top of page

La Paracha Et Son Histoire: HAYE SARAH - comment changer son destin et trouver le véritable bonheur ?

il y a 11 minutes
16 min de lecture

Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.





 

En bref — Paracha Haye SarahLa Paracha Haye Sarah est la cinquième paracha du livre de Béréchit (Genèse), lue généralement au mois de Hechvan. Elle raconte la disparition de Sarah Iménou, l'achat du tombeau de Makhpéla et la recherche d'une épouse pour Ytshak. À travers Eliézer et l'héritage spirituel de Sarah, elle enseigne la confiance en Hachem, le dépassement de soi et la véritable richesse intérieure.

 

Paracha Haye Sarah : comment changer son destin ?

Dans la Paracha, Avraham Avinou désigne son serviteur Eliézer comme mandataire pour aller chercher une épouse pour son fils Ytshak. Une mission capitale, lorsque l’on sait que tout l'avenir du peuple d'Israël en dépend. Eliézer fait une allusion à Avraham Avinou et sous-entend que sa fille pourrait également être une prétendante idéale pour Ytshak. Eliézer avait déjà atteint un très haut niveau spirituel, ainsi que l'affirment nos Sages. Il maîtrisait son mauvais penchant tout comme son maître Avraham Avinou. Ainsi, Eliézer était parvenu par son travail personnel à affiner ses traits de caractère pour paraitre comme Avraham Avinou, à tel point que leurs visages avaient fini par se ressembler. Il s’était même élevé au niveau de transmettre les enseignements d'Avraham à ses élèves.

 

Pourtant, à l’occasion de cet épisode où Avraham enrôle Eliezer pour chercher une épouse pour Ytshak et que celui-ci, entrevoit de proposer sa propre fille, Avraham Avinou réplique sans équivoque : « Je suis désolé, mais tu es maudit. Un maudit ne peut s'unir à un béni. » En effet, Eliézer était maudit en vertu de la malédiction proférée par Noah à l’encontre de son fils Ham : « maudit soit Canaan, tu seras esclave de tes frères. »

 

Cette réponse d’Avraham ne semble pas affecter Eliézer, qui s’engage dans sa mission en toute confiance et s’y consacre pleinement. Il fait preuve d’une grande rigueur et ne se prête à aucune concession, bien que cela contredise ses intérêts personnels. Sa démarche pure et désintéressée, lui vaudra par la suite de sortir du statut de « maudit » pour gagner le titre de « béni » .

 

La question demeure :

 

Comment Eliézer est-il parvenu à gagner ce niveau ? Ainsi que nous l’enseignent nos Sages, Eliézer est compté parmi les quatre personnes qui s’élevèrent vivantes au Ciel, et il est non seulement devenu béni mais de plus, sa descendance a été intégrée au peuple d'Israël. Alors que tout ce qu'il avait accompli jusqu’alors n’avait pas suffi à le dégager de son statut de maudit, qu’est-ce qui, à cette occasion, lui a finalement permis de s’extraire de cette situation ?

 

La question trouve encore plus grande d’acuité lorsqu’on compare Eliézer à Lot, neveu d’Avraham, dont l’échec est flagrant. Ce dernier a accompagné Avraham, il était issu d'une famille épargnée par cette malédiction, pourtant, cela ne l’a pas empêché de terminer sa vie dans la honte et le mépris. Après les fautes immorales commises avec ses filles, les gens ne voulaient plus l'approcher de sorte qu’il fut complètement exclu du Peuple d'Israël. Depuis, les hommes issus de sa descendance ne peuvent se convertir et rallier le Peuple juif. En choisissant d’abandonner Avraham Avinou, il sera finalement banni du Peuple Juif.

 

Comment expliquer un tel décalage entre Lot, propre neveu d’Avraham avinou, et Eliézer, son serviteur ?

 

Les trois explications suivantes nous éclairent l’origine de la force de Eliézer.

 

Première explication : apprendre à donner plutôt qu'à prendre

Eliézer a agi à l’encontre de ses intérêts. Ham a été maudit pour avoir empêché son père de continuer à procréer. Il s'est dit : « Si Caïn et Hével se sont disputés pour partager le monde à deux, comment allons-nous pouvoir nous entendre pour le partager à trois, et demain à quatre ? » Il en arriva donc à cet acte monstrueux de castrer son père.

 

Une telle action prend sa source dans un défaut majeur : l’égoïsme d’une personne. Ce travers s’exprime chez celui qui cherche à tout s’accaparer. C'est le point de départ de tous les mauvais traits de caractère. Il est à l’origine de toutes les guerres et les conflits dans le monde. En constatant et en expérimentant cela, Noah réalisa combien Ham était dangereux. Il trancha qu’il convenait de lui retirer tous ses biens, et de le soumettre à autrui définitivement. Il espérait ainsi déjouer et améliorer son caractère. L'esclave ne possède rien de personnel, tout ce qu'il détient appartient à son maître.

 

Nos Sages nous enseignent qu’Eliézer était très intelligent. Il n'a pas cherché à fuir son sort. Il s’est dit : « Je suis maudit, je serai un esclave. Si je tombe sur un barbare ou un Koushi, je me retrouverais alors à travailler pour rien. Je préfère aller chez Avraham Avinou et devenir son esclave. » Nous constatons qu’Eliézer s’est engagé pour donner aux autres, spontanément, de son propre gré. C'est la première étape du chemin de la correction du défaut de son ancêtre. Cette démarche personnelle est ce qui lui permit d'évoluer et de s’élever à ce niveau.

 

Nos Sages nous instruisent que malgré tout, lorsque Eliézer propose que Ytshak se marie avec sa fille, il dévoile sa volonté de prendre. Il essaye à nouveau de tout orienter vers lui. C’est ce qui fait dire à Avraham : « Tu es maudit. » Par contre, le jour où il s’est engagé dans une démarche qui allait à l’encontre de ses intérêts, en partant chercher une femme pour Ytshak et en faisant tout pour mener à bien sa mission, conformément au souhait de son maître, il a accompli sa réparation. Et cette réparation consistait justement à se transformer en donneur, qualité qui s’oppose à ce travers de chercher à prendre. La démarche authentique de Eliézer au profit de Ytshak est ce qui dévoila le pureté de son intention. Savoir donner est la base qui permet la correction des traits de caractère, c'est la source du Chalom. C’est ce qui permit justement à Eliézer de se défaire du statut de maudit pour s’elever au rang de béni.

 

Deuxième explication : reconnaître ses erreurs pour se transformer

Eliézer était doté de cette sagesse de ne pas chercher à fuir son sort. Il arrive bien souvent, qu’une personne connaisse son défaut, qu’il soit conscient qu’il est dans l’erreur, qu’il sache qu’il a été maladroit dans son couple par exemple, ou tout autre domaine. Pourtant celle-ci n’est pas prête à reconnaître son erreur, et est toujours en quête de justifications… Un tel état d’esprit rend imperméable à toute réparation. C’est à ce sujet que nos Sages disent : « Oumodé veozev yerouham - Celui qui avoue, reconnaît et abandonne, sera pris en pitié ». Le verset dit : « Tu es puni parce que tu dis “Je n'ai pas fauté”. »

 

La force d’Eliézer, comme l’enseigne le Midrach, se trouve dans le fait qu’il a su reconnaître et accepter son statut d’esclave tout en réalisant que sa seule réparation possible consistait à se soumettre et s'investir au profit d’autrui. En allant s’employer chez Avraham Avinou, il a en même temps gardé à l’esprit sa devise de devoir se donner entièrement. Sur ce point, nos Sages s’expriment en ces termes : « En accomplissant sa mission avec Emouna, Eliézer est sorti du statut de maudit pour gagner le titre de béni ». » Sa rectitude et sa diligence dans l’accomplissement de sa mission portèrent leurs fruits. Lorsqu’un homme reconnaît ses défauts et assume jusqu’au bout de les rectifier, il s’élève et parvient à ce niveau de réparation complète.

 

Le sang de Zéharia : la reconnaissance de la faute et le pardon

Lorsque Névouzardan, le chef des armées babyloniennes, pénétra dans le Temple de Jérusalem pour accomplir sa destruction, il fut témoin d'un prodige terrifiant : une flaque de sang bouillonnait sur le sol sacré, comme animée d'une vie propre.

 

« Qu'est-ce que cela ? » demanda-t-il aux cohanim présents.

 

« C'est le sang des sacrifices », répondirent-ils, espérant dissimuler la vérité.

 

Mais Névouzardan n'était pas dupe. Il fit amener des animaux, compara leur sang à celui qui bouillonnait et déclara : « Non, ce n'est pas du sang animal. C'est du sang humain. »

 

Acculés, les prêtres durent révéler le terrible secret : durant les années où Israël s'était égaré dans la faute, le prophète Zéharia n'avait cessé de les exhorter au repentir, leur reprochant leurs comportements avec véhémence. Un jour, excédés par ses remontrances, les juifs s'étaient emportés et l'avaient assassiné sur place. Depuis ce meurtre sacrilège, le sang du prophète refusait de se taire - on avait beau le nettoyer, il réapparaissait sans cesse, bouillonnant d'une colère inextinguible.

 

Névouzardan résolut alors d'apaiser ce sang vengeur. Il fit massacrer des milliers de juifs sur cette même tache écarlate : les jeunes gens, les vieillards, les membres du Sanhédrin. Pourtant, malgré l'hécatombe, le sang de Zéharia continuait de bouillonner, implacable.

 

Exaspéré, Névouzardan s'écria enfin : « Écoute, Zéharia ! Veux-tu donc que je massacre tout ton peuple pour que tu te calmes ? »

 

À l'instant même où ces paroles furent prononcées, le sang cessa de bouillonner et s'apaisa.

 

Le Rav Yehezkel Levenstein explique qu’en réalité, Zéharia était prêt à pardonner depuis le début. Néanmoins, un pardon authentique ne peut être accordé qu'à celui qui reconnaît véritablement son erreur. Sans cette reconnaissance, point de repentir sincère, point de transformation du cœur. En prononçant cette phrase terrible — évoquant l'anéantissement total du Peuple — Névouzardan révéla l'immensité de la faute commise, une faute si grave qu'elle méritait un châtiment sans limite. Ce fut cette prise de conscience brutale qui permit enfin aux Enfants d'Israël de mesurer l'ampleur de leur crime. Alors seulement, Zéharia put accorder son pardon, et son sang, enfin, s'apaisa.

 

Troisième explication : ne jamais désespérer de son destin

Il s'agit de l'explication exceptionnelle rapportée par Rabbi Tzadok Hacohen au sujet du désespoir.

 

Rabbi Tzadok écrit qu'un Juif ne doit jamais désespérer, qu’il se représente face à sa faute ou face aux difficultés de la vie. Un Juif se situe au-delà du désespoir. L’exemple d’Avraham Avinou nous a enseigné que même si selon les astres, il ne pouvait avoir d'enfant, il n'a pas désespéré. Hachem lui a fait savoir qu’il était au-dessus du Mazal, au-dessus des astres, et que, contrairement au nations, qui en dépendent, il avait son destin entre ses mains et était en mesure de le contrôler et le changer.

 

Eliézer était l'exemple même de celui qui ne désespère jamais. Rabbi Tsadok explique qu'il est écrit que Avraham Avinou a pris 318 serviteurs pour faire la guerre. Nos Sages précisent qu’il n'y avait pas 318 serviteurs, mais uniquement Eliézer, dont la valeur numérique du nom est 318. Dans ce cas, pourquoi la Torah précise-t-elle ce nombre 318 ? Il explique que le mot « yéhouch – désespoir » a pour valeur 317. Eliézer a pour valeur 318 car il a démontré qu'il était au-dessus du désespoir. Lorsque Avraham s’engagea dans la guerre contre des rois très puissants, il avait besoin de quelqu'un qui ne désespère pas, qui ne faiblit pas devant la difficulté. Eliézer était la personne toute trouvée. C'est ce qui explique que ce nombre 318 soit mentionné, pour signifier qu'il est parti avec cet élément au-dessus du désespoir. Eliézer nous transmet-là, un message fort. Même en tant que maudit, en situation statique, Eliézer n'a jamais abandonné. Il est même parvenu à s’élever au rang de béni. Cela nous enseigne qu'il n'y a pas lieu de désespérer. Lorsqu'un homme ne désespère pas, il finit par aboutir.

 

La Guemara raconte que les serviteurs de Rav Nahman ont volé une poutre à une femme et l'ont installée dans la maison. Cette femme est donc venue se plaindre au Beit Din de Rav Nahman en criant sa fureur : « On m'a volé ma poutre. » Le Rav trancha : « Il faut lui rembourser sa poutre. » Elle répondit : « Il n’en est pas question ! Je ne veux pas qu'on me rembourse la poutre. Je veux ma poutre ! Il ne vous reste plus qu’a démolir la maison pour me la rendre. » Rav Nahman dit : « Cette femme est véhémente par nature, ne l'écoutez pas. » Et là, elle s'est mise à crier : « Comment cela ? Une femme dont le père avait 318 serviteurs, et vous ne l'écoutez pas ? » Rav Nahman répondit : « C'est ainsi, nos Sages ont tranché que si cela a déjà été construit dans la maison, on n'a pas l'obligation de donner la poutre. On peut rembourser la valeur de la poutre. »

 

L'explication de cette histoire est la suivante : elle disait que pour que vous puissiez garder la poutre, il faudrait que je désespère de récupérer ma poutre. Mais moi, je suis la fille d'Avraham Avinou qui avait 318 serviteurs. Cela a pour sens que 318 est supérieur à 317, qui est la valeur numérique du mot « yéoush - abandon ». Moi, en tant que fille d'Avraham Avinou, je n’abandonne jamais. Lorsqu’elle exprima qu'elle était la fille de celui qui avait 318 serviteurs, elle voulait dire : « Moi, je ne désespérerai jamais. »

 

Paracha Haye Sarah : entre avoir et être, le secret du bonheur

A propos du verset « Chenei Haye Sarah - les années de la vie de Sarah » - Rachi dit : « Koulam chavim Létova » - toutes les années de vie de Sarah Iménou se passèrent dans le bonheur et le bien.

 

La question soulevée à l’unanimité est la suivante :

 

Après toutes les épreuves que traversa Sarah iménou, comment est-il possible d’affirmer que toutes ses années de vie se passèrent dans le bonheur et le bien ?! Et cela, d’autant plus que selon certains avis, elle serait justement morte en apprenant la nouvelle du sacrifice de son fils Ytshak. Selon d'autres commentaires, Sarah Iménou mourut après avoir compris que son fils Ytshak n’avait pas été jugé apte au sacrifice. Quoi qu’il en soit, avec toutes les épreuves qu’elle traversa durant sa vie, comme le fait de ne pas avoir d’enfants pendant de très longues années, ou encore lorsqu’elle fut capturée à deux reprises, par Pharaon et Avimelekh, où elle dut bénéficier de miracles pour être sauvée… Comment prétendre que toute sa vie se passa dans le bien ?

 

En s’appuyant sur les écrits du Rav Dessler, il y a lieu de considérer qu’il existe dans la vie le ‘Ocher - la richesse, et le Ocher - le bonheur. Le bonheur ne découle pas de la richesse. Si l'on interrogeait tous ceux qui semblent posséder tout ce qu'ils désirent pour savoir s'ils sont heureux, ils ne répondraient pas forcément par l’affirmative comme on pourrait le penser, mais plutôt par la négative. Comment expliquer cela ? Il existe une réalité de la nature humaine ; celui qui possède peu en veut davantage, et celui qui possède beaucoup en veut toujours plus. Par ailleurs, les épreuves proviennent parfois de la réussite elle-même, ou d'autres causes qui empêchent l’accès au bonheur. C’est pourquoi, la seule voie vers la véritable plénitude réside dans un bonheur spirituel.

 

Cette idée se fonde sur deux types de qualités : celles, extérieures et celles, intrinsèques. Les éléments extérieurs désignent ce qui ne nous appartient pas réellement, comme la richesse, les honneurs ou la force physique. Ce sont des attributs reçus. Ils n'appartiennent pas véritablement à l'être humain. En revanche, il existe des qualités intérieures qui elles, constituent la grandeur et la dignité authentique de la personne. Ce sont précisément ces traits de caractère qui procurent à l'homme une véritable satisfaction.

 

Comme l'explique le Maharal sur la Michna « Eizehou achir ? Hassaméah béhelko – Qui appelle-t-on un homme riche ? Celui qui se satisfait de son sort. Eizehou guibor ? Hakovech ett yitsro – Qui appelle-t-on un homme fort ? Celui qui parvient à maîtriser son penchant. Eizehou hakham ? Halomed mikol adam – Qui appelle-t-on Sage ? Une personne qui apprend de chacun. »

 

Cette Michna n’a pas pour vocation de proposer de nouvelles définitions à la réalité selon laquelle un riche possède de l'argent et un homme puissant est celui qui est doté d’une force physique. Il s’agit d’une recherche différente qui ne vise pas forcément à définir ce que l’on a dans la vie, mais avant tout, ce que l'on est : avoir et être sont deux choses bien distinctes. La Michna nous enseigne que posséder de nombreux biens n’est pas synonyme de la vraie richesse, qu’être pourvu de force physique ne symbolise pas la véritable force. En revanche, lorsque ces qualités résident en la personne, elles lui appartiennent intrinsèquement, et c'est là, ce qui constitue le secret de son bonheur véritable.

 

Lorsqu'un homme parvient à fonder l'essentiel de sa satisfaction autour de qualités personnelles, spirituelles, autour d’une richesse d'actions et de Mitsvot, les épreuves extérieures, liées à ses « possessions aléatoires » ne parviendront pas à le perturber et l'attrister. Cette dimension fut celle de Sarah Iménou qui fit passer au second plan les épreuves qu’elle traversa, aussi inquiétantes furent-elles. Et selon la version de certains commentateurs, il se peut même que la seule chose qui l’ait attristée au point d’en mourir, fut précisément que Ytshak n'ait pas été sacrifié en vertu d’un « possible défaut ». Quant à ceux qui affirment que Sarah craignit de perdre son fils, d’un avis unanime, tous s’entendent pour dire qu’il s'agissait à ses yeux d'un réel privilège d’avoir été choisie pour offrir son fils à Hachem.

 

L'histoire des deux pierres précieuses : la richesse des valeurs

Il était une fois en Russie un homme immensément riche nommé Dvaïs. Il possédait une vaste propriété à la campagne et consacrait une grande partie de sa fortune au soutien des Yéchivot. Un jour d'hiver, une saison où les visiteurs se faisaient rares, le Rav Elhanan Wasserman vint le trouver. La Yéchiva du Rav à Baranovich traversait une crise financière grave, une véritable situation d'urgence. Il partit pour se rendre chez ce grand philanthrope, espérant gagner ses faveurs au profit de ses institutions de Torah. Après avoir marché longuement dans les champs, ses pieds couverts de boue, le Rav arriva à la demeure du bienfaiteur. Par souci de ne pas salir l'intérieur, il frappa discrètement à la porte arrière de la cuisine, désireux d’entrer par l'office.

 

Lorsque le maître des lieux l'aperçut, il s’en trouva fort contrarié. « Comment se fait-il que vous entrez dans la maison par ce coté ? » demanda-t-il. Le Rav, surpris, répondit : « Quel mal y a-t-il à cela ? » Le maître de maison s'expliqua : « Par souci éducatif, je ne souhaite pas que mes filles voient le Rav entrer par la porte de service, destinée aux livreurs et au personnel. Dans ma maison, si les ministres entrent par la porte principale, il ne convient certainement pas que les hommes de Torah entrent par un autre accès. Je vous en prie, permettez-moi de vous demander de faire le tour. » Le Rav objecta : « En fait, mes souliers sont couverts de boue… je ne voudrai pas me trouver mal à l’aise à l’idée de salir vos précieux tapis. » L’homme répliqua sans hésiter : « Peu importe mes tapis, salissez-les autant qu’il le faudra. Pour moi, l'honneur de la Torah prime sur toute autre considération. » Le Rav obéit alors à son hôte, il fit le tour, entra par la porte principale et salit effectivement l'intérieur. Le maître de maison était empli de cette fierté d'avoir reçu chez lui le Rav avec tous les honneurs, permettant à ses filles de réaliser la dimension du respect dû à la Torah.

 

Quelques années plus tard, lors des révolutions qui secouèrent la Russie, les bolcheviques confisquèrent toute la fortune de cet homme. Il se retrouva dépouillé de tout, vivant dans la plus grande simplicité. Pourtant, cet homme ne perdit jamais sa joie de vivre. Tous s'étonnèrent : « Comment est-ce possible ? Un homme qui occupait une position si élevée, qui a tout perdu, devrait être accablé de tristesse ! » Il répondait avec sérénité : « Je possède deux pierres précieuses, mes deux filles qui ont épousé de grands Raché Yechiva. Ils diffusent la Torah et ont fondé des familles exemplaires. Ce sont là mes deux pierres précieuses. Je ne les ai jamais perdues. Je suis donc toujours riche. »

 

Voilà l'exemple d'un homme qui avait bâti sa richesse sur de véritables valeurs.

 

Rabbi Eliézer ben Dordaya : le pouvoir de la Téchouva

Eliézer ben Dordaya avait commis d'innombrables fautes tout au long de sa vie. Un jour, il entendit dire qu'il n'aurait pas de part au monde futur. Cette révélation le bouleversa et décida alors de se repentir. Dans son désespoir, il implora l'aide des montagnes, puis des nuages, ensuite du ciel, de la terre, du soleil et de la lune. Mais chacun lui répondit qu'il ne pouvait rien pour lui. C'est alors qu'il comprit cette vérité fondamentale : « La chose ne dépend que de moi. »

 

Il plaça sa tête entre ses genoux et pleura avec une intensité telle, son repentir fut si profond et sincère, que son âme s'éleva vers le Ciel. À cet instant, une Voix Céleste retentit et proclama : « Rabbi Eliézer ben Dordaya est invité au Monde Futur. »

 

Le Maharal soulève une question troublante : pourquoi l'appela-t-on « Rabbi » ? C'était un grand pécheur ! Certes, son repentir fut accepté, mais en quoi mériterait-il le titre de Rabbi ? Le Maharal explique que Rabbi Eliézer ben Dordaya a légué au Peuple juif un enseignement d'une valeur inestimable : même plongé dans les abîmes de la faute, un homme ne doit jamais désespérer. C'est précisément pour cette raison qu'il mérita le titre de Rabbi. Il devint un exemple vivant pour tous ceux qui se sentent écrasés par leurs erreurs, par leurs malédictions, par leur condition de « maudit ». Il démontra qu'il n'existe pas de de désespoir absolu. Un Ben Israël possède toujours une âme juive, et quelle que soit sa situation, il peut toujours revenir vers le bien. Le jour où Eliézer ben Dordaya se dit « cela ne dépend que de moi », et où il reconnut pleinement sa condition, à ce moment précis il s'éleva si haut, qu’il fut en mesure de racheter son Monde Futur et même aller jusqu’à obtenir le titre de Rabbi.

 

Le roi Hizkiyahou : ne jamais désespérer de la miséricorde divine

Le roi Hizkiyahou tomba gravement malade et se trouvait aux portes de la mort. Le prophète Yechaya vint à lui et lui annonça sans détour : « Tu vas mourir. » Le roi, bouleversé, demanda : « Pourquoi ? » Le prophète répondit : « Parce que tu ne t'es pas marié. » Hizkiyahou se justifia : « Je ne me suis pas marié car j'ai vu dans une vision prophétique que j'aurais des enfants mauvais, des enfants impies. » Yechaya rétorqua fermement : « Tu n'as pas le droit de te mêler des comptes d'Hachem. Tu as la Mitsva de te marier, tu aurais dû accomplir ce commandement divin sans plus réfléchir. »

 

À ces mots, Hizkiyahou réalisa la gravité de sa faute. Il comprit qu'il était puni de mort et risquait même de perdre son monde futur. Dans un ultime espoir, il dit à Yechaya : « Avec ta permission, je te propose d’épouser ta fille, peut-être qu’ainsi, nos mérites réunis sauveront la situation et éviteront plus de mal. » Mais Yechaya lui répondit avec tristesse : « Il est trop tard. Le décret à ton encontre est déjà prononcé. »

 

Alors, Hizkiyahou déclara à Yechaya : « Reprends ta prophétie et rentre chez toi ! Car moi, j'ai reçu de mon ancêtre, le roi David, cet enseignement : même si une épée est déjà posée sur le cou d'une personne, elle ne doit jamais désespérer de la Miséricorde divine. » Même face à un décret déjà scellé, même l'épée levée, il ne faut jamais désespérer de la Clémence divine.

 

Et le miracle se produisit. Non seulement D-ieu guérit Hizkiyahou, mais Il accomplit pour lui un prodige extraordinaire : Il fit reculer le soleil de plusieurs heures. Le monde entier fut témoin de ce phénomène. De toutes parts, on vint féliciter le roi. Il fut guéri, épousa la fille de Yechaya et eut des enfants. Tout cela pour démontrer qu'il existait une tradition transmise par le roi David à ses descendants et à tout le Peuple d'Israël qui affirme que même dans la situation la plus dramatique, il ne faut jamais, jamais désespérer.

 

Questions fréquentes sur la Paracha Haye Sarah

Que signifie le nom Haye Sarah ?

« Haye Sarah » signifie « La vie de Sarah ». Bien que la paracha commence par l'annonce de sa disparition, son titre souligne l'importance de sa vie et de son héritage spirituel.

 

Où se trouve la Paracha Haye Sarah dans la Torah ?

Elle se trouve dans le livre de Béréchit, de Genèse 23,1 à 25,18. Elle constitue la cinquième paracha du cycle annuel de lecture de la Torah.

 

Pourquoi Avraham achète-t-il la grotte de Makhpéla ?

Avraham acquiert la grotte de Makhpéla, à Hévron, auprès d'Éfron pour y enterrer Sarah. Cette acquisition occupe une place importante dans l'histoire des Patriarches et du lien du peuple juif avec la Terre d'Israël.

 

Qui est Rivka dans la Paracha Haye Sarah ?

Rivka est la fille de Betouel et la sœur de Lavan. Elle devient l'épouse de Ytshak et l'une des quatre Matriarches du peuple d'Israël.

 

Pourquoi Eliézer demande-t-il un signe près du puits ?

Eliézer cherche à reconnaître une jeune femme généreuse et attentive aux besoins d'autrui. Le fait que Rivka propose de lui donner à boire ainsi qu'à ses chameaux révèle ses qualités de bonté et d'hospitalité.

 

 
 

🌍Saint Mandé

📖 Paracha : Ḥayei Sarah / חיי-שרה

🕯️ Chabbat : 17:04 → 18:11

📅 Date : 27 Heshvan 5787

bottom of page