il lui suffira de vendre son Hamets avant Pessah, ou de l'annuler en effectuant le Bitoul. Cependant, s'il envisage de revenir pour Pessah, il devra vérifier même plus de 30 jours avant, afin de ne pas se retrouver en situation de se trouver en présence de Hamets pendant Pessah.
Une bénédiction est prononcée lors de la recherche du Hamets. Cette recherche a lieu le soir qui suit le 13 Nissan, veille de Pessah. Ceux qui voyagent peuvent vendre leur Hamets le 13, ce qui les dispense de faire la Bedikat hamets, puisque tout leur Hamets est vendu et qu'ils n'en ont plus chez eux. Comme alternative, ils pourront devancer la Bedika de quelques jours, sans dire de berakha. En revanche, s'ils emménagent dans une maison ou prennent une chambre d'hôtel, ils devront effectuer la Bedika avec berakha dans l'hôtel ou la maison où ils se trouvent au soir du 13 Nissan. Si quelqu'un n'a pas fait sa Bedika le 13 au soir, il pourra la faire le lendemain matin.
La Bedika se fait à la lueur de la bougie. Il est nécessaire de vérifier tous les endroits où l'on a introduit du Hamets durant l'année. La voiture fait partie de ces endroits. Les lieux où l'on a introduit du Hamets doivent être vérifiés. Une voiture peut être inspectée avec une lampe de poche, tandis que la maison doit être vérifiée à la lumière d’une bougie, un petit couteau et une pelle pour ramasser tout le Hamets.
Il est d'usage de cacher dix morceaux de pain avant de commencer la recherche, pour plusieurs raisons, notamment liées à la Kabbale, mais aussi pour s'assurer que notre berakha ne soit pas dite en vain dans le cas où il n'y aurait plus aucun Hamets.
Lorsque Pessah tombe Motsei Chabbat, comme cette année, la Bedika est avancée au 12 au soir, c'est-à-dire au jeudi soir. Le lendemain, vendredi matin, on brûlera le Hamets comme chaque année.
On sera attentif à ne garder pour Chabbat que le pain nécessaire pour les repas. On privilégiera de faire la birkat Hamotsi sur des pitot pour éviter que les miettes ne s'éparpillent. Il sera plus judicieux de cuisiner dans des ustensiles de Pessah et de manger les pitot à l'extérieur ou dans l'entrée de la maison avec quelques salades, puis de poursuivre à table le repas sans pain, pour éviter toute question halakhique. Après avoir terminé de manger, avant l'heure d'élimination du Hamets (environ 10h40 ou 11h), on jettera les restes de Hamets dans les toilettes pour les éliminer, puis on procédera au Bitoul.
Concernant la Seouda Chlichit, il existe plusieurs variantes. L'une d'elles consiste à diviser le deuxième repas de Chabbat en deux parties, en ménageant un intervalle significatif entre les deux. La première partie fera office de deuxième repas de Chabbat, la deuxième partie sera la Seouda Chlichit. Certains ne prennent pas de pain pour la Seouda Chlichit, se contentant d'autres aliments. Il existe également d'autres façons de faire, que nous n’aborderons pas dans ce contexte.
L’alcool coule à flot
Un homme nommé Raphaël tenait un café où il vendait toutes sortes d'alcools contenant du hamets. Chaque année, avant l'heure de l'interdiction de posséder du hamets, il vendait son magasin jusqu'après Pessah, à un non-juif nommé Ivan. Une année, un nouveau curé qui détestait les juifs arriva dans la ville. Il cherchait à tout prix à leur nuire. Alors que Pessah approchait, il appela Ivan et lui dit : « Je te récompenserai grassement si tu n'achètes pas le hamets au juif cette année. » Ivan refusa en disant : « J'ai l'habitude de le faire chaque année. » Le curé lui répondit : « Si tu m’obéis Ivan, je te bénirai. » Ivan refusa obstinément la proposition du curé. Ce dernier utilisa alors la méthode d’intimidation : « Si tu rachètes le hamets à ce juif, tu seras maudit, et la nouvelle se répandra dans toute la ville. »
Ivan n'eut plus d'autre choix que de se cacher. Arriva le moment de la vente du hamets. Raphaël chercha Ivan partout, il ne le trouva pas. Catastrophe ! Le moment de l'interdiction de posséder du hamets arrivait et Raphaël se retrouvait avec toute sa marchandise interdite pendant Pessah. Que fit-il ?
Il ouvrit les portes, abandonna tout le hamets, tout l'alcool, et dit aux gens : « Vous pouvez entrer et vous servir ! » Aussitôt après, il partit célébrer Pessah. Il se défit de tout pour que cela ne lui appartienne plus.Une fois les huit jours de fête passés, de retour à son commerce, Raphaël était persuadé de ne plus rien retrouver. Il lui semblait évident que tout le monde s’était servi et lui avait tout pris. Quelle ne fut pas sa surprise quand il réalisa qu’il n’en était rien ! En fait, il s'avéra que les choses s’étaient déroulées très différemment : deux grands chiens étaient arrivés dès son départ et avaient gardé le hamets. Lorsque les gens s’étaient précipités pour se servir et boire, les chiens s’étaient dressés contre eux et les en avaient empêchés.
Il posa alors la question à un Rav pour savoir s’il pouvait utiliser le hamets. Ce dernier lui répondit par l’affirmative, car dès lors qu’il l’avait abandonné, il ne lui appartenait plus. Maintenant, en venant le récupérer, il en faisait une nouvelle acquisition qui lui permettait de le prendre. Il rentra chez lui et dit à sa femme : « Je ne suis quand même pas tranquille... Finalement, ce hamets m'appartenait au départ, or il n'y a pas eu de vente officielle ! » Il prit alors la décision avec sa femme d'ouvrir les robinets des futs et de faire couler à flot tout l'alcool, le whisky, la vodka… Une véritable fortune se déversait au sol.
Son histoire fit tant de bruit dans le Ciel qu’après 25 ans passés, sans avoir été béni d’enfant, le couple fut gratifié par le Ciel cette année-là, d’un enfant qui devint célèbre dans le monde de la Hassidout et brilla dans le monde. Entre-temps, le gouverneur lui-même entendit parler de cette action et en fut tellement impressionné qu'il décida de sanctionner sévèrement le curé. En réalité, le plus merveilleux cadeau qu'il reçut fut celui du Ciel, celui d’avoir été béni d’un enfant qui illumina le monde.
L’improbable demande à être vérifié
Le Rav Neuwirth raconte que, quelques semaines avant Pessah, ils avaient installé un placard en hauteur. Il n’avait été que très peu utilisé. Ils étaient certains de ne pas y avoir entreposé de hamets. Dans ce cas, inutile de vérifier, car l’on inspecte que les endroits où l'on introduit du hamets. Leur habitude était d’acheter des bougies pour les utiliser au moment de procéder à la Bedikat hamets. Cette année-là, ils avaient complètement oublié cet achat et n'avaient pas de bougie. Ils se souvinrent alors qu'il y avait peut-être des bougies dans ce nouveau placard. Ils apportèrent une échelle et y grimpèrent pour accéder au contenu du placard. En y regardant de plus près, ils découvrirent un grand paquet de gaufrettes caché là. Ils en ont déduit que dans des endroits accessibles depuis la cuisine où quelqu'un pourrait décider de cacher du hamets, il faut quand même vérifier.
Ils réalisèrent que Min Hachamayim, étant tellement scrupuleux dans leur recherche de hamets, ils avaient été aidés par le Ciel pour découvrir ce hamets.
Des miettes de Hamets entre les dent
Le Ben Ich Haï précise qu'avant l'heure de l'interdiction de hamets, il convient de se brosser les dents ou se laver la bouche. Il raconte l'histoire d'un sage qui rêva la nuit de Pessah qu'il avait mangé du hamets. Il se leva, bouleversé. Comment était-ce possible ? Il avait tout vérifié, étant très pointilleux pour ne pas consommer de hamets. On lui a alors dit : « Effectivement, entre tes dents, il y avait de petites miettes de hamets qui s'étaient cachées, et quand tu as mangé la Matsa, elles se sont décollées et se sont mélangées à ta Matsa. » Or, la moindre petite miette de hamets est interdite à la consommation.
Le Schtreimel du Hatan
Un couple de ‘hassidim se maria à Jérusalem. Évidemment, ils passèrent leur premier Pessah dans la famille de la jeune Kallah. La maison avait été soigneusement nettoyée pour l'occasion. Pendant Pessah, le Hatan, en mangeant la soupe qu’on lui présenta, découvrit des grains de blé ! Il sursauta, ce qui occasionna une forte gêne à ses beaux-parents. Que se passait-il ? Comment avaient-ils pu laisser passer ainsi du hamets ? Ils allèrent trouver le Rav Shmouel de Salant, rav de la ville. Celui-ci les rassura immédiatement et dit au Hatan : « Apporte-moi ton Schtreimel. » En secouant le Shtreimel, une quantité de grains de blé tomba. En réalité, le problème ne se trouvait pas du côté de la belle-famille, mais du Hatan lui-même. La coutume Ashkénaze, au Chabbat Hatan, est de jeter du blé sur le Hatan. Quand Pessah est arrivé, il n'a pas vérifié son Schtreimel. C’est ainsi qu’il se retrouva avec du blé dans sa soupe. Cela a évidemment calmé les esprits, mais cela montre combien il est important de penser à tout vérifier pour éviter, Has Veshalom, de consommer du hamets à Pessah.
Dans la pochette du Tallit de Chabbat
Lorsqu’on cache les dix morceaux de pain avant la bedikat hamets, on fait en sorte de ne pas trop bien les cacher pour pouvoir les retrouver et ne pas se retrouver avec du hamets à la maison pendant Pessah.
Un homme avait caché ses dix morceaux de pain. Il n’en avait retrouvé que neuf et ne parvenait pas à trouver le dixième. Il renversa tout. Personne ne se souvenait où il avait mis le dixième. Vraiment perturbé et tellement désireux d'éviter de garder du hamets chez lui, il alla même chercher dans la pochette de son tallit de Chabbat. En ouvrant la pochette du tallit, il découvrit une bouteille de whisky.
Il se souvint alors que chaque Chabbat, pour ne pas rentrer chez lui l'estomac vide, il avait l'habitude avec quelques amis d'apporter du whisky avec des petits gâteaux pour faire kiddouch à la synagogue. Comme il restait du whisky, il l'avait naturellement remis dans son sac de Tallit, qu'il n'avait pas pensé à vérifier.
Grâce à ce dixième morceau de pain, qu'ils finirent par trouver en définitive, il avait été amené à retrouver cette bouteille de whisky qu'il aurait oubliée pendant Pessah.


