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La Paracha Et Son Histoire: CHELAH LEHA Emouna, responsabilité et élévation spirituelle

Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.


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Sujet 1 : Les véritables motivations de la faute des explorateurs : le kavod et la peur du changement

Cette paracha traite principalement de la faute des explorateurs. Une grande question se pose dès le début : comment ces explorateurs, qui étaient pourtant de grandes personnalités, ont-ils pu commettre une telle erreur ?

Ainsi, Yehochoua apparaît en cinquième position dans la liste des explorateurs, car certains étaient considérés comme encore plus importants que lui. Après avoir assisté à tant de miracles, comment ces hommes ont-ils pu décourager les Bnei Israël d’entrer en Erets Israël ? Comment ont-ils réussi à leur faire peur, à aller à l’encontre de la parole de Hachem et de Moché Rabbénou, et finalement à manquer de Emouna et tenir des propos négatifs envers Hachem ?


La première explication rapportée par les Sages est développée dans le Messilat Yécharim. Elle concerne le danger du kavod : la recherche des honneurs. Celui qui poursuit les honneurs s’expose à de très grandes difficultés. Même si le kavod est souvent imaginaire et sans véritable valeur, lorsqu’un homme s’y attache, il peut malheureusement en venir à commettre de très graves fautes.

Le Messilat Yécharim écrit à ce sujet : « Beaucoup ont trébuché et ont été perdus à cause de cela. » Il cite notamment l’exemple des explorateurs, de Kora’h, de Bilam et de bien d’autres.

Les explorateurs ont craint qu’en entrant en Erets Israël, ils perdent leur statut de Nessiim. Même un homme d’un niveau très élevé peut succomber à cette épreuve. Le Talmud rapporte que Rabbi Yossi disait (Menakhot 109b) : « Avant qu’on m’accorde une position importante, si quelqu’un me l’avait proposé, je lui aurais jeté un verre d’eau froide. Mais une fois que je l’ai obtenue, si quelqu’un avait voulu me l’enlever, je lui aurais jeté de l’eau bouillante. »

On retrouve la même idée avec Chaoul. Lorsqu’on voulut le nommer roi d’Israël, il se cacha, car il ne se sentait pas digne de cette fonction. Mais une fois devenu roi, quand il comprit que David devait lui succéder, il le poursuivit et chercha à le tuer, incapable d’accepter de perdre sa place.

Le Messilat Yécharim explique que, dès qu’un homme a goûté aux honneurs, il doit travailler très sérieusement sur lui-même. Sinon, cela peut fausser totalement son jugement, et l’amener aux plus grandes erreurs.


Une deuxième explication est rapportée. Les commentateurs cherchent à comprendre pourquoi les explorateurs pensaient qu’ils perdraient leur statut en entrant en Erets Israël, alors qu’ils avaient justement été choisis pour cette mission.

La réponse est liée à la différence fondamentale entre la vie dans le désert et celle en Erets Israël. La Torah dit (Vayikra 19,23) : « Lorsque vous entrerez en Erets Israël, vous planterez des arbres. » Cette mitsva concernait ceux qui allaient s’installer sur la terre d’Israël.

La conduite dans le désert était tout autre. Tout y était spirituel et dirigé directement par le Ciel : la manne tombait du ciel, les Nuées de Gloire entouraient le peuple, tout provenait de Hachem. Les Bnei Israël vivaient à un niveau spirituel extrêmement élevé, éloignés des préoccupations matérielles.


En entrant en Erets Israël, ils allaient réaliser le véritable but de la Création : labourer, semer, planter et travailler la terre. Et à travers ces activités matérielles, révéler la sainteté, honorer Hachem et accomplir les mitsvot.

C’était une nouvelle étape. Et également l’une des raisons pour lesquelles Moché Rabbénou ne les a pas accompagnés en Erets Israël. Le niveau du désert correspondait à son exceptionnelle grandeur spirituelle. Pour l’étape suivante, il fallait un dirigeant différent, comme Yehochoua, capable de guider le peuple dans une réalité où les miracles seraient moins visibles et où la sainteté devrait être construite au cœur même de la vie matérielle.

Les Nessiim comprirent qu’ils n’auraient plus leur place dans cette nouvelle réalité. Ils correspondaient au mode de vie du désert, où l’on voyait chaque jour la main de Hachem à travers les miracles. Ils pensaient ne pas être adaptés à une existence plus matérielle. C’est pourquoi ils estimèrent qu’il valait mieux rester dans le désert avec Moché Rabbénou, continuer à voir quotidiennement la main de Hachem, bénéficier de la manne, du puits et des Nuées de Gloire. Selon eux, il était préférable de conserver ce niveau spirituel exceptionnel.

Ils cherchèrent donc à dissuader les Bnei Israël d’entrer en Erets Israël. Leur erreur fut de ne pas comprendre que le but de la Création n’était pas de rester dans la spiritualité du désert. Le véritable objectif était justement de faire face au monde matériel, de l’élever, de combattre le mal et d’accomplir les mitsvot propres qui lui étaient propres.

Leur faute fut de vouloir décider par eux-mêmes ce qui leur paraissait préférable, au lieu de suivre la volonté divine.


Deuxième sujet ; En quoi consistait réellement la faute des Méraglim?

Une autre question se pose : quelle fut exactement leur faute ?

Après tout, ils avaient été envoyés pour observer la terre et faire un constat, vérifier si elle était facile d’accès, si elle était bonne, comment étaient ses habitants, et recueillir toutes les informations nécessaires. A leur retour, ils rapportèrent simplement ce qu’ils avaient vu. Pourquoi leur comportement a-t-il donc été considéré comme une faute ? Pourquoi leur reproche-t-on d’avoir affirmé qu’Erets Israël était difficile à conquérir et que les Bnei Israël auraient beaucoup de mal à s’y installer ?

Plusieurs réponses sont apportées par les Richonim à ce sujet.

Selon le Ramban, la faute des Méraglim réside dans le fait qu’ils ajoutèrent leur propre interprétation à ce qu’ils avaient vu. Ils déclarèrent : « Efess ki az haam hayochev baarets », c’est-à-dire que le peuple qui habite cette terre est extrêmement puissant, et qu’il est pratiquement impossible de la conquérir.

Or leur mission consistait uniquement à rapporter les faits : dire si les habitants étaient forts ou faibles, si les villes étaient fortifiées ou non. Ils n’avaient pas le droit d’ajouter leur propre conclusion ni d’exprimer un avis qui risquait d’affaiblir la Emouna des Bnei Israël. Ils sont donc allés au-delà de leur mission et ont transmis un message de découragement, laissant entendre qu’il était impossible de réussir malgré la promesse de Hachem.

Le Baal Haakéda donne une autre explication.

Selon lui, le rôle des Méraglim était de décrire les qualités de la terre afin de donner envie au peuple d’y entrer. Ils devaient simplement informer les Bnei Israël de ce qu’ils avaient observé. Cependant, au lieu de se limiter au rôle d’observateurs, ils donnèrent leur avis et conseillèrent le peuple. Or, les conseillers existaient déjà : Hachem Lui-même leur indiquait la direction à suivre, ainsi que Moché Rabbénou.

En affirmant : « Nous pensons que ce n’est pas une bonne idée d’entrer dans cette terre », ils dépassèrent les limites de leur mission et donnèrent un mauvais conseil. Ceci est comparable à une personne que l’on envoie examiner un produit, afin de vérifier simplement ses caractéristiques. Si elle revient en essayant de convaincre de ne pas l’acheter, alors qu’on ne lui a pas demandé son avis, elle est sortie du cadre de sa mission.

Le Chlah Hakadoch apporte encore une autre explication.

Selon lui, Hachem attendait des Méraglim qu’ils renforcent la Emouna du peuple. Ils devaient montrer que, même si naturellement, la conquête semblait impossible, avec l’aide de Hachem tout devenait réalisable. Leur rôle était d’élever les Bnei Israël à une vision qui dépasse les lois de la nature. Mais ils choisirent d’analyser la situation uniquement à travers une logique naturelle : les forces militaires, les villes fortifiées et les obstacles matériels, puis ils conclurent en fonction des critères habituels de ce monde.

Ainsi, au lieu d’élever le peuple au-dessus de la nature (Lemaala min hatéva), ils le ramenèrent à une vision limitée par la nature.

D’après ces différentes explications, leur faute est toujours la même dans son essence :

  • Selon le Ramban, ils ajoutèrent un discours contraire à la Emouna.

  • Selon le Baal Haakéda, ils fournirent un conseil qu’ils n’avaient pas à donner.

  • Selon le Chlah Hakadoch, ils remplacèrent une vision fondée sur la Emouna par une vision purement naturelle.

L’enseignement qui en ressort est que l’homme doit apprendre à vivre avec la Emouna et s’appuyer sur Hachem.

Comme le dit le verset (Téhilim 55,23) : « Hachlekh al Hachem yehavekha » – Décharge-toi de ton fardeau sur Hachem.

Le Gaon de Vilna explique cela par l’image d’un homme portant une charge tellement lourde qu’il n’arrive pas à la soulever, il s’adresse alors à quelqu’un d’autre pour qu’il l’aide. De la même manière, les Bnei Israël auraient dû placer leur confiance entre les mains de Hachem et compter entièrement sur Lui pour entrer en Erets Israël et la conquérir.


Troisième sujet : Apprendre des événements : la leçon de Myriam et la gravité de faire souffrir autrui

Les Sages posent la question suivante : pourquoi le récit des Méraglim est-il placé juste après l’épisode où Myriam parla de son frère ?

Les explorateurs avaient pourtant vu que Myriam avait reçu une punition très sévère. Malgré cela, ils n’en tirèrent aucune leçon et eux aussi parlèrent du Lachon Hara.

On apprend ici quelque chose d’extraordinaire : un homme doit savoir tirer des enseignements de ce qu’il voit autour de lui. Lorsqu’il assiste à un événement ou voit quelqu’un être puni pour une faute, il ne doit pas considérer cela comme un cas isolé ou rester indifférent. Il doit comprendre qu’un message lui est également adressé.

Les Sages enseignent que celui qui voit une Sota dans sa déchéance doit immédiatement prendre sur lui certaines résolutions, au point même de devenir Nazir. Cela démontre qu’un homme doit réfléchir aux événements qui se déroulent devant lui. Lorsque Hachem lui envoie un signe et qu’il refuse d’en tirer une leçon, la faute est particulièrement grave.

Rav Haïm Chmoulevitz y ajoute une idée très profonde, qui est devenue célèbre en son nom.

La Torah nous ordonne de nous souvenir chaque jour de ce qui est arrivé à Myriam après la sortie d’Egypte. On peut se demander pourquoi sa punition s’est abattue immédiatement. A cette période, le peuple voyageait constamment. De plus, il venait tout juste de sortir d’Egypte et vivait encore des moments d’enthousiasme et d’exaltation. Pourquoi Hachem n’a-t-Il pas attendu une période plus appropriée pour la punir ?

Habituellement, Hachem fait preuve de patience. Comme le disent les Sages, Il attend souvent avant d’exiger des comptes. Pourquoi cela n’a-t-il pas été le cas ici ?

Rav Haïm Chmoulevitz répond par une idée remarquable : faire souffrir son prochain, le blesser ou lui causer de la peine, c’est comme mettre sa main dans le feu. Elle se brûle alors immédiatement : il n’y a ni délai ni calcul. De la même manière, quand on fait souffrir quelqu’un, les conséquences sont instantanées.

Il l’apprend de l’histoire de Hanna et Penina, qui étaient les deux épouses d’Elkana. Penina faisait souffrir Hanna en lui rappelant constamment qu’elle n’avait pas d’enfants. Elle lui demandait, par exemple, où étaient les vêtements de ses bébés, si elle allait les emmener au Gan ou encore si elle avait acheté des biberons.

Pourtant, Penina agissait Léchem Chamaïm, pour l’honneur du Ciel. Son intention était de pousser Hanna à prier davantage afin de mériter d’avoir des enfants. Effectivement, cela fonctionna. Comme nous le lisons dans la Haftara de Roch Hachana, Hanna était terriblement peinée : elle ne mangeait plus et priait du plus profond de son cœur. Grâce à ces prières sincères, elle fut exaucée.

La question se pose alors : si Penina avait de bonnes intentions et que son action permit à Hanna d’être exaucée, pourquoi a-t-elle été punie ? La réponse est que blesser son prochain est comparable au feu. Même lorsqu’on a de bonnes intentions, faire souffrir quelqu’un produit immédiatement des conséquences.

Rav Haïm Chmoulevitz rapporte également l’histoire bouleversante de Rav Re’houmi. Celui-ci étudiait à la yeshiva et avait l’habitude de rentrer chez lui chaque veille de Kippour. Sa femme attendait ce moment avec impatience.

Une année, il fut tellement absorbé par son étude qu’il oublia complètement de rentrer à la maison. Peu avant l’entrée de Kippour, il se le rappela finalement et quitta la yeshiva. Au même moment, sa femme, qui l’attendait depuis longtemps, sortit pour voir s’il arrivait. Lorsqu’elle constata qu’il n’était toujours pas là, une larme coula de ses yeux. A cet instant même, les escaliers sur lesquels se trouvait Rav Re’houmi s’effondrèrent, et il mourut.

On peut se demander ce que sa femme a gagné à travers cet événement. Elle ne souhaitait certainement pas sa mort. Au contraire, elle venait de le perdre pour toujours.

Justement, explique Rav Haïm Chmoulevitz, c’est là tout le message. Il ne s’agit pas d’un calcul de récompense ou de punition. Faire souffrir quelqu’un est une réalité comparable au feu : lorsqu’on touche le feu, on se brûle immédiatement. C’est pourquoi il faut être extrêmement vigilant au respect et à la sensibilité envers autrui.

C’est précisément ce que les Méraglim auraient dû apprendre de l’histoire de Myriam. Ils avaient vu que sa punition avait été immédiate, sans attente, malgré sa grandeur exceptionnelle, bien qu’elle fût la sœur de Moché Rabbénou et qu’elle avait contribué à le sauver. Ils auraient dû comprendre la force de ce message et en tirer une leçon pour eux-mêmes. Mais puisqu’ils ne l’ont pas fait, cela ne les a pas protégés de la faute.


Quatrième sujet Yehochoua et Kalev : la force de la prière face à l’épreuve

Yehochoua et Kalev n’ont pas participé à la faute des explorateurs. Ils en ont été préservés alors que les autres ont échoué. Au moment où les explorateurs décourageaient le peuple et semaient le désespoir parmi les Bnei Israël, Yehochoua et Kalev se levèrent avec courage et firent taire les contestataires en affirmant avec conviction que le peuple pouvait monter en Erets Israël et la conquérir.

Grâce à cette attitude, ils méritèrent d’y entrer. Plus encore, ils reçurent même les parts qui étaient destinées aux autres explorateurs. Quant à Kalev, puisqu’il était allé prier à Hevron, sur les tombeaux des patriarches, il mérita de recevoir cette ville en héritage.

Nos Sages enseignent que lorsqu’un homme faute et qu’un autre y résiste alors qu’il se trouve dans la même situation, celui qui a tenu tête reçoit non seulement sa propre part, mais également celle de celui qui a fauté. La question se pose alors : qu’est-ce qui sauva précisément Yehochoua et Kalev ? Qu’est-ce qui leur donna ce mérite et ce privilège ?

Concernant Yehochoua, Moché Rabbénou pria pour lui : « Que Hachem te sauve du conseil des explorateurs », c’est-à-dire qu’il demanda à Hachem de le protéger de leur mauvaise influence et il ajouta la lettre Youd à son prénom.

Kalev, quant à lui, avait une certaine attirance pour leur opinion. Cependant, il prit l’initiative de se rendre à Hevron, sur les tombeaux d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov, afin d’y prier. Grâce à cette démarche, il fut sauvé de la faute.

On apprend ici l’importance de prendre des initiatives et de se tourner vers Hachem lorsqu’on traverse une épreuve. Même si, comme l’explique le ‘Hovot Halevavot, le libre arbitre reste entre nos mains et qu’on ne peut pas solliciter de Hachem de choisir à notre place, puisque la Torah nous indique le chemin à suivre, nous pouvons néanmoins prier pour qu’Il nous aide à faire le bon choix.

Nous pouvons demander à Hachem de nous orienter correctement, de nous faire rencontrer de bonnes personnes, de nous éloigner des mauvaises influences, de renforcer notre libre arbitre et de nous donner la force d’aller jusqu’au bout de nos bonnes décisions.

Yehochoua, grâce à sa proximité exceptionnelle avec Moché Rabbénou, bénéficia de la prière de son maître. Lorsqu’un élève est attaché à son Rav, celui-ci prie pour lui et le protège spirituellement.

Kalev n’en a pas bénéficié, mais il prit l’initiative d’aller prier. Cela nous montre la puissance extraordinaire de la Tefila.

La Guemara (Nida 70b) demande : que doit faire un homme pour acquérir la sagesse ? Il doit multiplier l’étude et s’investir dans la Torah. Mais elle objecte : beaucoup ont étudié et n’ont pourtant pas réussi. Elle répond alors qu’il faut également prier Celui à qui appartient la sagesse.


Nous pouvons demander à Hachem de nous orienter correctement, de nous faire rencontrer de bonnes personnes, de nous éloigner des mauvaises influences, de renforcer notre libre arbitre et de nous donner la force d’aller jusqu’au bout de nos bonnes décisions.

Yehochoua, grâce à sa proximité exceptionnelle avec Moché Rabbénou, bénéficia de la prière de son maître. Lorsqu’un élève est attaché à son Rav, celui-ci prie pour lui et le protège spirituellement.

Kalev n’en a pas bénéficié, mais il prit l’initiative d’aller prier. Cela nous montre la puissance extraordinaire de la Tefila.

La Guemara (Nida 70b) demande : que doit faire un homme pour acquérir la sagesse ? Il doit multiplier l’étude et s’investir dans la Torah. Mais elle objecte : beaucoup ont étudié et n’ont pourtant pas réussi. Elle répond alors qu’il faut également prier Celui à qui appartient la sagesse.

La même question est posée concernant la richesse. Que doit faire un homme pour devenir riche ? La même Guemara répond qu’il doit travailler et entreprendre. Mais là encore, beaucoup l’ont fait sans réussir. La conclusion est qu’il faut aussi prier Celui à qui appartient toute richesse. La Guemara demande alors : pourquoi avoir donné une première réponse si, finalement, tout dépend de la prière ?

La réponse est que les deux sont indispensables. L’homme doit d’abord faire les efforts qui lui incombent, car telle est sa mission dans ce monde. Mais ceux-ci doivent être accompagnés de la Tefila. L’un sans l’autre n’est pas suffisant.

Nous devons agir, travailler, étudier, éduquer nos enfants, renforcer le Chalom Bayit, développer notre Parnassa et progresser dans la Torah. Mais il faut toujours associer ces efforts à la prière.

La Tefila soutient nos choix, renforce nos décisions et accompagne notre réussite. C’est précisément cette combinaison entre l’effort personnel et la prière qui permit à Yehochoua et à Kalev d’être épargnés de la faute des explorateurs.


Cinquième sujet : la mitsva des tsitsit

A la fin de notre paracha est évoquée la mitsva des tsitsit. Les tsitsit ont pour rôle de rappeler à l’homme le Ciel, le trône céleste, les mitsvot de Hachem et que nous sommes Ses serviteurs.

Dans tout ce qui entoure l’homme au quotidien, Hachem a placé des mitsvot destinées à l’élever au-dessus du matériel : la mézouza sur la porte de sa maison, les tsitsit sur ses vêtements et les tefillin sur son corps.

La mitsva des tsitsit possède une force particulière : elle protège l’homme de la faute et l’éloigne du mal. En les regardant et en s’en souvenant, il se rappellera constamment son devoir et son lien avec Hachem.

Le Gaon de Vilna explique qu’il existe deux sortes de yétser hara : un yétser hara intérieur et un yétser hara extérieur. Le yétser hara extérieur est parfois plus puissant que celui qui est à l’intérieur, car il représente l’influence de l’environnement et des autres personnes.

Le yétser hara intérieur correspond aux désirs, aux pulsions et aux traits de caractère de l’homme. C’est pour cela que celui-ci a besoin qu’on lui rappelle constamment où se trouvent les véritables valeurs.

Yossef Hatsadik fut sauvé de la faute grâce à cela. Rav Chlomo Kluger explique qu’au moment où il réussit à s’éloigner de la femme de Putifar, celle-ci lui avait arraché son vêtement. Selon cette explication, il s’agissait du vêtement portant ses tsitsit. Lorsqu’il sentit qu’il n’avait plus cette protection spirituelle, il prit conscience du danger dans lequel il se trouvait, et il s’écarta immédiatement de la faute.

La Guemara (Ménakhot 44a) raconte également l’histoire d’un homme qui avait parcouru une très longue distance et dépensé beaucoup d’argent dans l’intention de fauter avec une femme.

Lorsqu’il arriva chez elle, tout avait été préparé avec un luxe extraordinaire. Mais comme il faisait particulièrement attention à la mitsva des tsitsit, ceux-ci le frappèrent au visage. Ce rappel le bouleversa et il se retira immédiatement. La femme fut si impressionnée par sa réaction qu’elle chercha à savoir qui il était, ainsi que l’endroit où il étudiait la Torah. Finalement, elle se convertit, fit une véritable Techouva et se rendit au Beit Hamidrach pour demander à l’épouser. Et comme l’enseigne la Guemara, ce qu’il avait abandonné dans l’interdit, il l’obtint en définitive dans le permis.

A propos de cette mitsva, le Midrach explique à quel point l’homme est en danger lorsqu’il ne met pas en place des moyens pour s’élever spirituellement.

Le Gaon de Vilna rapporte un enseignement fondamental : pour ne pas chuter, il faut toujours être en train de s’élever. Les tsitsit attirent l’homme vers le haut afin de l’empêcher de tomber.

C’est ce sens que le Midrach apporte au verset du roi Chlomo (Michlé 4,13) : « Tiens-toi fermement à la morale sans jamais faiblir, sois-lui fidèle, car elle est ta vie. » Et il compare cela à un homme tombé d’un bateau dans une mer agitée. Voyant qu’il allait se noyer, le capitaine lui lance une corde et lui dit : « Tant que tu t’y accroches, tu pourras être sauvé. Si tu la lâches, tu risques de te noyer. »

De la même manière, les Sages ont compris les dangers de la vie, les influences négatives et les nombreuses tentations qui entourent l’homme. C’est pourquoi la Torah nous a donné ces mitsvot extraordinaires qui nous permettent de rester attachés à Hachem.

Ainsi, les Sages enseignent que celui qui possède une mézouza à sa porte, des tsitsit à ses vêtements et des tefillin sur sa tête bénéficie d’une protection particulière contre la faute.

Rabbénou Bé’hayé ajoute une idée remarquable. Le mot « téva », la nature, est lié à la racine « tévia », qui signifie « noyade ». Cela nous enseigne que l’homme doit comprendre que, s’il ne renforce pas constamment sa spiritualité par l’étude de la Torah, les mitsvot, les tsitsit et le service de Hachem, il sera toujours en danger de se laisser entraîner par les courants du monde.

Voilà toute la beauté et toute la grandeur de la mitsva des tsitsit.


Grandeur de la mitsva des tsitsit et force de la Techouva

Pour illustrer davantage encore la grandeur de la mitsva des tsitsit, les Sages rapportent une histoire remarquable.

Le roi Hizkiyahou était l’un des plus grands tsadikim de son époque. Il diffusa l’étude de la Torah dans tout Erets Israël. Quand il tomba gravement malade, le prophète Yéchayahou vint le voir et lui annonça qu’il allait mourir et même perdre sa part dans le monde futur. La raison était qu’il avait refusé de se marier et d’avoir des enfants.

Hizkiyahou répondit qu’il avait agi ainsi parce qu’il avait vu par inspiration divine que ses futurs enfants seraient des réchaïm. Il savait notamment qu’il aurait un fils, qui ferait entrer une idole dans le Beit Hamikdach et couvrirait Jérusalem de sang.

Yéchayahou lui répondit qu’un homme n’a pas à se mêler des secrets de Hachem. Son devoir est simplement d’accomplir les mitsvot qui lui incombent. Hizkiyahou proposa alors de se marier avec sa fille, espérant que leur mérite commun pourrait influencer positivement leur descendance.

Yéchayahou lui répondit que le décret céleste était déjà prononcé. Mais Hizkiyahou refusa de désespérer. Il déclara : « J’ai appris de mon ancêtre David que, même lorsqu’une épée est posée sur le cou d’un homme, il ne doit jamais renoncer à la miséricorde de Hachem. »

Il pria avec ferveur, fut guéri et épousa la fille de Yéchayahou.

Cependant, leur fils Ménaché devint effectivement un roi extrêmement éloigné de la Torah. Un jour, Ménaché posa plusieurs questions à son grand-père Yéchayahou, mais le prophète comprit qu’il ne cherchait pas réellement des réponses. Craignant pour sa vie, il tenta de s’enfuir.

Par miracle, il pénétra dans le tronc d’un arbre qui s’ouvrit pour le cacher. Néanmoins, ses tsitsit restèrent visibles à l’extérieur. C’est ainsi que ses poursuivants le découvrirent. Ils coupèrent l’arbre et le tuèrent.

La Guemara explique que Yéchayahou fut puni parce qu’il avait prononcé des paroles négatives sur les Bnei Israël lorsqu’il avait déclaré : « Je vis au milieu d’un peuple aux lèvres impures. »

Le Ben Ich ‘Haï explique pourquoi ce sont précisément les tsitsit qui sont restés visibles et révélèrent sa présence. Chaque tsitsit comporte huit fils et cinq nœuds, soit un total de treize, correspondant à la valeur numérique du mot « é’had », un. Les quatre coins réunis donnent cinquante-deux, valeur numérique du mot « ben », fils. Les tsitsit témoignent ainsi que, dans toutes les situations, les Bnei Israël demeurent les enfants de Hachem.

Selon l’opinion de Rabbi Méïr, même lorsqu’un juif faute, il reste malgré tout un enfant de Hachem. Et les tsitsit expriment précisément cette idée.

Or Yéchayahou avait tenu des propos sévères envers le peuple. C’est pourquoi ses tsitsit jouèrent un rôle particulier.

Toutefois, le mérite de cette histoire porta finalement ses fruits grâce à Ménaché lui-même. A la fin de sa vie, il fut fait prisonnier et amené à Babylone. On tenta de le faire mourir dans des souffrances terribles. Dans sa détresse, il invoqua toutes les idoles qu’il avait servies, mais aucune ne lui répondit. Finalement, il se tourna vers Hachem et pria sincèrement. Il dit alors (Sanhédrin 103a) : « Si Tu ne me sauves pas, les hommes diront que Tu n’es pas différent des idoles. » Lorsque les anges entendirent cette prière, ils voulurent empêcher qu’elle monte devant Hachem.

Mais Hachem déclara : « Si Je ne l’accepte pas, alors les Baalé Techouva risqueront de désespérer et de penser qu’il n’y a plus d’espoir pour eux. » Pour cette raison, sa prière fut acceptée.

Le Talmud poursuit en rapportant une discussion pour savoir si Ménaché a véritablement fait Techouva ou non.

Selon le Zohar Hakadoch, il a accompli une Techouva exceptionnelle. Il enseigne même que Ménaché se trouve à un niveau spirituel très élevé, dans l’un des mondes réservés aux Baalé Techouva, où il accueille et loue ceux qui reviennent vers Hachem.

Ainsi, bien que tout semblait indiquer qu’il deviendrait un grand racha, son exemple montre qu’aucun homme n’est définitivement perdu. Ménaché est finalement devenu un symbole d’espoir et un encouragement pour tous ceux qui souhaitent revenir vers Hachem.

Cette histoire nous enseigne la grandeur des tsitsit, mais également la puissance infinie de la Techouva et l’importance de ne jamais désespérer de la miséricorde divine.


Histoires sur la gravité de vexer ou de faire de la peine à son prochain

Rav Chour priait dans une synagogue avec un homme qui tomba gravement malade. Pourtant, il était auparavant en excellente santé, dynamique et plein d’énergie. Mais la maladie l’affaiblit profondément. Il était courbé par la souffrance et il traversait une période extrêmement difficile.

Rav Chour était très peiné pour lui et priait régulièrement pour sa guérison. Un jour, alors qu’il en parlait à un ami, celui-ci lui dit : « Je pense qu’il y a peut-être quelque chose qu’il faudrait qu’il répare. » Puis il lui raconta une histoire remontant à quarante ans auparavant.

A l’époque, un jour de Pourim, cet homme avait voulu faire une plaisanterie. Il y avait un jeune mohel qui commençait tout juste à pratiquer les brit-milot. Pour lui faire une blague, il le contacta en lui disant qu’une famille souhaitait qu’il vienne réaliser une brit-mila dans une certaine synagogue, à une heure précise.

Le jeune mohel, tout heureux, nota soigneusement l’adresse et se prépara.

Le jour de Pourim, les choses furent particulièrement compliquées. Il ne trouva pas de minyan tôt le matin. Comme il ne possédait pas de voiture, il dut prendre les transports en commun et faire un long trajet. Lorsqu’il arriva enfin, la prière était déjà terminée. Il dut donc prier seul.

Et quand il demanda où se trouvait le bébé pour la brit-mila, les personnes présentes éclatèrent de rire et se moquèrent de lui. Il comprit alors qu’il avait été victime d’une mauvaise plaisanterie.

Après tous les efforts qu’il avait fournis, la honte et la peine furent immenses. De plus, le temps qu’il rentre chez lui, il n’y avait plus de minyan pour la lecture de la Méguila, et il dut la lire seul.

Cette histoire lui causa une grande souffrance qui ne s’effaça jamais.

La personne qui raconta cette histoire au Rav Chour lui dit alors :

« Je ne le sais pas avec certitude, mais il est possible que la peine causée soit liée à la terrible maladie dont souffre aujourd’hui votre ami. »

Rav Chour prit cette histoire très au sérieux. Il demanda les coordonnées du mohel qui avait été humilié. Entre-temps, cet homme était devenu un Rav très respecté, qui avait réalisé des milliers de brit-mila.

Rav Chour le rencontra et l’interrogea : « Te souviens-tu qu’un jour de Pourim, quelqu’un te joua un très mauvais tour et te fit venir pour rien ? » A peine la question posée, le Rav répondit : « Bien sûr que je me rappelle. Je ne pourrai jamais l’oublier. Cela m’a causé une immense douleur. Chaque fois que j’y repense, j’ai envie de pleurer tellement j’ai souffert. » Rav Chour lui expliqua alors la situation : « Cet homme est aujourd’hui très malade. Les médecins ne trouvent aucune solution. Je viens te demander si tu accepterais de lui pardonner. »

Le Rav resta silencieux un moment. Ce n’était pas facile pour lui. La blessure était ancienne, mais toujours présente. Cependant, lorsqu’il comprit la gravité de la situation et les souffrances traversées par cet homme, il répondit : « Je lui pardonne de tout mon cœur. Que Hachem lui envoie une guérison complète. »

Rav Chour repartit tout heureux. Avec le temps, il vit effectivement son ami guérir progressivement jusqu’à retrouver une vie normale.

Par cette histoire, il enseignait combien il faut être prudent lorsqu’on fait des plaisanteries. Une blague qui nous paraît anodine peut parfois causer une immense souffrance à une autre personne.

Comme nous l’avons appris, faire de la peine à son prochain est comparable au feu : lorsqu’on touche le feu, on se brûle immédiatement. C’est pourquoi il faut toujours faire preuve de sensibilité, de respect et d’attention envers autrui.


Deuxième histoire sur la gravité de vexer son prochain

Un couple eut d’abord un garçon, puis une fille qu’ils appelèrent Rivka. En grandissant, Rivka commença à parler, mais ses parents remarquèrent rapidement qu’elle n’arrivait pas à prononcer la lettre Rech. Même son propre prénom lui était difficile à dire. Chaque fois qu’elle parlait, certains mots sortaient de façon inhabituelle, et les autres enfants se moquaient d’elle. Cette situation devenait de plus en plus pénible, et lui causait beaucoup de souffrances.

Ses parents décidèrent alors de l’emmener chez un orthophoniste qui travailla avec elle pendant de nombreuses séances et essaya toutes les méthodes envisageables. Rivka comprenait parfaitement les exercices et arrivait à prononcer toutes les autres lettres, mais le Rech restait impossible à produire.

Finalement, l’orthophoniste déclara : « J’ai tout essayé. Je ne comprends pas ce qui se passe. Ce n’est pas normal qu’un enfant capable de prononcer toutes les autres lettres n’arrive pas à dire uniquement celle-ci. »

Les parents commencèrent alors à penser qu’il pouvait y avoir une dimension spirituelle à cette difficulté. Ils prièrent énormément, mais la situation ne changea pas. Ils étaient très inquiets, car cela risquait de rendre la vie de leur fille très pénible.

Un jour, le père regardait par sa fenêtre lorsqu’il aperçut un vieil homme marcher dans la rue. A cet instant, un souvenir lui revint brusquement à l’esprit. Celui-ci avait l’habitude de participer aux mariages et aux Chéva Brakhot. Et souvent, il chantait le Chir Hamaalot à voix haute devant tout le monde. Or, lui aussi avait beaucoup de mal à prononcer le Rech. Certaines phrases qu’il disait provoquaient alors les rires des personnes présentes. En particulier, lorsqu’il récitait le verset : « Bo yavo berina nossé aloumotav » – Il reviendra dans la joie, portant ses gerbes, il remplaçait le Rech et disait : « Bo yavo betina nossé aloumotav, ce qui faisait rire l’assistance. Des années auparavant, il avait réuni plusieurs amis pour se moquer de ce vieil homme pendant qu’il chantait. Ils avaient beaucoup ri à ses dépens. A l’époque, cela leur paraissait amusant, mais le vieil homme avait été profondément humilié. Pour lui, chanter était un moment d’honneur et de joie, et cette moquerie l’avait énormément blessé.

En le réalisant, le père alla immédiatement trouver le vieil homme, et il lui dit : « Vous souvenez-vous de tel mariage ? C’est moi qui me suis moqué de vous avec mes amis. Aujourd’hui, je comprends le mal que je vous ai fait. Je vous demande sincèrement pardon. »

Le vieil homme se le rappelait parfaitement. La blessure avait été profonde et il ne l’avait jamais oubliée. Malgré cela, il accepta de lui pardonner.

Quelques jours plus tard, un changement extraordinaire se produisit. Rivka commença soudainement à prononcer correctement le Rech. Peu à peu, son élocution devint normale, et toutes ses difficultés disparurent. Ses parents comprirent alors à quel point il est grave de vexer ou d’humilier quiconque.

Cette histoire rappelle combien il faut faire attention à la dignité et aux sentiments de chacun, même lorsqu’on croit simplement plaisanter ou s’amuser.

 
 

🌍Saint Mandé

📖 Paracha : Shelaḥ Lekha / שלח

🕯️ Chabbat : 21:35 → 23:00

📅 Date : 28 Sivan 5786

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