La Paracha Et Son Histoire: BEHAR BEHOUKOTAI - Émouna, Torah et Brakha
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- il y a 2 jours
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Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.
Premier sujet :
La paracha de Béhar vient enseigner à chaque juif le bita’hon baHachem, la confiance en D.ieu. La mitsva de la Chemita concerne le propriétaire d’un champ, qui en tire sa parnassa. Pourtant, la Torah lui demande, tous les sept ans, de ne pas le travailler pendant une année entière. Il n’a le droit ni de le semer ni de le labourer ; il doit laisser la terre au repos. Comme l’explique Rachi, il a certes le droit de récolter les fruits, mais non en tant que propriétaire du champ : il peut y accéder comme tout le monde.
Le but de cette mitsva, comme cela est précisé dans la Torah, est tout d’abord de rappeler à l’homme que la terre appartient à Hachem et non à lui. Plus généralement encore, comme l’écrit le Rav d’Izbica, rien de ce que nous possédons ne nous appartient réellement : tout appartient entièrement à HaKadoch Baroukh Hou.
La deuxième raison est d’enseigner à chaque juif que ce n’est pas la terre qui nourrit l’homme. L’homme doit développer un véritable bita’hon baHachem : la confiance totale que la parnassa provient uniquement de HaKadoch Baroukh Hou.
Cependant, de manière très étonnante, plus loin, la Torah aborde le sujet du Yovel, le jubilé, qui intervient après sept cycles de Chemita, c’est-à-dire sept fois sept ans : une année encore vient alors s’ajouter pendant laquelle la terre reste en repos. Ainsi, la terre devait rester inculte pendant la quarante-neuvième année ainsi que durant la cinquantième année.
Et la Torah dit alors : « Et si vous vous demandez : "Qu’allons-nous manger pendant la septième année ? Que mangerons-nous durant ces trois années où nous ne travaillerons pas les champs ?" », elle répond : « J’ordonnerai Ma bénédiction durant la sixième année », au point qu’elle suffira pour les trois années suivantes. »
Là, tous les commentateurs s’interrogent : pourquoi la Torah attend-elle que cette question soit posée pour y répondre ? Pourquoi ne pas avoir dit directement et clairement : « Lorsque vous accomplirez la Chemita, Je vous bénirai » ? D’autant plus que celle-ci concerne chaque juif, à tous les niveaux, et que c’est une obligation extrêmement importante. La Torah (Vayikra 26,34) va même jusqu’à dire que la punition du non-respect de la Chemita est l’exil : selon le nombre d’années durant lesquelles les Bnei Israël ne l’ont pas respectée, ils ont été envoyés en exil, car Hachem leur a repris la terre.
Pourquoi la Torah ne rassure-t-elle donc pas davantage dès le départ en promettant explicitement cette bénédiction ?
Plus encore, cette question semble plus complexe dans le cas où la Chemita et le Yovel se suivent. En effet, un homme qui a respecté la Chemita tout au long des quarante-neuf années a déjà vu la bénédiction de Hachem à plusieurs reprises.
Pourquoi cette inquiétude apparaît-elle précisément lorsqu’il arrive à la quarante-neuvième, puis à la cinquantième année ?
Le Sforno écrit à ce propos quelque chose d’extraordinaire : la bénédiction ne sera pas forcément visible, elle sera cachée à l’intérieur même de la récolte. L’homme consommera sa récolte sans qu’elle se termine. Pour le Kli Yakar, il mangera peu, mais sera rassasié rapidement ; il n’aura pas besoin d’une récolte gigantesque pour vivre pendant trois années.
Mais lorsqu’un homme manque d’Emouna, il pose des questions. Alors HaKadoch Baroukh Hou lui répond : « Renforce ta confiance, et pour t’aider, Je vais te montrer Ma bénédiction de façon visible. » Ainsi, il y aura une récolte exceptionnellement abondante la sixième année, suffisante pour trois ans. La bénédiction sera alors publique et manifeste.
Le grand message ici est que la véritable brakha est souvent discrète. Lorsqu’un homme possède la Emouna et comprend que sa réussite vient de Hachem, une petite quantité peut suffire. Comme à l’époque où Hachem faisait tomber la manne dans le désert : chacun en ramassait une quantité très limitée, le omer, ainsi que le rapporte le Séfer HaHinoukh, et pourtant cela suffisait largement pour qu’il se nourrisse toute une journée. De la même manière, une récolte pouvait suffire pour plusieurs années.
C’est là le secret de la brakha. Par exemple, nous disons dans le Lékha dodi : « Ki hi mekor habrakha » – Il [le Chabbat] est la source de la bénédiction. Pourtant, celle-ci n’est pas toujours visible. Les six jours de la semaine sont bénis grâce au Chabbat, mais cela ne se voit pas forcément.
Il faut savoir que, lorsque la Torah et les ‘Hakhamim dévoilent les secrets de la brakha, cela ne signifie pas nécessairement que l’homme gagnera soudainement beaucoup plus d’argent de manière visible. Mais que dans ce qu’il possède déjà, il connaîtra la réussite et un succès extraordinaire.
Voilà le premier grand message qui découle de la Chemita : vivre avec une confiance absolue. Dans chaque génération, un homme doit se renforcer et se rappeler que, pour pouvoir pratiquer la Torah avec toutes ses exigences, pour l’étudier et vivre selon ses valeurs, il faut avoir confiance dans le fait que la brakha vient du Ciel. Cette bénédiction est souvent cachée dans ce qu’on possède déjà ; et si réellement nous avons besoin de la voir de manière manifeste, alors Hachem nous la montrera.
Le Midrach rapporte d’ailleurs que ceux qui respectent la Chemita étaient comparables à des anges. Car la Torah ne demande pas cet effort pendant un jour ou un mois, mais pendant une année entière. Jour après jour, des gens entrent dans les champs, en prennent les fruits, piétinent la terre, et l’agriculteur, qui pensait peut-être que toute sa subsistance venait uniquement de son champ, doit combattre cette idée et se renforcer continuellement dans le bita’hon baHachem et se rappeler que la terre appartient à Hachem.
D’autant plus que, comme le répète la Torah à plusieurs reprises, lorsqu’un homme devient puissant et possède beaucoup de biens ou de terrains, il a très vite tendance à penser : « C’est ma force et mon intelligence qui m’ont apporté cette réussite. » Pourtant, la Torah nous ordonne explicitement (Dévarim 8,18) : « Vezakharta ki Hachem Elokekha Hou hanoten lékha koah laassot hayil » – Tu te rappelleras que c’est Hachem qui te donne la force de réussir. »
Grâce à cette prise de conscience, l’homme parvient à trois choses :
1) Il n’oublie jamais d’être reconnaissant envers Hachem et il évite ainsi l’orgueil.
2) Cela lui permet d’accomplir correctement les mitsvot, car celui qui sait que tout vient de Hachem comprend que tout ce qu’il possède appartient en réalité à Hachem. Comme le dit le roi David (Divré Hayamim 29,14) : « Ki mimekha hakol oumiyadkha natanou lakh » – Tout vient de Toi, et ce que nous Te donnons provient de ce que Tu nous as donné.
3) L’homme cesse alors de vivre dans l’inquiétude, le stress et l’angoisse. Il vit dans la Emouna, dans une proximité constante avec HaKadoch Baroukh Hou, et dans une vie remplie de prières et de confiance.
Deuxième sujet dans Bé’houkotaï
La Torah promet aux Bnei Israël que s’ils marchent dans les voies de Hachem et accomplissent les mitsvot, ils recevront une bénédiction extraordinaire, qui répandra d’année en année, et ils vivront dans la paix. Mais si, ‘has véchalom, ils ne suivent pas ce chemin, alors surviendront alors toutes les klalot, les malédictions de la paracha de Bé’houkotaï, où la Torah évoque sept malheurs qui frapperont l’homme parce qu’il n’aura pas marché dans le chemin de Hachem. Et si, il ne fait toujours pas Techouva, il y en aura encore sept, puis encore sept. Tout cela parce qu’il n’était pas dans la Emouna et dans la croyance en HaKadoch Baroukh Hou, et qu’il n’a pas accompli les mitsvot.
La question qui se pose alors est : que signifie exactement « Bé’houkotaï » ? Que veut dire « marcher dans les lois de Hachem » ?
Rachi sur le verset (Bé’houkotaï 26,3) explique quelque chose d’extraordinaire : « Donnez-vous de la peine dans l’étude de la Torah ! » Car si vous étudiez la Torah en faisant des efforts, en vous investissant et avec l’intention véritable de l’accomplir, alors vous accéderez au secret de toutes les bénédictions. Inversement, si vous n’êtes pas dans cette optique, commencera alors le processus d’éloignement.
C’est très étonnant. Pourquoi dire qu’un homme finit par s’éloigner de la Torah et des mitsvot simplement parce qu’il manque d’acharnement dans l’étude ? Et pourquoi toutes les bénédictions dépendent-elles précisément de cet effort dans la Torah ?
Rachi dévoile ici quelque chose d’incroyable : les sept fautes citées dans la paracha s’enchaînent les unes aux autres. Au début, l’homme ne met plus de forces dans l’étude de la Torah. Ensuite, il arrête progressivement d’accomplir les mitsvot. Puis il commence à mépriser ceux qui les accomplissent. Après cela, il cherche à empêcher les autres de les pratiquer. Finalement, il finit par renier les mitsvot elles-mêmes et même HaKadoch Baroukh Hou.
C’est terrible. Comment comprendre qu’un simple manque puisse provoquer un tel éloignement ?
Rachi nous enseigne ici un immense secret : l’homme vit dans un combat constant entre le matériel et le spirituel. Le Maharal de Prague développe cette idée en comparant cela à un cheval et à son cavalier. Le cheval est puissant, mû par ses instincts. Si le cavalier le maîtrise, le cheval suivra la direction que son maître lui impose. Mais si le cavalier cesse de le dominer, alors c’est le cheval qui emportera l’homme là où il veut.
De la même manière, l’homme est constamment partagé entre son corps, ses tentations, ses influences extérieures, et sa dimension spirituelle. Soit il domine ses instincts grâce au spirituel, soit – ‘has véchalom – il se laisse dominer par eux.
Où l’homme trouvera-t-il alors la force de rester dans le spirituel ? D’où puisera-t-il la capacité de continuer à progresser, à vouloir accomplir les mitsvot et à préserver sa croyance en HaKadoch Baroukh Hou ? Dans l’étude de la Torah.
Mais cette étude ne peut pas être superficielle. Rav Dessler explique que plus un homme grandit, plus ses épreuves sont grandes. Et pour leur faire face, il doit être totalement investi dans ce qu’il fait.
Quand un homme étudie la Torah avec acharnement, il atteint ses profondeurs. Il y entre véritablement et se sanctifie grâce à elle. Sa manière de réfléchir change, ses satisfactions sont d’ordre spirituel, son énergie elle-même devient spirituelle. Et alors tout s’enchaîne : il progresse, il s’attache davantage aux mitsvot, et toute sa vie prend une dimension spirituelle.
Mais lorsqu’un homme cesse de s’investir dans la Torah, une régression commence immédiatement. L’histoire témoigne que, là où il n’y avait plus de lieux d’étude, plus de yeshivot, même lorsque les mitsvot continuaient à être pratiquées extérieurement, la vie juive finissait un jour par s’affaiblir.
Et cela peut aller très loin. Puisque la Torah est quelque chose de spirituel et d’élevé, si l’homme ne cherche plus à la comprendre profondément, il risque, ‘has véchalom, d’en venir à s’en dégoûter, puis même à vouloir empêcher les autres de l’accomplir.
Dans plusieurs occurrences du Talmud, la Guemara affirme que la Torah est « un parfum de vie » pour ceux qui l’étudient avec la « main droite », et qu’elle peut devenir l’inverse pour ceux qui l’étudient avec la « main gauche ». Que signifie cette expression ?
La « main droite » renvoie à ceux qui se consacrent à la Torah de toutes leurs forces, préoccupés par le désir de découvrir ses secrets. Lorsqu’ils étudient, ils le font avec toute leur énergie et toute leur implication. Alors la Torah devient véritablement pour eux un parfum de vie, parce qu’ils sont entrés dans ce monde spirituel, et qu’ils sont capables de percevoir sa grandeur et sa profondeur infinie.
C’est pour cela que Rachi sur le verset : « Si vous marchez avec Moi békéri », alors viendront encore des malheurs et encore des malheurs. Le mot békéri signifie : de manière provisoire, secondaire, occasionnelle.
Autrement dit, quand la Torah devient quelque chose de secondaire dans la vie d’un homme, lorsqu’elle perd sa place centrale et essentielle, alors, ‘has véchalom, celui-ci abandonne progressivement toute sa dimension spirituelle et risque de ne plus réussir à revenir vers Hachem et à faire Techouva. Car pour que la Torah réside véritablement en nous, elle doit être la chose la plus importante au monde.
La Guemara (Brakhot 35b) rapporte que Rabbi Yehouda bar Ilaï se plaignait que les générations précédentes ne ressemblaient pas à la sienne, ou plutôt que sa génération ne ressemblait plus aux anciennes générations.
Effectivement, les premières générations faisaient de la Torah l’essentiel, et du travail quelque chose de secondaire, et pourtant les deux réussissaient. Tandis que dans les générations ultérieures, les priorités ont été inversées : la Torah devient secondaire et le travail essentiel, et finalement ni l’un ni l’autre ne réussissent véritablement.
La Guemara continue dans ce même esprit en expliquant que les premières générations faisaient entrer leurs récoltes dans leurs granges afin de les rendre pleinement ‘hayav pour le maasser. En effet, ce qui rend totalement obligatoire le prélèvement, c’est lorsque la récolte entre de façon normale dans la grange.
Pour éviter de devoir donner le maasser, les générations suivantes faisaient entrer les récoltes par les cours ou par les toits, car tant qu’elles n’étaient pas introduites de manière habituelle – c’est-à-dire par les portes – certaines permissions de consommation demeuraient sans avoir prélevé le maasser, notamment pour nourrir les animaux.
Ces générations n’avaient pas compris que le maasser est lui-même le secret de la brakha. Elles pensaient économiser en donnant moins, alors qu’en réalité elles capitalisaient aux dépens de la bénédiction. Et c’est précisément ce qui a causé l’absence de brakha dans ce qu’elles possédaient.
Troisième sujet dans les deux parachiot, Béhar et Bé’houkotaï : la réussite et la défaite
Dans la paracha de Béhar, la Torah enseigne qu’en respectant la Chemita, l’homme mérite la réussite, tandis que s’il ne la respecte pas, cela le conduira à l’échec et à la perte. De la même manière, dans la paracha de Bé’houkotaï, il est indiqué que si l’homme étudie la Torah avec acharnement et accomplit les mitsvot, il méritera les bénédictions et l’abondance. Mais s’il ne suit pas ce chemin, alors l’abondance disparaît et, à la place, viendront les malédictions et les difficultés.
Dans ces deux sections, la Torah met en évidence une idée très forte : il existe des situations où la punition peut progressivement s’aggraver. Un homme peut perdre sa richesse, sa réussite et sa stabilité, et malgré tout ne pas être en mesure de comprendre le message qui lui est envoyé. Il persiste dans ses erreurs, et à cause de cela sa situation empire.
Cela vient enseigner que lorsqu’un homme refuse de comprendre que son éloignement de la Torah, sa négligence dans le prélèvement du maasser, son absence de bita’hon, ou son refus d’accomplir les mitsvot sont précisément la cause de ses échecs, alors HaKadoch Baroukh Hou ne le laissera pas dans cette illusion. Sa situation continuera à se dégrader jusqu’à ce qu’il ouvre enfin les yeux.
Où le voit-on cela ? Dans la paracha, la Torah décrit plusieurs étapes : un homme vend son champ, puis sa maison, puis il finit par se vendre lui-même comme serviteur, jusqu’à finalement être vendu à un goy ou à un lieu d’idolâtrie.
La Guemara (Kidouchin 20b) explique qu’il s’agit d’un homme qui n’a pas voulu respecter la Chemita et qui a vendu les fruits de la septième année alors qu’il n’en avait pas le droit. Sa punition commence donc par la perte de son champ. Lui qui refusait de reconnaître que la terre appartenait à Hachem et qui ne voulait pas se renforcer dans le bita’hon finit par perdre précisément ce à quoi il était attaché.
Mais même après avoir vendu son champ, il ne comprend toujours pas. Alors il doit vendre sa maison. Comme cela ne suffit toujours pas, il finit par se vendre lui-même comme serviteur. Et malgré cela, il ne change pas encore. Finalement, il est vendu à un non-juif et tombe dans une situation extrêmement difficile.
La Torah veut enseigner ici que tant qu’un homme ne se remet pas en question, sa situation peut continuer à s’aggraver. L’homme doit ouvrir les yeux rapidement et arrêter de s’enfoncer dans l’erreur afin de retrouver sa force et sa richesse. Car dans le Ciel, le but n’est pas de priver l’homme, mais de l’amener à comprendre.
La même idée apparaît dans la paracha de Bé’houkotaï. Après chaque série de malédictions, la Torah répète : « Si vous continuez à marcher avec Moi békéri… »
Rachi donne plusieurs explications sur le mot « békéri ».
1) Vous accomplissez les mitsvot de manière « provisoire », superficielle, sans constance ni sérieux.
2) Vous refusez de comprendre le message.
3) « Békéri » a la même racine que le mot « mikré », le hasard.
L’homme voit les difficultés, les épreuves et les malédictions, mais il se dit : « Ce n’est qu’un hasard. » Puis une autre difficulté arrive, puis encore une autre, et malgré tout il refuse toujours de se réveiller.
Ainsi, ‘has véchalom, un homme peut tomber très bas s’il n’est pas capable d’ouvrir les yeux et de comprendre ce que Hachem attend de lui.
C’est pour cela que Chlomo Hamélekh (Michlé 17,10) affirme qu’il vaut mieux une réprimande intérieure, un réveil personnel, que cent coups de bâton. Lorsqu’un homme possède la sagesse de se remettre rapidement en question, alors il peut se corriger avant que les choses ne deviennent plus graves.
Comme l’écrit le Rambam, l’homme ne doit pas être cruel envers lui-même ni envers autrui. Dès qu’il réalise que cela ne va plus, il doit immédiatement faire Techouva, se renforcer et se ressaisir. Alors il sera capable de mériter une grande brakha.
Les Tossafot (Ta’anit 9a) rapportent une histoire extraordinaire. Un homme prélevait toujours le maasser de son champ, champ qui produisait une récolte immense malgré sa taille réduite, et la quantité donnée au maasser était très importante. Avant de mourir, il dit à son fils : « Continue à faire exactement ce que je faisais. Continue à donner le maasser. »
La première année, le fils suivit ces instructions et préleva le maasser. Mais lorsqu’il vit l’énorme quantité qu’il devait donner aux Cohanim, il se dit : « Je pourrais garder tout cela pour moi. » Alors il arrêta.
Au fil des années, sa situation changea complètement. La récolte de son champ diminua progressivement jusqu’à ce qu’il ne pousse finalement plus qu’une quantité équivalente à ce qu’il donnait autrefois en maasser. Lui qui produisait énormément ne récoltait désormais plus que dix pour cent de ce qu’il avait auparavant.
Un jour, comme il se lamentait sur son sort, sa famille arriva habillée en vêtements de fête. Il leur dit avec amertume : « Vous êtes venus vous réjouir de ma situation ? – Non. Tu as causé toi-même ce malheur. Ton père t’avait pourtant averti. Avant, tu étais le propriétaire du champ et HaKadoch Baroukh Hou était, en quelque sorte, le Cohen : tu gardais 90 % et tu donnais seulement 10 %. Mais maintenant cela s’est inversé. HaKadoch Baroukh Hou a repris ce qui Lui appartenait, et Il ne t’a laissé que ce qui correspond au maasser. Désormais, tu es devenu comme le Cohen, et tu ne reçois plus que les 10 %. »
Quelle morale extraordinaire !
Lorsqu’un homme sait se réveiller à temps, comprendre les messages du Ciel et se renforcer avant que sa situation ne se dégrade, il n’a pas besoin de passer par les sanctions du Ciel pour ouvrir les yeux.
Pour voir jusqu’où peut aller la gaava qu’un homme peut avoir à cause de tous ses biens, la Torah vient nous rappeler que tout ce que l’homme possède vient d’Hachem.
Il y a une histoire comme ça : un jour, un immense camion transportait des marchandises très importantes. Comme la cargaison avait énormément de valeur, ils avaient bien gonflé les pneus du camion afin qu’il puisse arriver à destination dans les meilleures conditions.
Mais voilà qu’en arrivant devant un pont, le camion s’est retrouvé bloqué. Les pneus avaient été tellement gonflés que le camion a heurté le pont et s’est encastré dessous. Impossible d’avancer davantage.
Ils ont alors appelé les secours en urgence, mais personne ne savait quoi faire. Certains disaient :
« Il faut casser une partie du camion pour ne pas abîmer le pont. »
D’autres réfléchissaient à différentes solutions compliquées. Puis quelqu’un a proposé une idée toute simple :
« Pourquoi ne pas simplement dégonfler un peu les pneus ? Le camion passera tranquillement sous le pont. »
C’est pareil pour l’homme. Parfois, il se dispute, il s’embrouille avec les autres à cause de sa gaava. On dit qu’il a “les pneus gonflés”.
Il suffit simplement de dégonfler un peu cette gaava, de baisser un peu la tête pour passer sous le pont, et ainsi beaucoup de disputes peuvent se régler dans la paix.


