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La Paracha Et Son Histoire: Tazria Metsora

Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.




Premier sujet :

La paracha commence par expliquer les lois concernant l’homme, ce qui touche au corps humain : d’abord la naissance d’un enfant, puis les notions de pureté et d’impureté qui en découlent, la brit-mila, et ensuite toutes les lois de la tsaraat. A cette époque, cela concernait notamment celui qui avait un mauvais œil, qui était orgueilleux, ou qui parlait du lachon hara.


Rabbi Samlaï, rapporté par Rachi, pose la question suivante : pourquoi, dans la parachat Chemini, a-t-on commencé par expliquer les lois des animaux, et seulement après celles des hommes ? On aurait dû, a priori, évoquer d’abord l’homme, puis les règles de la cacherout, c’est-à-dire le statut des animaux.

La réponse donnée est la suivante : c’est comme dans la création du monde. De la même manière que les animaux ont été créés avant l’homme, ici aussi, on débute par la « Torah des animaux », puis vient la « Torah des hommes ».


Mais cela reste étonnant : pourquoi, justement, lors de la création du monde, l’homme a-t-il été créé en dernier ? Et pourquoi, dans la Torah également, est-il mentionné en dernier ?

Les ’Hakhamim donnent une explication extraordinaire. Lorsqu’ils cherchèrent à comprendre pourquoi l’homme avait été créé le vendredi, ils proposèrent deux réponses :

1/ Pour que, si un homme devient orgueilleux, on puisse lui dire : « De quoi t’enorgueillis-tu ? Même la mouche a été créée avant toi. » Cela permet de casser son orgueil.

2/ La deuxième explication est totalement différente : l’homme a été créé en dernier afin qu’en arrivant, tout soit déjà prêt pour lui. Comme quelqu’un qui se présente à un repas déjà préparé. Tout a été mis en place à l’avance pour lui.

Ces deux raisons semblent contradictoires. L’une montre que l’homme est le moins important, puisqu’il a été créé en dernier. L’autre au contraire, témoigne qu’il est le plus important, puisque tout a été créé pour lui.


En réalité, on peut expliquer que c’est l’homme lui-même, par ses actions, qui déterminera la raison pour laquelle il a été créé en dernier.

Lorsqu’une personne a des choses importantes à faire, elle commence généralement par ce qui est le plus essentiel. Mais parfois, pour atteindre un objectif, l’ordre peut être inversé : on débute par les petites choses, pour arriver à l’essentiel à la fin, comme quand on prépare un mariage.

Le Midrach rapporte que, lorsque D.ieu créa Adam, Il le fit passer devant tous les arbres du Gan Eden et lui dit : « Regarde tout ce que J’ai créé, c’est pour toi. Elève-les. S’il te plaît, ne détruis pas Mon monde. »

Si un homme choisit de donner la priorité à sa néchama, et qu’il utilise tout ce qui a été créé pour servir HaKadoch Baroukh Hou, comme le dit le verset (Pirkei Avot 6,11) : « Kol ma ché bara HaKadoch Baroukh Hou baolamo, lo berao éla likhvodo » – Tout ce qu’a créé Hachem dans Son monde, Il ne l’a fait que pour Son honneur, alors il accomplit le but de toute la Création.

Les animaux eux-mêmes ont été créés pour permettre à l’homme de servir Hachem. Tout devient ainsi un moyen pour accomplir ce service. Dans ce cas, l’homme a été créé en dernier pour arriver dans un monde déjà prêt, afin de pouvoir effectuer pleinement sa mission.


Mais si l’homme suit ses mauvais penchants, et transforme sa vie en une simple recherche de plaisir matériel, alors il n’y a plus de lien entre lui et le reste de la création. Par conséquent, la seule explication qui reste est qu’il a été créé en dernier, parce qu’il est le moins important. Car lorsque les choses ne sont pas liées entre elles et restent indépendantes, ce qui vient en premier est ce qui est le plus important.

Le message est donc très fort : par ses actions, l’homme décide lui-même si tout a été créé pour lui afin de servir Hachem – et il devient alors le plus important – ou inversement.

Et comme le rappelle le Midrach, si l’homme n’avait pas fauté, il aurait eu deux serpents comme serviteurs, chargés d’aller lui chercher des pierres précieuses d’un bout à l’autre du monde.


Deuxième sujet

Ces parachiot évoquent la tsaraat, cette lèpre, qui pouvait apparaître sur le corps de l’homme à une époque où les Bnei Israël se trouvaient à un niveau spirituel très élevé, comme l’explique Nahmanide. A ce degré-là, la faute s’exprimait immédiatement sur le corps.

Selon le Kli Yakar, il existe trois types de tsaraat : celle qui apparaît dans les maisons, sur les murs, sur les vêtements, et sur le corps de l’homme.

En réalité, cela aurait dû commencer par le corps, puis les vêtements, puis la maison. Mais comme HaKadoch Baroukh Hou a pitié de l’homme, cela suit l’ordre inverse : d’abord la maison, pour lui permettre de faire Techouva ; s’il ne se corrige pas, cela atteint ses vêtements ; et en dernier recours, cela le frappe dans sa chair.

Ces trois éléments – le corps, les vêtements et la maison – représentent les trois protections de l’homme. Et ce sont précisément ces trois dimensions qui sont touchées lorsqu’il faute.


Le Megalei Amoukot explique que, pour protéger ces trois niveaux, HaKadoch Baroukh Hou nous a donné trois mitsvot.

La tsaraat est appelée « nega » (une plaie). Or, si on inverse les lettres du mot « nega », on obtient « oneg », qui signifie plaisir. Cela veut dire que l’homme a le pouvoir, par ses actions, de transformer ses épreuves en plaisir.

Quelles sont ces trois mitsvot associées à ces trois niveaux ?

 La Guemara (Menahot 43b) enseigne : Celui qui a une mezouza sur sa porte, des tsitsit sur ses vêtements, et des tefillin sur son corps, est protégé de la faute. On trouve une allusion à cela dans le verset (Chémot 12,17) : « Ouchmartem ète hamatsot » – Vous garderez les matsot. Le mot « matsot » peut être lu comme étant l’acronyme de mezouza, tsitsit et tefillin.


A ce sujet, la Guemara (Menahot 43b) rapporte également le verset des Psaumes (119,164) où le roi David dit : « Sept fois par jour je célèbre Tes louanges, en raison de Tes justes arrêts. » Quels sont-ils ? Les quatre fils des tsitsit, les deux tefillin (celui de la main et celui de la tête), et la mezouza.

Les ‘Hakhamim voient dans ces éléments une véritable protection pour l’homme, afin qu’il ne tombe pas dans un excès de matérialité et ne s’éloigne pas du bonheur et de la vérité. Lorsqu’un homme prend ces trois « couvertures » qui le protègent – son corps, ses vêtements et sa maison – et y place ces mitsvot, il se met naturellement sous protection.

On peut ajouter que le mot « matsot » peut aussi faire allusion à la brit-mila. D’ailleurs, la paracha commence par mentionner la brit-mila, et on sait que si une tsaraat apparaît à cet endroit, la brit-mila la repousse.

Cette mitsva de la mila, comme l’explique Maïmonide, a pour but d’affaiblir les désirs et de rappeler à l’homme de se maîtriser. Elle aussi protège et repousse toute forme de « lèpre » spirituelle.


On retrouve également ces trois mitsvot chez la femme : la nida, la ‘hala et l’allumage des lumières avant Chabbat.

Pourquoi ce chiffre trois apparaît-il constamment ?

Le Maharal de Prague explique qu’une table ne peut tenir qu’avec au minimum trois pieds. Le chiffre trois symbolise donc la stabilité et la construction.

C’est pourquoi on retrouve souvent ce chiffre dans la Torah : Cohen, Lévi, Israël ; les trois prières ; les trois fêtes, etc. Il représente quelque chose de stable.

Ainsi, lorsqu’un homme intègre les mitsvot dans ces trois dimensions fondamentales de sa vie – qui constituent sa stabilité – celles-ci le renforcent spirituellement. Il devient alors une personne protégée, qui ne fautera pas.

De manière générale, un homme doit comprendre que c’est en sanctifiant la matière qu’il transformera le « nega » en « oneg », qu’il enlèvera ce qui est négatif dans sa vie pour le changer en plaisir et en élévation.


Troisième sujet

Le Midrach revient encore sur la question : pourquoi les sujets concernant le corps de l’homme sont-ils abordés après ceux des animaux ?

En s’appuyant sur le verset (Psaumes 139,5) : « Akhor va kédem tsartani » – Tu me serres de près de derrière et de devant, il explique que l’homme a été créé à la fois au début et à la fin.

Sa néchama a été créée avant toutes les autres créatures ;

 et son corps a été créé en dernier, après toutes les créatures.

« Zakha », s’il est méritant, alors il est premier en tout ;

« Lo zakha », s’il n’est pas méritant, alors il est dernier en tout.

Pour le Sfat Emet, la néchama de l’homme a été créée en premier, et tout le reste a été créé après. Donc, si un homme donne la priorité à sa néchama, il devient prioritaire sur tout, et toute la création se met à son service.


Autrement dit, placer le spirituel au centre de sa vie, avant le corps, fait de l’homme quelqu’un de « premier » en tout. Mais si un homme ne le mérite pas, et que, pour lui, le spirituel passe en dernier, comme quelque chose de secondaire, alors il met sa néchama de côté et donne la priorité à son corps. Dans ce cas, il devient le dernier en tout, et il subit le monde, au lieu de le maîtriser.


Ainsi, le monde peut se transformer pour l’homme en une source de plaisir – ou, ‘has véchalom, en quelque chose de négatif.

A ce sujet, le ‘Hafets ‘Haïm donne un machal : un homme rêvait de prendre le train. Il pensait que ce serait extraordinaire, un moment de plaisir incomparable. Après avoir longtemps économisé, il réussit à acheter un billet… de première classe. Mais ne sachant pas comment cela fonctionnait, il monta en troisième classe, où se trouvaient des soldats, des gens avec des chiens, et où régnait une grande agitation.

Il souffrit énormément : c’était serré, les bancs étaient en fer, on se bousculait, et le train bougeait sans cesse. A chaque passage du contrôleur, les autres voyageurs se cachaient sous les sièges pour éviter d’être contrôlés, et il faisait de même.

Finalement, le contrôleur l’attrapa et lui demanda son titre de transport.

En voyant son billet était pour la première classe, choqué, il s’exclama : « Mais pourquoi te trouves-tu ici ? » Il l’emmena alors en première classe : là, les sièges étaient confortables, chacun avait sa place, l’ambiance était sereine, et chacun avait même une petite lampe personnelle.

L’homme réalisa alors : « Quel dommage… j’ai perdu la moitié, voire les trois quarts de mon voyage, simplement parce que je ne savais pas où me placer. »


Le message est clair : HaKadoch Baroukh Hou a créé le monde pour que l’homme en profite dans le bon sens. Mais s’il ne comprend pas la signification de la vie et se focalise uniquement sur le matériel, alors ce qui devait être du plaisir devient du « nega », des épreuves et des difficultés.

C’est exactement ce que la Torah veut nous enseigner : « Zakha », s’il mérite, il est le premier ; « Lo zakha », s’il ne mérite pas, il sera le dernier.


Histoires

Naaman et Guéhazi : deux chemins, deux conséquences

Dans la haftara de cette semaine, il est raconté l’histoire de Naaman et de Guéhazi, et cette haftara est partagée entre Tazria et Metsora.

La première partie de l’histoire est celle de Naaman. À l’origine, Naaman était un simple soldat de l’armée d’Aram. À la suite d’une action qu’il a accomplie d’une manière presque involontaire, il est devenu le chef de l’armée d’Aram et un homme très puissant, mais il était lépreux.

En réalité, l’histoire commence avec A’hav, le roi d’Israël, qui était racha, vers la fin de sa vie. Il devait partir en guerre contre Aram, car le peuple d’Aram était venu contre lui. Il voulait faire la guerre, mais il savait qu’il avait beaucoup fauté. Il a donc envoyé demander à Yehoshafat, le roi de Juda, de venir l’aider.

À ce moment-là, Yehoshafat lui a dit : « D’abord, il faut consulter les prophètes. » A’hav a alors fait venir cinq cents prophètes, qui étaient en réalité de faux prophètes, et ils lui ont tous annoncé : « Tu vas gagner la guerre. »

Mais Yehoshafat a compris qu’il s’agissait de faux prophètes. Il a donc dit : « Non, je veux un vrai prophète. » Ils sont alors allés voir le prophète Mikhaïahou, qui leur a annoncé qu’ils allaient perdre la guerre.

Et c’est effectivement ce qui s’est produit. A’hav a décidé de se déguiser en simple soldat, tout en portant une armure, afin de ne pas être reconnu. Il est ainsi parti combattre.

Comme l’explique le Malbim, le roi d’Aram avait des espions et avait ordonné à ses soldats de viser des personnes précises. Naaman a tiré naturellement, sans savoir, et c’est lui qui a tué le roi d’Israël. Grâce à cela, il est devenu le chef de l’armée.

Cependant, comme l’explique le Radak, puisqu’il s’est enorgueilli de cette réussite, il a été puni par la lèpre.

Par la suite, comme le raconte le prophète, Aram a fait une incursion en Israël et ils ont capturé une jeune fille. Cette jeune fille, en voyant que Naaman était lépreux, a dit : « Pourquoi n’allez-vous pas voir le prophète d’Israël ? Il pourra te guérir. »

Lorsque Naaman a entendu cela, il a pris avec lui beaucoup d’argent, certains disent même toute sa richesse, et il s’est rendu chez le roi d’Israël, qui était Yehoram, le fils d’A’hav.

Mais Yehoram a eu très peur. Il a dit : « Qu’est-ce que je peux faire ? » Il pensait qu’il s’agissait d’un prétexte pour déclencher une guerre, et il ne savait pas comment réagir.

Entre-temps, le prophète Élisha a entendu cette histoire. Il a envoyé dire : « N’y a-t-il pas un prophète en Israël ? Pourquoi ne l’envoies-tu pas chez moi ? »

Naaman a donc été envoyé chez Élisha. Mais Élisha a refusé de le recevoir en personne. Il lui a simplement fait dire : « Va te tremper dans le Jourdain. »

Comme l’explique le Radak, Élisha ne l’avait pas reçu avec honneur afin de corriger son orgueil. Le fait qu’il accepte de ne pas être honoré et qu’il obéisse malgré tout au prophète constituait justement sa réparation.

Naaman est ensuite revenu et a voulu offrir énormément d’argent, des vêtements et de nombreux cadeaux au prophète. Mais Élisha a totalement refusé d’accepter ces présents.

Ce refus a profondément impressionné Naaman, qui a alors décidé de devenir un guer toshav et de proclamer le Nom d’Hachem dans le monde. Il a également décidé de sanctifier le Nom d’Hachem et d’abandonner l’idolâtrie.

En reprenant sa route vers Aram, Guéhazi, qui était le chamash et le bras droit du prophète Élisha, a vu tout cet argent qui n’avait pas été pris. Lui avait un grand désir d’argent, et cela l’a bouleversé. Il a alors décidé d’agir.

Il a couru avec sa charrette derrière Naaman, l’a rattrapé en pleine route et lui a dit :

 « Finalement, le prophète a dit que deux élèves sont venus étudier chez lui et qu’ils n’ont pas de moyens. Il demande si tu peux leur donner des vêtements et de l’argent. »

Naaman lui a alors demandé de jurer que c’était vrai, et Guéhazi a juré, bien que ce soit faux.

Lorsqu’il est revenu, Élisha lui a demandé : « Où étais-tu ? » Guéhazi a essayé de fuir, mais Élisha lui a dit :

 « Je sais très bien où tu es allé. Sache que la lèpre de Naaman va se coller à toi et à tes enfants pour toutes les générations. »

Et c’est ce qui s’est produit : Guéhazi et ses descendants ont été frappés de lèpre.

Comme l’explique la Guemara, sa première faute a été d’avoir juré mensongèrement. Le Ralbag ajoute qu’il a provoqué un ‘Hiloul Hachem, car son comportement a affaibli l’impact et l’émotion que Naaman avait ressentis.

Ainsi, à cause de son désir d’argent, il a commis une faute extrêmement grave, et il a été puni par la tsaraat.

L’histoire raconte, dans la haftara de Metsora, que Guéhazi était rejeté en dehors du camp d’Israël. Il devait rester en permanence à l’extérieur de la ville, car il était lépreux.

À cette période, il y avait une très grande famine en Israël. Il n’y avait plus rien à manger, et il ne restait presque plus que quelques chevaux dans tout le pays. Le peuple d’Israël ne pouvait même pas sortir, car la guerre avait repris avec Aram, et l’armée d’Aram campait aux portes du pays.

Il n’y avait donc plus aucune possibilité de se nourrir. Face à cette situation, Guéhazi et ceux qui étaient avec lui se sont dit :

 « À quoi bon rester ici ? Nous allons mourir de faim. Allons nous rendre à l’ennemi, peut-être qu’ils auront pitié de nous. »

Entre-temps, le prophète avait annoncé au roi que dès le lendemain, il y aurait une abondance incroyable : deux mesures de nourriture seraient vendues pour un shekel, ce qui signifiait une chute énorme des prix après la famine.

À ce moment-là, le chalic (l’officier du roi) qui se tenait à ses côtés a réagi avec scepticisme et a dit :

 « Comment est-ce possible ? Après une famine aussi dure, qui dure depuis des années, est-ce que Dieu va ouvrir des fenêtres dans le ciel pour faire tomber de la nourriture ? »

Le prophète lui a répondu :

 « Puisque tu ne crois pas, tu verras cela de tes propres yeux, mais tu n’en profiteras pas. »

Le lendemain, lorsque Guéhazi et ses compagnons se sont rendus dans le camp des ennemis, ils ont découvert quelque chose d’incroyable : toute la route était remplie de vêtements et d’objets abandonnés, et le camp était totalement vide.

En réalité, tout le peuple d’Aram avait fui, car Hachem avait fait entendre des bruits de guerre, comme des tonnerres et des armées qui arrivaient. Pris de panique, ils ont tout abandonné et se sont enfuis.

Au début, Guéhazi et ses compagnons ont voulu profiter seuls de cette abondance. Mais ensuite, ils se sont dit :

 « Nous ne pouvons pas garder cela pour nous pendant que le peuple d’Israël meurt de faim. Allons prévenir le roi. »

Ils sont donc partis informer le roi que les camps et les réserves de nourriture des Araméens étaient laissés à l’abandon.

Le Rav Tsadok HaCohen explique que cela constituait un début de réparation pour Guéhazi. Lui qui avait fauté à cause de son désir d’argent, le fait maintenant de penser aux autres et de ne pas vouloir tout garder pour lui marquait un début de correction.

Lorsque le roi a entendu cette nouvelle, il a d’abord craint qu’il s’agisse d’un piège. Il a donc envoyé les quelques chevaux restants pour vérifier. Les envoyés sont partis loin et sont revenus confirmer que tout était bien vrai : il n’y avait plus personne, et les réserves étaient abandonnées.

Le roi a alors ordonné au chalic de se tenir à la porte de la ville pour organiser la sortie du peuple.

La prophétie s’est accomplie : il y a eu une abondance extraordinaire, et les prix ont chuté comme annoncé.

Cependant, le chalic, qui n’avait pas cru à la parole du prophète, a été piétiné par la foule, emportée par l’excitation de sortir et de se nourrir. Il a vu l’abondance, mais n’en a pas profité, exactement comme cela avait été annoncé.

On apprend de là que celui qui ne croit pas dans la bénédiction d’Hachem ne pourra pas en profiter.

Enfin, cela montre que les deux fautes principales liées à la lèpre, à savoir le mauvais œil et le lachon hara, étaient à l’origine de la faute de Guéhazi.


La réparation de Guéhazi : quand un sacrifice sauve tout un peuple

Il est raconté dans le livre Maayan HaShavoua, page רמ״ט, une histoire terrible qui s’est déroulée à l’époque du Ari HaKadosh, le Arizal.

Il y avait deux amis très proches depuis leur enfance. L’un s’appelait Yossef Havelio et l’autre Shlomo Elbucher. Ils ont grandi ensemble dans la ville de Tsfat et habitaient l’un à côté de l’autre. Leur amitié était exceptionnelle, comme celle de David et Yonatan. Ils étaient toujours ensemble : ils ont étudié ensemble et ont grandi ensemble.

Un jour, ils ont décidé d’ouvrir une affaire en commun. Après leur mariage, tout le monde pensait qu’ils allaient se séparer, mais au contraire, ils ont décidé de s’associer en utilisant l’argent de leur dot. Ils ont ouvert une usine de tissus et sont devenus les plus grands riches de la ville de Tsfat.

Ainsi, les années sont passées tranquillement. Cependant, avec le temps, Shlomo avait chaque année un enfant : chaque année une brit mila, une fête. De son côté, Yossef n’avait pas d’enfant. Malgré cela, il aimait les enfants de son ami comme les siens.

Mais les années ont continué à passer, et la souffrance de la femme de Yossef, qui était stérile depuis de nombreuses années, s’est intensifiée. À cause de cette douleur, elle a commencé à parler en mal de l’associé de son mari. Elle a même développé une forme de maladie imaginaire, pensant que tout le monde était jaloux d’elle.

Progressivement, les deux femmes ont commencé à se soupçonner mutuellement, et cela a créé peu à peu un mur entre les deux familles. Jusqu’au jour où les deux amis ont décidé de se séparer.

La séparation a été très difficile : chacun a accusé l’autre de nombreuses choses, et cela a fait beaucoup de bruit dans la ville.

Après cette séparation, la situation a complètement changé. Chacun a ouvert son propre commerce, mais Shlomo a commencé à perdre de l’argent, jusqu’à perdre toute sa richesse. Malgré cela, il se disait : « À quoi sert la richesse si je n’ai pas d’enfant ? »

Jusqu’au jour où le Arizal a promis à Yossef qu’il aurait un enfant. Et effectivement, l’année suivante, un immense événement a eu lieu dans la ville : après 26 ans d’attente, Yossef a eu un garçon.

Toute la ville a été invitée à la brit mila, et une fête grandiose a été organisée. Cependant, le Arizal tardait à arriver. Les gens ont attendu longtemps, presque jusqu’à la fin de l’après-midi, jusqu’à ce qu’il arrive finalement très en retard.

Il a alors expliqué la raison de son retard : un très grand chien l’avait poursuivi en aboyant. Lorsqu’il s’est retourné vers lui, il a compris qu’il ne s’agissait pas d’un chien ordinaire, mais du guilgoul (réincarnation) de Guéhazi, qui errait depuis des milliers d’années sans réparation et qui venait demander au Arizal de l’aider à se réparer.

Le Arizal lui a demandé pourquoi il avait été réincarné dans un chien impur. Guéhazi a répondu que c’était à cause d’une autre faute qu’il avait commise. Lorsque Élisha l’avait envoyé ressusciter l’enfant de la Chounamite, il lui avait dit de prendre son bâton et de le poser sur l’enfant.

Mais lorsqu’il était arrivé, l’enfant ne s’était pas réveillé. Pourquoi ? Parce qu’il n’y croyait pas réellement. Il avait essayé auparavant sur un chien mort, et cela avait fonctionné : le chien s’était relevé. Mais à cause de cela, le bâton avait perdu sa force. Élisha avait donc dû venir lui-même pour ressusciter l’enfant, comme cela est raconté dans les prophètes.

À cause de cette faute, Guéhazi était resté en guilgoul.

Le Arizal lui a alors dit : « Si tu fais une action où tu donnes ta vie pour sauver le peuple d’Israël, cela te permettra de te réparer. »

Et effectivement, pendant que le Arizal racontait cela, un grand chien est arrivé et est tombé dans la marmite de viande préparée pour la fête, ce qui a obligé à jeter toute la nourriture.

Mais en réalité, comme l’a expliqué le Arizal, il s’était passé quelque chose de très grave : Shlomo, qui était devenu extrêmement jaloux de son ancien ami — qui avait maintenant un enfant et avait retrouvé la réussite — avait laissé entrer une grande haine en lui. Il avait décidé de mettre du poison dans la marmite, ce qui aurait mis en danger énormément de personnes.

Grâce à l’âme de Guéhazi, qui a accepté de donner sa vie pour sauver ces gens, le danger a été évité, et il a ainsi été réparé.

Le Arizal a alors rassuré tout le monde en disant : « Ne vous inquiétez pas, grâce à cela, il a été réparé, et nous avons été sauvés. »

Pour vérifier, ils ont amené un autre chien pour goûter la viande. À peine l’animal a goûté qu’il est mort immédiatement, preuve que la viande était bien empoisonnée.

Ainsi, après des milliers d’années, Guéhazi a finalement pu réparer sa faute.


Dans ces parachiyot, on parle énormément de la gravité du lachon hara. Essentiellement, la cause de la tsaraat, cette lèpre, venait de celui qui parle du lachon hara.

La Torah veut nous enseigner à quel point cela est grave et négatif. Comme le dit le midrash, le yetser hara tue trois personnes : celui qui parle, celui sur qui on parle, et celui qui écoute.

On comprend donc combien il est grave, même simplement d’écouter du lachon hara et de l’accepter. Contrairement à ce que beaucoup pensent, lorsque c’est vrai, ce n’est pas permis. Bien au contraire : celui qui raconte un mensonge, c’est du motzi shem ra, mais lorsque c’est vrai, c’est justement cela l’interdiction du lachon hara.

Pour nous aider à prendre conscience de la gravité de la parole, le roi Salomon dit :

 « Mavet ve’haïm beyad halachon » — la vie et la mort sont entre les mains de la langue.

La Torah veut empêcher l’homme de penser qu’il s’agit simplement d’une petite parole ou d’une simple histoire. Elle veut lui faire comprendre tous les dégâts que cela peut entraîner.


 Une parole peut détruire une vie

Il est raconté à propos du Rav ‘Hafets ‘Haïm qu’un jour, il se trouvait dans une auberge avec d’autres rabbanim. En discutant, l’un des rabbins a dit : « Le repas n’est pas très bon, il manque du sel. »

Le Rav ‘Hafets ‘Haïm en a été profondément bouleversé. Il lui a dit : « Comment as-tu pu dire une chose pareille ? C’est très grave. » Il en a fait une véritable affaire.

L’autre rav lui a répondu : « Mais enfin, qu’est-ce que cela peut entraîner de si grave ? »

Le Rav ‘Hafets ‘Haïm lui a alors dit : « Viens, allons à la cuisine. »

Ils sont allés à la cuisine et ont vu que le propriétaire était déjà en train d’annoncer à la cuisinière — qui était une veuve vivant de ce travail — qu’elle était licenciée, simplement parce que de grands rabbanim avaient dit que le repas n’était pas bon.

Le Rav lui a alors dit : « Tu vois, on n’imagine pas à quel point une simple parole peut avoir des conséquences énormes. »

Cette veuve pleurait en sanglots, car elle venait de perdre sa parnassa.


Le lait de la lionne

Un jour, un roi était très malade. Les médecins, après de nombreuses analyses, ont conclu que la seule solution pour le sauver était qu’il boive du lait de lionne.

Le problème était : comment trouver du lait de lionne ?

On annonça dans toute la ville que celui qui réussirait à en rapporter recevrait une immense récompense.

Un homme intelligent proposa : « Si vous me donnez un troupeau de brebis, je peux vous ramener du lait de lionne. » On accepta immédiatement.

Il partit dans la forêt et trouva un endroit où vivaient des lions. Chaque jour, il leur apportait une brebis. Petit à petit, les lions s’habituèrent à lui. Il continua ainsi, jusqu’au jour où il put s’approcher, caresser la lionne, lui donner une brebis, et finalement prendre son lait.

Il reprit ensuite la route vers le roi. Mais en chemin, épuisé, il s’endormit.

Pendant son sommeil, il rêva que ses membres se disputaient. Les mains disaient : « C’est grâce à nous. » Les pieds disaient : « C’est grâce à nous. » Et chacun revendiquait le mérite.

La langue déclara alors : « Je vais vous montrer que sans moi, tout ce que vous avez fait ne sert à rien. »

Lorsqu’il se réveilla, troublé, il arriva chez le roi. Mais au moment de parler, il se trompa et dit : « J’ai apporté du lait de chienne. »

Tout le monde fut choqué. On lui dit : « Ce n’est pas du tout ce qu’on t’a demandé ! »

Le roi, furieux, ordonna immédiatement de le mettre en prison et de le condamner à mort.

Plus tard, en prison, il comprit son erreur. Dans son rêve, les membres dirent à la langue : « Tu avais raison. Si tu ne transmets pas les bonnes paroles, tout ce que nous avons fait ne sert à rien. »

Il se réveilla, demanda à parler au roi et dit : « Je me suis trompé, c’est du lait de lionne. »

Il fut alors sauvé et récompensé à un très haut niveau.


C’est ce que dit le roi Salomon : la vie et la mort sont entre les mains de la langue.

Cette histoire nous montre que parfois tout peut bien se passer, il peut y avoir paix et bénédiction, mais à cause de mauvaises paroles, on peut tout détruire.

C’est pourquoi il faut s’abstenir au maximum de parler du lachon hara.

Rachi explique également que puisque cette personne, par sa parole, a séparé des gens — entre un homme et sa femme, entre des amis, entre des associés — elle est punie en étant envoyée en dehors du camp.

Elle doit vivre seule pendant une à trois semaines, afin de ressentir ce que signifie être isolé, et ainsi comprendre la gravité des conséquences qu’une simple parole peut avoir sur les relations humaines.

C’était tout le but de la tsaraat.

 
 

🌍Saint Mandé

📖 Paracha : Tazria - Metsora / תזריע - מצורע

🕯️ Chabbat : 20:26 → 21:37

📅 Date : 1 Iyar 5786

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