Conseils et segoulot pour un Jugement favorable et béni Roch Hachana - 10 jours de penitence partie 3
- Or Torah | LDEJ

- 22 sept. 2025
- 27 min de lecture
La Mitsva et son histoires 2
L'importance de ce grand jour
Roch Hachana occupe une place fondamentale dans le judaïsme, tant dans la vie des Tsadikim que dans celle de chaque Juif. Ce jour figure parmi les plus importants de l'année, avec des répercussions qui s'étendent sur toute l'existence d'un homme et sur son éternité. Trois livres s'ouvrent à Roch Hachana : celui des Tsadikim – les Justes, celui des Rechaim - les méchants, celui des Bénonim – les gens moyens, de bonne volonté. Comme l'expliquent les Tossafot, ce jugement concerne également le monde futur.
Cette dimension extraordinaire préoccupe naturellement nombre de personnes qui cherchent des remèdes et tous genres de moyens pour annuler les mauvais décrets et bénéficier d'une année remplie de bonheur et de réussite dans tous les domaines et à tous les niveaux.
Depuis l'époque du Talmud, les Sages de la Torah se sont efforcés de révéler les secrets de ce jour et les moyens de le réussir. À chaque génération, les Tsadikim ont consigné dans leurs ouvrages des idées et des conseils précieux. Il convient de distinguer entre les remèdes, les conseils et les actions qui entraînent un véritable changement.
Un jour, quelqu'un vint demander au Rav Eliahou Schneor chlita, doyen des Rachei Yechivot françaises : « Quelle Ségoula peut-on utiliser pour le Yom Hadin ? » Le Rav se mit à rire et répondit : « Il n'y a pas de Ségoulot, il faut faire Téchouva ! » Cette réaction illustre l'esprit suivant : avant de rechercher les solutions faciles qui sont également proposées, il faut d'abord comprendre le véritable travail de ce jour et identifier les bonnes décisions à prendre pour obtenir une année bénie et annuler tout décret néfaste.
Les fondements donnés par la Torah
La Torah nous a d'abord ordonné la mitsva du Chofar, comme nous l'avons expliqué dans le chapitre correspondant. Cette mitsva possède une puissance remarquable en faveur de l’annulation des décrets et au mérite de l’obtention d’un bon jugement. Elle constitue la mitsva principale du jour. Nos Sages de mémoire bénie, nous ont révélés de nombreux conseils. Le livre du Rav Karlinstein propose de judicieuses recommandations pour sortir méritants le jour du jugement. Les Sages ont également préconisé des aspects techniques, comme les Simanim que nous avons détaillés précédemment.
Le Ben Ich Haï recommande vivement d’aborder ce jour dans la joie et la bonne humeur notamment en rentrant chez soi le soir de Roch Hachana après les prières.
Il conseille de réciter plusieurs fois le verset suivant : " ויזרע יצחק בארץ ההיא וימצא בשנה ההיא מאה שערים - Yitshak sema dans cette terre-là, et il trouva cette année-là cent fois la mesure" (Berechit 26 ;12)
Ce passage symbolise la Parnassa. En effet, malgré une année particulièrement difficile, notre patriarche Yitshak sema et récolta cent fois plus que ce qu'il avait semé. Plusieurs versets cités dans les livres de prières spécifiques à Roch Hachana constituent de bonnes Ségoulot à réciter ce soir-là, en arrivant à la maison.
Ne pas manquer les opportunités
Il faut percevoir Roch Hachana comme un jour d'opportunité exceptionnelle.
Nous sonnons le Chofar pendant tout le mois de Elloul, bien que cela ne soit pas une obligation de la Torah, en mémoire du ait que lorsque Moché Rabbénou monta chercher les secondes Tables de la Loi, au début du mois de Elloul, le son retentissant du Chofar fit trembler tout le Peuple. Comment expliquer cette terreur alors que les Bnei Israel se réjouissaient de recevoir les secondes Tables ?
Le Torat Avraham révèle que ce Chofar les fit trembler parce qu'il leur rappela qu'ils avaient perdu l'opportunité des premières Tables de la Loi. Cela les éveilla à la vigilance nécessaire pour saisir cette fois, l’occasion exceptionnelle de recevoir les secondes. Ainsi, Roch Hachana est un jour si grandiose qu'il peut nous apporter un bonheur immense pour cette année, pour la vie et pour l'éternité. Nous devons donc l'accueillir avec une joie profonde et la volonté de le réussir au plus haut niveau.
Chaque fondement, chaque conseil et chaque révélation transmise par nos Sages pour annuler les décrets ou saisir les bonnes occasions de l'année, mérite d'être exploité pleinement. C'est la raison des sonneries du Chofar, faire trembler l'homme de sorte qu’il se dise : « Je dois rester vigilant pour ne pas manquer les occasions qui se présentent lorsque le Roi est présent devant moi et que j’ai la possibilité de Lui demander tout ce dont j’ai besoin. »
La parabole ci-après, illustre parfaitement cette notion :
Un roi voulut connaître l'opinion de ses sujets à son égard. Il se déguisa en homme simple et parcourut la ville pour écouter.
Il aperçut un homme assis qui pleurait. S'arrêtant, il lui demanda ce qui lui arrivait. L'homme hésita d'abord, puis finit par confier : « Demain, je comparais en jugement devant le roi. Je risque gros… Le décret peut être très lourd, et pourtant je n'ai rien fait de mal. » Après avoir entendu toute l'histoire, le roi lui dit : « Ne t'inquiète pas, tout ira bien. »
Le lendemain, au tribunal, l'homme reconnut avec stupeur celui qui l'avait consolé la veille : le roi en personne ! Bien que le roi l'eût acquitté, l'homme se mit à pleurer. Quand on lui demanda pourquoi, il répondit : « Le roi était assis sur le même banc que moi hier. J'aurais pu lui demander tout ce que je voulais, mais je me suis contenté de demander d'être sauvé. J'avais l'opportunité de demander le bonheur, l'argent, la Parnassa, une maison, tout ce dont j'ai besoin ! »
Voilà comment nous devons envisager ce jour : certes, nous prions ardemment pour que D-ieu annule tous les mauvais décrets, mais c'est aussi un jour d'opportunité où l'homme peut demander la grandeur spirituelle et matérielle, tout ce qu'il peut souhaiter : la santé, la Parnassa. Le Chofar du mois de Elloul nous rappelle de rester vigilants et de ne pas rater ces précieuses opportunités.
Segoulot de Roch Hachana
Parmi les ségoulot conseillées
il est recommandé de se lever tôt et d’éviter de dormir afin de mériter un bon mazal.
On a également l’usage de réciter deux fois par jour le Mizmor Lédavid Hachem Ori ; le dire au moment de l’ouverture du Héhal à Roch Hachana constitue une très grande ségoula pour obtenir une abondante parnassa et une bonne santé, comme l’enseigne le Hida.
Selon certaines coutumes hassidiques, on achète un couteau neuf ou on aiguise ses couteaux la veille de Roch Hachana comme ségoula pour la parnassa.
De plus, certains ont l’habitude de préparer des ‘halot rondes pour cette fête.
Une autre ségoula importante est de ne pas s’énerver du tout à Roch Hachana, même dans des moments de grande tension. Cela constitue un signe de bénédiction générale pour toute l’année.
On a également l’usage de réciter les versets rapportés par le Ben Ich ‘Haï, le soir, en rentrant à la maison, avant le Kiddoush.
Le Rav Rahim Falaji enseigne aussi la ségoula de la tsédaka : celui qui ouvre sa main pour donner la tsédaka n’aura pas besoin d’ouvrir sa main chez les médecins. Il souligne que la tsédaka possède une force extraordinaire, en particulier durant ces jours. Il met en garde : il ne faut pas se montrer comme pauvre, car du Ciel, on peut décider de laisser ainsi celui qui se présente de cette manière. Si Hachem a béni l’homme, il doit montrer qu’il est prêt à participer à toutes les mitsvot du jour et à se montrer généreux.
Dix conseils fondamentaux pour Roch Hachana
1/ Etre Maavir Al Midotav – Céder, ne pas être pointilleux – Passer sur les offenses qui nous sont faites…
"Kol hamaavir al midotav maavirin lo al kol pechaav" - Celui qui sait laisser passer, qui ne se s’acharne pas à vouloir être respecté, qui n'est pas rancunier, qui sait pardonner et travaille ses traits de caractère, voit toutes ses fautes pardonnées.
Rabbenou Yona qualifie cette qualité comme étant « une lueur d’espoir pour le jour du Jugement ». Le Rav Moché Cordovero écrit que celui qui est Maavir Al Midotav obtient le pardon de toutes ses fautes, et qu’une telle qualité surpasse tous les jeûnes et souffrances que l'homme pourrait avoir à endurer. Il nomme cette qualité « une pierre précieuse dont on ne peut comprendre ni apprécier la portée et les effets. »
Celui qui s'engage à ne pas se sentir offensé et à toujours pardonner dispose-là, d'un remède extraordinaire pour le Yom Hadin. Le Hida cite au nom d'un Kadmon, le Torat Acham : « Celui qui facilement passe sur ce qui lui est dit ou fait, ne se venge pas et recherche la paix, obtient non seulement le pardon de toutes ses fautes, mais mérite aussi que soit accomplis en sa faveur des miracles et des prodiges. Il est préservé de tout mal, gratifié d’une longue vie, exaucé dans ses prières, le monde se maintient grâce à lui et il mérite même la Torah. » Il ajoute : « Il convient d’être également patient et pardonner vis-à-vis de sa femme et ses proches. A travers cette légère souffrance, il méritera un bonheur inestimable. »
Deux raisons expliquent la validité de cette vertu :
1/ Chaque homme possède un quota de souffrances à subir dans sa vie pour réparer ses fautes. La douleur causée par les affronts et le mal que les gens peuvent nous occasionner étant très profonde, lorsqu’un homme l'accepte et reconnaît que cela vient du Ciel, cela l’épargne des souffrances ou difficultés, et le gratifie de ce qu'il désire.
2/ Cela fait référence à la notion de « mesure pour mesure » utilisée dans la Torah : lorsqu’une personne a pardonné, on lui pardonne. Ainsi se comporte Hakadoch Baroukh Hou envers l’homme.
L'histoire suivante, rapportée dans la Guemara, illustre parfaitement ce principe : Durant une famine, Rabbi Eliezer se plaça face à la Teva pour prier en faveur de l’arrêt de la famine. Malgré ses multiples supplications ferventes, il ne fut pas exaucé. Rabbi Akiva agit de même et fut immédiatement entendu. Une voix Céleste se fit entendre et dit : « L'un n'est pas plus grand que l'autre, mais l'un est Maaavir Al-Midotav, l'autre ne l'est pas. »
Rav Israël Salanter explique que Rabbi Eliezer n'était pas Maavir Al-Midotav non par rancune – D-ieu nous en préserve, mais parce que sa ligne de conduite suivait celui de Beit Chamay qui prônait la rigueur en toute chose. Malgré les qualités élevées de Rabbi ELiezer, il lui manquait donc cet atout de « mesure pour mesure ». Rabbi Akiva, en revanche, privilégiait le pardon dans sa conduite de vie, ce qui lui valut de mériter cette réciprocité divine.
2/ L'amour des mitsvot
Celui qui accomplit les mitsvot avec amour et précision, bénéficie d'une protection particulière. Nos Sages enseignent : les détails de la mitsva écartent les malheurs. Le Messilat Yécharim explique que celui qui honore les mitsvot de Hakadoch Baroukh Hou mérite en retour que Hakadoch Baroukh Hou lui accorde tout ce qu'il mérite, l'élevant au statut de « fils » face à Hachem. Or un fils mérite énormément de choses et est tout particulièrement comblé.
Nos Sages affirment : « Celui qui accomplit la mitsva dans sa perfection, voit tous ses décrets annulés. » Ce principe se trouve dans la Guemara Roch Hachana, qui s'interroge sur la raison de sonner deux fois le Chofar, sonner en position assise et également debout. La Guemara répond : « Pour troubler le Satan, pour qu'il ne puisse en rien nous accuser. » Rachi explique : « Quand le Satan voit que les enfants d'Israël aiment les mitsvot, cela le fait taire, il ne peut plus rien dire. »
Lorsque nous nous rendons à la synagogue, accomplissons les mitsvot comme il se doit, donnons généreusement la Tsedaka et prouvons notre amour pour chaque mitsva par des actions concrètes et pas seulement intellectuelles, que nous investissons dans les mitsvot avec amour en recherchant leur perfection, cela fait taire le Satan. Comment pourrait-il dire du mal d'un fils à son père, quand ce fils obéit avec amour à toutes les demandes de celui-ci ?!
Nos Sages commentent ainsi ce verset de la Birkat Cohanim : « Yaher Hachem Panav Elekha - Que D ieu illumine Sa face vers toi » : Quand les anges reprochèrent à D-ieu de favoriser Ses enfants, Il répondit : « Lorsque Je demande à Israel d'accomplir une mitsva, ils la réalisent bien au-delà de Mon attente. Quand Je leur demande de réciter le Birkat Hamazon une fois rassasiés, ils n'attendent pas justement d'être rassasiés, ils le font dès la consommation d’une quantité d'un kazayit de pain. » Ainsi le fait d'accomplir les mitsvot avec perfection et amour fait taire le Satan.
Cette idée transparaît dans l'épisode de Rabbi Chimon Bar Yohaï et Rabbi Elazar à la sortie de leur grotte. Initialement irrités contre les gens qui perdaient leur temps à travailler la terre ou faire tous genres d’actes matériels, leur colère se dissipa lorsqu‘ils virent un vieil homme courir avant Chabbat avec deux branches de myrte pour exprimer pour l’une, l’idée de « Zakhor – tu te souviendras » et pour l’autre « Chamor- tu garderas ». Ils déclarèrent alors : « Si les mitsvot sont si chères aux yeux des enfants d'Israël, ils méritent toutes les bénédictions et se placent au plus haut niveau de mérite. »
3/ La Tefila
Nos Sages ont établi : « ou-Téchouva, ou-Tefila ou-Tsedaka Maavirin Et Roa Hagzerah – Le repentir, la prière et la charité annulent les mauvais décrets ».
Rachi nous enseigne dans la Guemara Roch Hachana qu'une année pauvre à son début s’enrichit à sa fin. Il précise : « Qu'est-ce qu'une année pauvre à son début ? Lorsque les enfants d'Israël se sentent pauvres dans leurs prières et prient de tout leur cœur, à la manière dont prient les pauvres. » Cela a pour sens de ressentir que nous sommes démunis de tout et ne possédons rien sans Hakadoch Baroukh Hou. Hachem nous procure tout ;
sans Son intervention, tout ce que nous possédons n'est rien. Si D-ieu ne protège pas une ville, aussi vigilants soient ses gardiens, ils ne peuvent la protéger, même avec les meilleures et plus puissantes armes.
L'homme qui se présente à Roch Hachana, s’il ressent que sans l'amour d'Hachem, sans Ses bienfaits, il ne possède rien ; s’il supplie Hachem dans ses prières de toutes ses forces, tout comme s'il ne possédait rien, à la manière de l’indigent qui manque de tout, prouvant ainsi que tout ce qu'il détient provient du Maître du monde ; s’il fait dépendre sa réussite d’Hakadoch Baroukh Hou, cela engendre tacitement le fait que Hachem se rattache à son besoin, à sa demande, et lui accorde une Bénédiction sans limites.
Celui qui prie avec ferveur, concentration et supplication ainsi que l’exprime le verset « Nos yeux ne dépendent que de Toi », et dit « Accorde-nous Ta grâce en Ta faveur D-ieu Vivant - lemaankha Elokim Hayim », exprime une prière sincère et intentionnelle.
Les livres insistent sur l'importance de prier plus longuement à Roch Hachana, avec davantage de ferveur et de conviction. La Tefila possède la force d'ouvrir toutes les Portes et d'envoyer à l'homme le meilleur de Sa bénédiction.
La grandeur de ces jours réside, comme l'enseignent nos Sages, dans le fait que la prière y est mieux acceptée que tous les autres jours. « Dirchou Hachem Behimatso Kirouhou Bihyoto Karov » - ces jours-là, Hachem écoute particulièrement les prières du Klal Israël et en fait une nouvelle créature.
4/ La lecture des Tehillim
Les Tehillim détiennent un pouvoir particulier pour déchirer tous les décrets.
Nos saints livres enseignent que les Tehillim recèlent une force spéciale pour être entendus dans le ciel. C'est pourquoi il est conseillé de terminer au minimum deux fois le livre de Tehilim ce mois de Elloul, dont le nombres de mizmorim 150, multiplié par deux est 300.
Ce nombre correspond justement à la valeur numérique du mot « Kaper – Pardonner ».
Il existe même une Ségoula difficile à réaliser, mais dont les miracles connus témoignent de l'efficacité : terminer deux fois le livre des Tehilim la nuit de Roch Hachana ! Cela aurait pour vertu d’ouvrir toutes les portes. Évidemment, cela ne devra pas perturber la prière du lendemain.
Les Tehilim déchirent toutes les barrières, tous les accusateurs, et ont la capacité d’accorder à l’homme et à tout le Klal Israël des bénédictions sans limites.
Comme l'écrit le Baal Yessod Yossef : « Qu'il ne paraisse pas léger à tes yeux de réciter une lecture fixe de Tehillim quotidiennement, c’est ce qui explique qu’ils soient appelés « mizmorim » - parce qu'ils tranchent les kelipot pour qu'elles ne puissent accuser l’homme avant qu’il ne commence à prier. De plus la lecture des Tehillim engendre de multiples réussites et saluts pour le monde. »
Le Malbim écrit dans son introduction au commentaire des Tehillim : « Ce Saint des Saints, cette précieuse salle des trésors, emplie de sainteté ainsi que de kavod et de puissance au plus haut niveau, renferme en elle tous nos biens les plus chers depuis les temps anciens [...] Il contient aussi des segoulot précieuses et des trésors cachés, des remèdes et des élixirs de vie, et les clés vers les portes du Ciel. »
Les jours les plus propices pour la lecture des Tehillim sont : le Chabbats, Roch Hodech, les jours de fête et le mois de Elloul. « Heureux l'homme qui étudie les Psaumes, car leur récitation à trois moments est particulièrement propice : le Chabbat, à Roch Hodech et les jours de fête, et plus encore en Elloul » (Hemdat Yamim).
5/ La Tsédaka
La Tsédaka détient une force particulière, spécialement pendant ces ces jours. Rav Yitshak enseigne dans la Guemara qu'il existe quatre choses qui déchirent les mauvais décret émis à l’encontre d'un homme, parmi elles figure la Tsédaka. Le propos de nos Sages est bien connu « Tsédaka Tatsil Mimavet - la Tsédaka sauve de la mort. »
Célèbre est l’histoire de la fille de Rabbi Akiva qui illustre cette vérité. La fille de Rabbi Akiva était vouée à mourir le jour de son mariage mordue par un serpent. Le jour du mariage arriva. Après la fête, la jeune mariée enleva son épingle de cheveux et la planta dans la fissure du mur avant d’aller dormir.
Le lendemain matin, lorsqu’elle reprit l’épingle, elle découvrit qu’elle avait transpercé… la tête d’un serpent venimeux caché dans le mur. Ainsi, elle fut sauvée d’une mort certaine.
Étonné, Rabbi Akiva lui demanda :
– « Qu’as-tu fait de spécial pour mériter un tel miracle ? »
Elle répondit :
– « Hier soir, pendant le repas du mariage, un pauvre est venu demander à manger. Personne ne lui a prêté attention, alors je lui ai donné ma propre portion. »
Rabbi Akiva conclut alors avec cette célèbre phrase :
« La tsedaka (charité) sauve de la mort »
La Tsédaka possède une force particulière pour annuler tous les mauvais décrets. Elle détient même cette spécificité de nous épargner de toute tension car le résultat est garanti et produit ses effets.
La mitsva de Maasser – de prélever la dîme sur ses revenus revêt également une importance particulière ces jours-là, car elle constitue le plus valeureux remède pour la Parnassa. Nos Sages enseignent : "Asser kédé chetitacher – prélève ton maasser si tu désires t’enrichir. Les livres mentionnent que le mois de Elloul était celui où l'on procédait au Maasser Béhéma. Rav Haim Faladji écrit que c'est le moment où chacun doit faire ses comptes et donner ses Maasserot.
Quelqu'un qui émet des vœux sans les honorer commet une grave négligence. C'est la raison pour laquelle nous annulons tous les Nedarim avant Roch Hachana, pour ne pas comparaître devant Hachem comme celui qui promet sans tenir parole. Tout le Maasser et toute la Tsédaka que l'homme donne pour la Torah l'associent à Hakadoch Baroukh Hou et génèrent une bénédiction particulière.
Deux points fondamentaux :
Le Baal Hatourim commente le verset (Devarim 25 ;11) "פָתֹחַ תִּפְתַּח אֶת־יָדְךָ לְאָחִיךָ לַעֲנִיֶּךָ וּלְאֶבְיֹנְךָ בְּאַרְצֶךָ - Tu ouvriras ta main à ton frère, au pauvre et au nécessiteux dans ton pays." Et relève et s’interroge la redondance de la Torah concernant le mot "פתח" ! car Hakadoch Baroukh Hou ouvre les Portes du ciel pour agréer les prières de celui qui ouvre sa main. Il n’est rien de plus important que de pratiquer la Tsédaka, donner le Maasser et accomplir de bonnes actions en ces jours où nous voulons que nos prières s’élèvent au ciel. Ce sont des choses élémentaires et tellement simples, pourtant elles détiennent ce potentiel de non seulement sauver l'homme de décrets négatifs, mais de plus, lui apporter la richesse, la bénédiction et la Parnassa.
Le Or Hahaim Hakadoch commente ainsi le même verset « Patoah – Tiftah » : Patoah - si toi, tu ouvres, alors Tiftach - Hakadoch Baroukh Hou t'ouvrira les Portes de l'abondance. L'ouverture de la mains de l'homme lui ouvre les portes divines.
C'est pourquoi Maïmonide écrit que les enfants d'Israël ont coutume, depuis Roch Hachana jusqu'à Kippour, de largement donner de la Tsédaka et de multiplier les bonnes actions, car ils savent que c'est là le secret d'une année de bonheur et de mérites.
Un autre point important : le Midrach rapporte que le premier nom que Hakadoch Baroukh Hou révéla à Moïse fut « Ehyé Acher Ehyé ». Le Midrach s’interroge sur le sens de ce Nom d’Hachem, et explique ainsi : « Je serai avec toi comme toi tu es avec les autres ». Il ajoute : « Si tu ouvres tes mains pour la donner la Tsédaka, alors Moi aussi J'ouvrirai Mes mains pour te bénir. » La Tsédaka et le Maasser constituent le secret du bonheur, de la richesse et de la bénédiction.
6/ La Téchouva
La Téchouva, tout particulièrement durant ces jours, détient une force inouïe. Le Midrach commente le verset « Tik’ou Bahodech Chofar » : « Ba’hodech » signifie « Hadchou Maasekhem - renouvelez vos actions » ; « Chofar » vient de « Chaperou Maasekhem - améliorez vos actions ».
La Téchouva particulière de Roch Hachana se concentre sur la prise de nouvelles résolutions, car ce jour-là, D-ieu distribue à chacun les moyens d'assumer ses devoirs. Plus un homme décide d'être un bon serviteur et de faire davantage de choses, plus Hakadoch Barouh Hou lui accorde tout ce dont il a besoin pour être heureux, pour recevoir Sa bénédiction et lui fournir tous les moyens qui lui sont nécessaires.
Comme l'écrit Rabbeinou Yona, ces jours-là, nous devons délaisser quelque peu nos affaires pour nous occuper de faire Téchouva, scruter nos actes, noter sur papier ce que nous devons réparer et ce que nous voulons corriger. Rav Israël Salanter affirme que chaque bonne décision prise en ces jours produit des effets prodigieux en faveur de la personne et inexprimables en terme de bienfaits dont elle bénéficie et de malheurs et problèmes dont elle s’épargne.
Ces jours représentent notre engagement de nous présenter devant Hachem. Rav Yitshak révèle un secret prodigieux à partir de la Guemara : Hakadoch Baroukh Hou juge l'homme selon ses actions le jour-même de Roch Hachana. Quand bien même il aurait des fautes qu'il prévoit de réparer plus tard et compte sur le jour de Kippour pour obtenir son pardon, si ce jour-là il prend sur lui de bonnes décisions et des engagements fermes pour l’avenir, alors Hakadoch Baroukh Hou l’épargne, de même qu’Il fit avec Yichmael, fils d’Avraham et de Hagar. Bien que ses descendants allaient causer beaucoup de mal au peuple d'Israël et que les anges ne voulaient pas que D-ieu l'aide, Hachem trancha selon son statut positif à ce moment précis, sans tenir compte de l’avenir. Il le jugea favorablement en cette occasion.
Cet exemple nous engage à concentrer toute son énergie ce jour-là pour embellir et améliorer notre comportement.
Cette parabole moderne illustre parfaitement l'importance de la Téchouva :
Un homme possédait dans son usine, une machine produisant 300 bouteilles en plastique par heure. Un jour, il acquit de nouvelles machines produisant 1000 bouteilles par heure, ce qui lui assura une belle Parnassa. Mais voilà qu'un jour les machines se détériorèrent quelque peu. La production diminua jour après jour : de 1000 bouteilles, elle tomba à 800, causant d’énormes pertes. Il fit appel à des ingénieurs, mais impossible de réparer. Un jour, un ami arriva d'Israël, un homme qui étudie la Torah. Au vu de la situation, il demanda avec insistance : « Laisse-moi voir. » Il éteignit les machines, se munit d’un tournevis, réalisa quelques petits ajustements, et la machine repartit, dépassant les mille bouteilles par heure. « Qu'as-tu fait ? » demanda le propriétaire stupéfait. « En fait, ce n'était ni la pompe, ni les moteurs. Il fallait tout juste resserrer les vis. Les rouleaux, en tournant, sautaient légèrement car ils étaient desserrés, ce qui ralentissait le tapis et causait les pertes. »
Les choses se passent de la même manière à Roch Hachana. Avant tout, un homme doit renforcer tout ce qu'il fait de bien, il doit se renforcer dans la Téchouva, puis prendre de nouvelles décisions. Chaque bonne décision concrète produit des effets incroyables, car il n'y a rien de plus puissant que la Téchouva pour annuler tous les décrets et apporter le bonheur à l'homme.
Tous les Richonim - Rabbenou Yona, le Hinoukh - ont enseigné que HKBH nous a offert ces jours en cadeau précisément pour que nous puissions nous purifier, faire Techouva et nous procurer tout le bien et le bonheur. D-ieu souhaite donner à l'homme tout ce qu'il désire, mais c'est l'homme malheureusement, qui fait obstacle et ne prépare pas les outils nécessaires à la réception de ce bien. En faisant Techouva, l'homme ouvre toutes les voies, tous les canaux, tous les réceptacles possibles pour se transformer en une source de toutes les bénédictions.
7/ Amen Yehei Chémei Rabba
Nos Sages enseignent que quiconque répond Amen Yehei Chémei Rabba « békol koho – de toutes ses forces » verra même un décret négatif de 70 ans déchiré et les portes du Gan Éden s'ouvrir pour lui. Rachi et Tossefot expliquent l’expression « Bekol Koho » :
l'un dit littéralement de toutes ses forces (sans cependant surpasser la voix de l'officiant), l'autre dit « avec toute sa Kavana ».
Celui qui est animé d’une volonté profonde d'exprimer et de voir la Gloire de Hachem se propager, se développer et être honoré, et crie cela du fond de son cœur, verra tous les décrets déchirés.
Le jour de Roch Hachana est le jour des Malkhouyot, des royautés. La guémara nous enseigne que pour être jugé favorablement et être béni, il faut dire devant Hachem : Malkhouyot, Zikhronot et Chofarot. Et comme le dit le Ramhal, prier Hachem afin qu’Il dévoile sa royauté constitue toute notre force et notre bonté le jour du jugement. Celui qui, ces jours-là et même ceux qui précèdent, se renforce et exprime avec davantage de ferveur dans sa prière la Royauté d'Hachem, prenant sur lui de faire de glorifier Son Nom par son comportement et ses actions, verra tous les mauvais décrets à son encontre déchirés, et sera béni.
8/ Vivre pour les Autres
Rav Israel Salanter et de nombreux Maîtres du Moussar ont versé beaucoup d’encre à propos du fait qu'un homme ne doit pas seulement vivre pour lui-même, mais faire en sorte de s’investir pour les autres, se mettre à leur portée et leur être utile. Rav Israel Salanter insiste vraiment sur ce point dans son livre Or Israel. Il y exprime l’idée qu’un homme doit se consacrer aux besoins de la communauté pour mériter un jugement favorable. La valeur numérique du mot Tsibbour équivaut à celle du mot Rahamim.
Rav Simcha Zissel a également écrit que si un homme désire être acquitté et obtenir un jugement favorable, il lui faudra avoir un rôle utile dans la collectivité, qu’il se préoccupe et prenne en charge les problèmes de ses semblables spirituellement et matériellement, de sorte qu’il soit indispensable aux autres. Dès lors, il acquiert le statut du Klal Israël, du Tsibbour. On ne l’observe plus simplement en tant qu’individu, mais comme une fraction du Klal Israël, ce qui est source de bénédiction et de réussite.
Le Rav Dessler enseigne que le premier jour de Roch Hachana concerne la personne elle-même, tandis que le deuxième jour évalue combien elle est utile aux autres pour lui accorder les moyens en conséquence.
Pour illustrer ce principe, mentionnons l’histoire de la Chounamite, cette femme qui hébergea le prophète Elicha. Avant de partir, ce dernier lui demanda comment la remercier et s'il devait exprimer une demande en sa faveur au roi. Le Zohar Hakadoch dit que c'était le jour de Roch Hachana et que le roi en question, c’était HKBH. Le prophète d'Israël lui dit : « Veux-tu que je parle pour toi au Palais du roi ? » Elle répondit : « Je suis parmi mon peuple. » Elle ne voulait pas qu'il prie pour elle individuellement, car seul, il est difficile d’être agréé compte tenu de toutes les erreurs et fautes qui nous entachent. Elle demanda à être considérée comme faisant partie du peuple, du groupe.
Comme le mentionne le Hafets Haïm, les gens pensent parfois qu'en agissant pour le Klal Israël, ils perdent au change, qu'ils agissent au détriment de leurs enfants, de leurs affaires personnelles. C’est tout l’inverse en réalité. Non seulement ils ne perdent rien, mais ils obtiennent une Aide toute particulière du Ciel dans tous leurs besoins personnels.
Le Rav Wolbe écrit que lorsqu’un homme est dévoué à la communauté et aux autres, cela vient révéler son altruisme, sa bienveillance, sa générosité de cœur. Cet homme n’est pas exclusivement centré sur lui-même. Ses qualités sont la bonté, la patience, l’amour des autres et la Crainte du Ciel. Sa Torah est une vraie Torah. A l’inverse, la personne égoïste révèle toutes les traits de caractères négatifs : la cruauté, l’orgueil, la recherche des honneurs, la cupidité, la colère, la jalousie etc.
Un homme qui pense aux autres, à leur enseigner la Torah, à éduquer ses enfants, à être généreux, un soutien pour la Torah sur laquelle le monde repose, qui pense à rapprocher le peuple d'Israël de son Père au Ciel, à aider dans les synagogues à diffuser la Torah – est pourvu des qualités essentielles qui lui sont favorables.
Le Pont
Deux hommes étaient en même temps frères et très amis. Un jour, le Yetser Hara sema une grande dispute entre eux et ils se séparèrent au point qu'un frère creusa un fossé entre son jardin et celui de son frère pour l'empêcher de s'approcher.
Un jour, un menuisier frappa à la porte et lança : « J'ai du temps libre ces jours-ci, je suis menuisier, auriez-vous besoin de moi ? » Le frère réfléchit et dit : « Oui, je voudrais que tu me construises une barrière en bois entre ma maison et celle de mon frère, pour qu'il n'ose plus venir chez moi. Il a creusé un trou, de mon côté, je poserai une barrière. » Il ajouta : « Dans l’immédiat je dois m’absenter quelques jours, je reviens à la fin de la semaine, j'espère que le travail sera terminé. »
À son retour, il remarque qu'à la place d'une barrière, le menuisier a construit un pont. Il s'apprête à s’irriter contre le menuisier lorsqu’il il voit son frère arriver vers lui. Son frère traverse le fossé en empruntant le pont et lui dit : « Comme tu es merveilleux, mon frère ! Moi, j'ai creusé un fossé, toi, tu as établi un pont. Cela m'a tellement touché que je veux faire la paix avec toi. » C’est ainsi qu’ils se réconcilièrent.
Le menuisier s'apprêtait à partir, il ramassait encore ses affaires quand ils lui dirent : « Ne pars pas, reste, nous avons encore du travail pour toi. »
Il leur répondit : « J'ai encore beaucoup de ponts à construire, je m’en vais construire des ponts entre des frères et des amis. »
Voici une l’illustration d’une personne qui consacre sa vie à aider les autres.
Rav Nahumke de Horodna
Le Rav du Hafets Chaim, Rav Nahoumke de Horodna, était un Tsaddik d’une dimension impressionnante… à peine croyable. Il bénéficia même du dévoilement d'Eliahou Hanavi et
atteignit un niveau exceptionnel. Pourtant, toute sa vie, il alla collecter de l'argent pour soutenir les pauvres, bien que ce ne fût pas à son honneur. Il les aidait, passait de maison en maison. On ne cessait de lui répéter : « Comment est-ce possible ?! Tu n’es pas fait pour cette tâche... » Il répondait : « Si HKBH se dérange pour nous donner tout ce dont nous avons besoin, ne devons-nous pas faire de même nous aussi, pour Ses enfants ? »
9/ L'Étude de la Torah
Il s'agit d'un engagement plus général : se renforcer dans l'étude de la Torah et surtout dans le labeur à déployer pour apprendre la Torah. Cela explique pourquoi cela peut porter ses fruits le Jour du Jugement.
1/Il est écrit dans le Yalkout sur Parachat Toldot que le père d’un enfant qui étudie la Torah est rempli de miséricorde à son égard. De même, Hakadoch Baroukh Hou est remplit de miséricorde envers celui qui étudie la Torah. L'étude de la Torah nous ouvre les portes de la miséricorde.
Comme l'a dit le roi David dans Tehilim (119:77) : « Que Ta miséricorde s’étende sur moi et je vivrai, car Ta Torah est ma joie. » Le Rav Yossef Haim Zonnenfeld fait même remarquer que sont juxtaposés les versets « leMichpatekha Amdou Hayom Ki Hakol Avadekha – Pour Ton jugement ils se lèvent aujourd'hui, car tous sont tes serviteurs » (119:91), qui a la même valeur numérique que Roch Hachana, à « Loulé Toratekha chaachouay az avadeti beoni - Sans Ta Torah qui fait ma joie, j'aurais succombé dans ma misère ».
2/ Selon le Gaon de Vilna, ainsi que nous le formulons dans la prière, « im kebanim, im keavadim – que nous soyons tes fils ou tes esclaves », il existe deux niveaux, celui de fils et celui d'esclave. Quand un homme étudie la Torah, il s’élève au niveau du fils. Or un père a davantage de pitié pour son enfant qu'un maître pour son esclave.
3/ Le Rav Karlinstein écrit : La Tora est l’antidote au Yetser Hara. « Barati yetser hara, barati lo Torah Tavlin – J’ai créé le Yetser hara, J’ai créé la Torah, comme remède à son action ». La méthode la plus efficace pour briser le Yetser Hara, c'est l’étude de la Torah. Et lorsque depuis le Ciel on peut observer que le Yetser Hara a été mis en pièces, on sait que l’homme observera le droit chemin et cela appelle à la Miséricorde divine.
Il est rapporté que le Rabbi de Kotsk étudiait le livre « Ketsot Hahochen » avant les sonneries du Chofar.
4/ Il est écrit que l’étude de la Torah permet d’atteindre la vraie Techouva. Comme dit le Rambam, les sonneries du Chofar viennent nous réveiller en clamant : « Introspectez vos actions, réveillez-vous de votre sommeil. » La base de la Techouva àa pour origine la Torah, comme il est écrit « kehou imakhem devarim vechouvou el Hachem – prenez avec vous des paroles et revenez vers Hachem » - le mot « devarim » utilisé évoque les divrei Torah. L’étude de la Torah permet de pardonner les fautes, même les plus graves, comme l'écrit le Gaon de Vilna.
5/ La guémara Brakhot nous enseigne que l’étude de la Torah permet l’agrément de nos Tefilot, tandis que le temps perdu par rapport au temps d’étude de la Torah empêche nos Tefilot de s’élever au Ciel. La guémara exprime qu'un homme dont la Tefila n'a pas été agréée et qui en est déçu devrait aller étudier la Torah, car l'étude de la Torah permet son agrément.
Le Midrach rapporte que HKBH désire que les Bnei Israël fournissent des efforts et peinent dans l’étude de la Torah. C’est alors qu’Il écoute leurs prières.
6/ La Torah rallonge la vie. Comme l'écrit le Zohar Hakadoch, celui qui étudie la Torah, voit tous les mauvais décrets annulés même s'il était destiné à mourir. Le Ginzei Hamelekh explique que même si un homme n'a plus d'années à vivre car lui a été fixé un quota précis, en étudiant la Torah, il s’attache à l'Arbre de Vie. Pour illustrer ce principe, il est écrit « orekh yamim ouchenot hayim yosifou lakh - longévité et nombres d’années de vie te seront ajoutés », et les Pirkei Avot mentionnent « Guedola Torah chenotenet hayim Leosseha – Grande est la Torah car elle procure la vie à ceux qui la pratiquent » - la Torah en soi, accorde des années de vie à l'homme.
Le Tana Debei Eliahou écrit qu’un homme qui aurait commis énormément de fautes mais fait Techouva, s’il lit Torah, Neviim, Ketouvim, Michna, Halakhot , Agadot, et sert les Talmidei Hakhamim, même si furent décrétés à son encontre 100 mauvais décret, HKBH les épongera et lui accordera le sort glorieux des Tsadikim dans le Monde Futur.
Le Or Hahaim ajoute que ceux qui soutiennent la Torah ont également ce mérite de pardon de leurs fautes et de bons décrets.
Le Taz
Un jour, le Taz – le Touré Zahav – était plongé dans son étude lorsqu’une femme éperdue entra précipitamment en criant que son fils était très malade et même au bord de la mort. Elle réclamait son aide pour sauver son fils . Le Taz répondit : « Mais je ne suis pas D-ieu, comment veux-tu que je le sauve ? » Elle répondit : « Non, je ne te demande pas à toi cette grâce, je la demande à ta Torah, car D-ieu, la Torah et Israël ne font qu'un ! » Le Taz lui répondit alors : « D'accord, dans ce cas, ce Limoud Torah que j'étudie en ce moment sera un cadeau pour ton fils. » L'enfant guérit, conformément à ce qui est écrit : « oubadavar haze taarikhou yamim – et par cette parole, seront prolongés vos jours ».
En résumé, par nos efforts et le mal que l’on se donne dans l’étude de la Torah, il nous est possible de récolter une bonne année :
1/ parce que cela mène à la Techouva et déchire les mauvais décrets ;
2/ parce qu’au Ciel, on se comporte avec la personne selon l’Attribut de Miséricorde.
10/ Miséricorde et Bonté
« Kol hamerakhem al habriot, merahamim alav min hachamayim - Celui qui a pitié des autres et pratique envers eux la Bonté est pris en pitié par le Ciel. »
Chmouel et Avelet allaient dans la forêt lorsqu’ils rencontrèrent un juif. Avelet vit dans les astres que cet homme-là allait être piqué par un serpent. Chmouel lui dit : « Nous, avec nos mérites, nous sommes au-delà du Mazal. » Ils attendirent le soir et l'homme revint. Chmouel lui demanda d'ouvrir sa charge. Un serpent coupé en deux gisait mort, à l'intérieur.
« Quelle mitsva as-tu accomplie ? » lui demanda-t-il. L'homme répondit qu'il y avait quelqu'un qui n'avait pas amené son repas et que, pour qu'il n'ait pas honte, il avait divisé équitablement les repas, permettant à tous de manger. Grâce à cela, il avait été protégé.
Un Ben Israël doit être empli de pitié envers les autres, animé de Hessed. Concernant le Jugement Céleste, le Messilat Yecharim écrit : « Celui qui fait du Hessed verra le Hessed dispensé pour lui dans le Ciel. » Plus un homme multiplie les actes de bonté, plus il a de chances d’être sauvé, car on ne sait pas quel mérite nous permettra de traverser le jugement. C’est pourquoi nous prions en disant : « Kotvenou besefer zakhouyot – inscris-nous dans le livre des mérites. »
Lorsqu’un homme est affecté d’une maladie ou d’une difficulté quelconque, lorsqu’un enfant se blesse à D-ieu ne plaise, l’on aurait tellement voulu l'éviter. Il existe un principe qui énonce la réalité suivante : « Celui qui porte les valises des autres verra ses valises portées. » C'est écris dans la Torah et éprouvé : un homme qui agit avec bonté envers les autres verra HKBH agir de même envers lui lorsqu’il en aura besoin.
Le Saba de Slabodka
Un jour, à l’approche de Roch Hachana, le Saba de Slabodka parla à ses élèves plus durement que jamais. Ceux-ci en ressortirent imprégnés de l'image d'un Roch Hachana très dur. Ils l'appelèrent « l'Eloul noir » tant il leur avait parlé sévèrement.
À la fin, il leur dit : « Mais attention, sachez que celui qui sourit aux autres, qui est bienveillant envers autrui, bénéficiera d’un jugement aussi lisse et soyeux que la crème, sans aucune anicroche. » Les élèves s’en étonnèrent, mais il leur transmit ce message : la miséricorde sur terre engendre la miséricorde au Ciel.
Extraordinaire
Cette histoire est rapportée de source sûre. Rav Simcha Zissel de Kelm rêva que Rabbenou Yona arrivait dans la ville. Tout le monde sortit l'accueillir et ils se rendirent à la synagogue. Lui aussi voulut entrer, mais on ne le lui permit pas.
Il objecta : « Mais comment est-ce possible ? J'ai beaucoup étudié la Torah », mais ils ne prêtèrent pas attention à lui. « J’ai eu de nombreux d'élèves », ils n'écoutèrent pas plus. Il dit alors : « Je suis le père de Rav Velvel » [c’etait le nom de son fils]. On lui dit : « Ah, tu es son père, entre. » Et ils le firent entrer pour assister au discours de Rabbenou Yona.
Il se réveilla et appela son fils le lendemain matin : « Quel mérite as-tu acquis pour que je fasse un rêve pareil ? » Le fils répondit : « Je crois que c'est grâce aux chaussures. »
Il raconta que ses chaussures étaient abîmées et qu'après avoir longtemps attendu pour les changer, il avait économisé sous après sou, pour amasser suffisamment d'argent et acheter une belle paire de chaussures. Un jour, un pauvre arriva, frappa à la porte et demanda à manger. Il lui donna à manger.
Le fils poursuivit son récit : « J'ai vu que ses chaussures étaient très abîmées. Je me suis dit qu'au lieu de m’offrir ce luxe de changer mes vieilles chaussures, je ferai mieux de donner mes chaussures à ce pauvre qui en avait tellement besoin. » Il lui donna ses chaussures. Son père lui dit : « Il est clair que cet acte de miséricorde m’a permis dans le rêve d’assister au discours de Rabbénou Yona ».
En conclusion,
Ces dix recommandations et conseils – passer sur ses traits de caractère, aimer les mitsvot, se renforcer dans la Tefila, lire les Tehillim, pratiquer la Tsédaka et faire Téchouva, être utile aux autres, étudier la Torah, multiplier les actes de bonté et de miséricorde – constituent des voies éprouvées pour transformer Roch Hachana en source de bénédictions et de bonheur.
Chacun représente une dimension essentielle du service divin, crée une opportunité unique de se rapprocher d'Hakadoch Baroukh Hou et a la possibilité d’accéder à un jugement favorable pour l'année à venir.
Chana Tova Oumetouka !


