La Paracha Et Son Histoire: Vayakel Pekoudei
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Barouh Hachem, nous avons démarré un nouveau concept de la paracha et son histoire pour chabbat. Ce feuillet merveilleux rempli de beaux dvar torah et d'histoire vous permettra d'embellir votre table de chabbat.
Premier sujet :
Dans la paracha de Pekoudé – la cinquième consacrée au Michkan – la Torah évoque de nouveau les comptes du Michkan. Celui-ci était si précieux et important aux yeux de Hachem, que Moché Rabbénou entreprit de présenter les comptes au peuple d’Israël : tout ce qu’il a reçu, et tout ce qui a été utilisé pour sa construction. Car tout cela contribuera à amener la Présence divine, la Chékhina : elle résidera parmi le peuple d’Israël, et Moché et Aharon le béniront pour qu’elle repose sur ses actions.
Que la Torah parle de comptes incite le Midrach à citer un verset sur la femme vertueuse, la Echet ‘Haïl (Michlé 31,25) : « Oz véhadar levoucha, vatis'hak leyom a'haron » – La puissance et la splendeur sont son vêtement, et elle rira au dernier jour.
Même si ce verset décrit la femme vertueuse, le Midrach explique qu’il s’applique aussi à l’homme dans sa relation avec la Torah et avec la mission de sa vie.
Le Midrach rapporte alors des histoires de personnes qui ont su se retenir de profiter de ce monde-ci pour ne pas perdre, ne serait-ce qu’une petite part de leur monde futur. Leur objectif était de pouvoir rire à la fin, comme le dit l’expression : « Tso’hek mi chétso’hek ba’haron » – Rira vraiment celui qui rira en dernier.
Première histoire
‘Hanina ben Dossa vivait dans une grande pauvreté, mais il servait Hachem avec un dévouement total. Son épouse lui dit : « Jusqu’à quand allons-nous encore souffrir de cette pauvreté ? » Il lui répondit : « Que pouvons-nous faire ? » Elle lui dit : « Prie pour qu’une grâce te soit accordée par le Ciel. » Il pria et une main apparut et lui donna un pied d’une table en or. Cette nuit-là, son épouse vit en songe que dans le futur, c’est-à-dire dans le Monde à venir, les justes mangeraient à une table en or à trois pieds, tandis qu’elle mangerait à une table à deux pieds.
Ils allèrent alors demander conseil à Rabbénou Hakadoch, qui leur dit : « Ne vous inquiétez pas : ce qui vous manquera dans le ciel, je le compléterai. » Mais la femme répondit : « Dans le monde futur, chacun a son monde personnel. Tu as servi Hachem dans la richesse, mais nous, nous l’avons servi dans la pauvreté : ce ne sont peut-être pas les mêmes mondes. »
La Guemara (Taanit 25a) explique que c’est un miracle encore plus grand que le premier. Car du Ciel, on peut donner, mais reprendre ce qui a été donné est encore plus extraordinaire.
Cela témoigne de la grandeur de cette femme, qui ne voulait absolument pas changer la mission que Hachem leur avait donnée, qui était de Le servir dans la difficulté.
Comme l'expliquent les livres saints, chacun a sa mission dans ce monde. Selon le Ram’hal, certains servent Hachem dans la richesse, pour montrer comment utiliser l’abondance pour la Avodat Hachem, comme Rabbénou Hakadoch qui, malgré son immense richesse, n’utilisa ce monde que pour servir Hachem.
D’autres Le servent dans la pauvreté, révélant en cela leur fidélité malgré les difficultés.
Cette femme voulait rester fidèle à cette mission. C’est elle qui rit à la fin.
Deuxième histoire
Celle-ci concerne rabbi Chimon bar Yohaï. L’un de ses élèves, parti à l’étranger, était devenu très riche. Lorsqu’il revint à la yeshiva, ses compagnons commencèrent à le jalouser, et cela affaiblit leur étude de la Torah.
Rabbi Chimon bar Yohaï les emmena alors dans une vallée et dit : « Vallée, vallée, fais sortir des pièces d’or ! » Et la vallée fit sortir un véritable fleuve de pièces d’or. Rabbi Chimon leur dit : « Celui qui veut prendre de l’argent peut se servir… mais il le prend sur sa part dans le monde futur. »
Il n’est pas écrit explicitement ce qu’ils firent, mais on devine que personne n’osa se servir.
Ils comprirent le message : cela ne vaut pas la peine de perdre même une graine du monde futur pour quelque chose d’éphémère.
Ils retournèrent alors étudier avec encore plus de force.
Troisième histoire
La Guemara (Baba Metsia 114b) raconte qu’un jour, Eliyahou Hanavi, rencontra Rabba bar Avouh, et l’interrogea sur les lois de pureté : « Comment pourrais-je connaître cette baraïta ? Si je ne maîtrise pas les quatre ordres de la Michna les plus couramment étudiés, comment pourrais-je connaître les six ? » Eliyahou lui demanda : « Pourquoi ne les connais-tu pas toutes ? » Rabba bar Avouh répondit : « Je suis pressé de gagner ma vie et, par conséquent, je ne peux étudier correctement. » Eliyahou le conduisit au Gan Eden et lui dit : « Enlève ton manteau, ramasse et prends quelques-unes de ces feuilles qui traînent. » Rabba bar Avouh les prit.
Alors qu’il sortait, il entendit une voix qui déclara : « Qui d’autre consomme son Monde à venir comme Rabba bar Avouh, qui s’approprie le mérite de l’autre monde pour son usage dans celui-ci ? » Il ôta son manteau et jeta les feuilles.
Pourtant, lorsqu’il rapporta son manteau, il constata que ce vêtement avait absorbé un si bon parfum de ces feuilles qu’il put le vendre pour douze mille dinars. Sachant que cette somme provenait de sa part du Monde à venir, il ne voulut pas en profiter lui-même et la partagea donc entre ses gendres.
Pourquoi Eliyahou Hanavi lui montra-t-il tout cela ? Pour lui faire comprendre que si un homme sait vraiment ce qu’est le bonheur éternel du monde futur, il ne se laissera jamais affaiblir dans son étude.
D’après le Méssilat Yécharim, la base de toute la ‘hassidout et de toute la Avodat Hachem est de comprendre pourquoi l’homme a été créé. Le véritable plaisir – le ta’anoug – se trouve dans le monde futur, et il est construit par les mitsvot accomplies dans ce monde.
Le Midrach explique que, lorsque Hachem décide de faire descendre une néchama dans ce monde, Il lui montre d’abord le monde futur. Celle-ci demande : « Comment ont-ils mérité tout cela ? » On lui répond : « Ils ont servi Hachem dans ce monde. » Mais quand elle voit aussi les difficultés et les épreuves, elle ne veut plus descendre.
On la force alors à descendre, et on lui fait jurer : « Sois un tsadik et ne sois pas un racha. » Ensuite, la néchama oublie tout, afin que l’homme ait le libre arbitre et puisse acquérir son mérite par son propre travail. Le but étant de se rappeler que (Pirkei Avot 4,16) : « Ce monde ressemble à un couloir : prépare-toi dans le couloir pour entrer dans le palais. »
Il est inconcevable qu’un homme vouloir construire un couloir plus grand que le palais lui-même. Il est ici pour se préparer, et chaque mitsva crée un mérite éternel.
Ainsi, lorsque Moché Rabbénou construisit le Michkan, il ne s’agissait pas seulement d’une construction matérielle : c’était un monde spirituel capable d’accueillir la présence divine.
Les Bnei Israël comprirent qu’à la fin, ils devraient rendre des comptes. Et pour pouvoir être heureux face à cette obligation – pour pouvoir rire au dernier jour – il faut posséder deux qualités : Oz, la force intérieure, et Hadar – la noblesse et la pudeur (la tsniout).
Ces qualités donnent à l’homme sa véritable grandeur.
A ce sujet, il y a un très beau machal du ‘Hafets ‘Haïm.
Dans un petit village vivait un homme qui n’avait jamais fait d’études. Un jour, on construisit à côté une ligne de chemin de fer. Tous les enfants venaient regarder le train passer. A travers les fenêtres, ils voyaient de jolies lumières, de beaux sièges, et des gens à qui on servait diverses boissons.
Pour eux, ce train représentait un véritable paradis, une expérience extraordinaire. L’un des villageois réussit à économiser un peu d’argent en vendant les fruits et légumes qu’il cultivait. Son grand rêve était de monter un jour dans ce train.
Un jour, il annonça à ses amis qu’il allait enfin pouvoir acheter un billet de train, et tous l’accompagnèrent à la gare. Il acheta le meilleur billet possible, le plus cher, un billet de première classe, même s’il ne savait pas vraiment ce que cela signifiait.
Mais lorsqu’il monta dans le train, il ne sut pas où aller.
Il se retrouva ainsi en troisième classe, là où voyagent les soldats, les paysans avec leurs animaux, dans des conditions très difficiles.
Il était persuadé qu’il allait vivre quelque chose d’extraordinaire… mais au lieu de cela, il fut bousculé, écrasé, avant de pouvoir s’asseoir sur un banc en bois très inconfortable.
Le train commença à rouler : ça secouait, ça sautait, il n’était pas du tout à l’aise. Et le pire arriva : à un moment, on entendit du bruit. C’était le contrôleur. Tout le monde se cacha sous les sièges. Lui aussi prit peur et en fit de même. Il se dit alors : « Qu’est-ce que c’est que ça ? Je pensais que ce train était un paradis… en réalité c’est une souffrance terrible ! Comment ai-je pu payer pour souffrir ? »
Lorsque le contrôleur le découvrit, il lui demanda son billet. Il le lui présenta… On arrivait presque à la fin du trajet, le contrôleur s’exclama : « Mais qu’est-ce que tu fais ici ? Tu as un billet de première classe ! »
Il l’emmena alors dans un autre wagon. Là-bas, il découvrit des tapis rouges, de grands sièges confortables. On lui servit toutes sortes de boissons.
Le contrôleur lui dit : « C’est là ta place ! » Il commença enfin à se sentir bien. Et il se dit : « Qu’est-ce que j’ai pu être stupide ! Pourquoi suis-je resté en troisième classe ? Je n’ai rien compris à la vie. C’est ici que c’est vraiment agréable. »
Le ‘Hafets ‘Haïm explique que c’est exactement la même chose dans la vie. Parfois, un homme se plaint de son existence, de ses difficultés, de ses problèmes. Mais en réalité, il ne sait pas que le but n’est pas de rester en troisième classe. Hachem nous a donné la Torah et les mitsvot, qui donnent un véritable sens et une vraie valeur à la vie. Elles nous indiquent la direction vers la réussite et l’authentique bonheur.
Lorsque l’homme comprend cela, il apprend à profiter des vraies valeurs et découvre ce qu’est le vrai bonheur.
Et finalement, celui qui rira vraiment… c’est celui qui rira le dernier.
Il y a une deuxième parabole, toujours sur ce même sujet.
Un homme vivait dans une grande pauvreté. Un jour, il demanda à sa femme l’autorisation de partir à l’étranger pour chercher une meilleure parnassa.
Sa femme accepta, car leur pauvreté était difficile à supporter.
A l’époque, ces voyages se faisaient en bateau, et ils étaient très longs et très fatigants. Malheureusement, une catastrophe se produisit : le bateau dans lequel il était monté fit naufrage et sombra.
Par chance, notre homme réussit à s’accrocher à un morceau de bois, qui le poussa jusqu’à une plage déserte. Quand il put se relever, il commença à marcher. A un moment, il remarqua de très belles pierres par terre. Il se dit : « Si je rentre à la maison, je les rapporterai au moins à mes enfants. »
Il pensait que ce n’était que de belles pierres ou des billes, et il s’en remplit les poches.
Il marcha pendant des jours et des jours, traversant plusieurs villages. A un moment, quelqu’un lui donna du pain. Pour pouvoir le garder dans ses poches, il jeta quelques pierres. A une autre occasion, pour s’alléger, il s’en délesta aussi. Finalement, il n’en garda que quelques-unes et remplit ses poches de pain sec à la place.
Il finit par revenir chez lui, mais il avait tellement honte de ne pas ramener d'argent qu’il ne dit rien. Il rentra discrètement et alla directement dormir.
Sa femme pensa : « Il doit être très fatigué. » Elle fouilla alors ses poches… et découvrit des pierres précieuses, des diamants.
Stupéfaite, elle courut chez un bijoutier. Elle en vendit une et reçut une énorme somme d’argent. Et elle en profita pour acheter des vêtements pour ses enfants, de la nourriture, des tapis. La maison changea complètement : tout devient beau et lumineux.
Quand son mari se réveilla, il ne comprit rien. Il fit netilat yadaïm, s’assit à table avec sa famille, et vit tout le monde heureux.
Curieux, il demande à sa femme : « D’où vient tout cela ? – J’ai pris une pierre précieuse dans ta poche. » Il lui fallut deux secondes pour comprendre… et immédiatement, il s’évanouit. Quand il reprit connaissance, il se mit à pleurer et à crier.
Sa femme commença à avoir peur. Elle se demandait si elle aurait dû toucher ces pierres. Mais il lui dit : « Tu n’as pas compris… Des pierres comme celles-là, j’en avais plein les poches ! Mais je les ai jetées pour du pain sec… Je les ai jetées parce que c’était lourd… Alors que c’était une immense richesse ! J’aurais pu être riche pour toujours ! Pourquoi n’ai-je pas compris leur valeur ? »
C’est exactement la même chose dans la vie. Parfois, un homme peut avoir l’impression que faire les mitsvot, respecter le Chabbat, s’efforcer de mener une vie faite de spiritualité, c’est très lourd.
Comme il n’étudie pas, il ne comprend pas ce que cela représente vraiment, il ne reconnaît pas la valeur d’une vie consacrée à la Torah. Mais un jour, il peut réaliser : « Comment ai-je pu avoir des pierres précieuses dans mes mains et les avoir laissées tomber ? »
Lorsqu’on comprend leur véritable valeur, on réalise que chaque mitsva est comme un diamant. Et c’est exactement le sens du verset : « Vatis’hak leyom a’haron » – Elle rira au dernier jour. Car celui qui rira vraiment, c’est celui qui rira à la fin.
Deuxième sujet
Cette paracha nomme les deux constructeurs du Michkan, Betsalel et Aolihav. Betsalel était issu de la tribu de Yehouda, et Aolihav de celle de Dan.
La Torah veut nous transmettre ici deux messages. Elle dit : « Regardez, Hachem a appelé par son nom Betsalel ben Ouri ben Hour. » Rachi explique que Hachem a appelé Betsalel pour réaliser ce travail. Rav Yerou’ham demande : pourquoi la Torah dit-elle « Regardez » ? Si le but était simplement de dire qu’il fut choisi, il aurait suffi de le préciser, sans employer ce mot !
La Torah veut que nous sachions qui a construit cette maison extraordinaire pour HaKadoch Baroukh Hou.
Moché Rabbénou Lui avait demandé : « Comment peut-on Te construire une maison, alors que même le monde entier ne peut pas Te contenir ? »
HaKadoch Baroukh Hou lui répondit : « Ne t’inquiète pas. Toi, rassemble tous les éléments que Je t’ai indiqués, et Moi Je dévoilerai Ma présence. »
Le dévoilement de HaKadoch Baroukh Hou dans le Michkan était quelque chose d’immense. Le Michkan devait être construit selon les secrets de ce qui se trouve dans les Cieux, en correspondance avec le corps de l’homme et avec ce qui existe dans le monde. Cela demandait donc une intelligence et une connaissance extraordinaires.
Betsalel savait comment assembler les lettres avec lesquelles le ciel et la terre furent créés. Mais notre rôle à nous est simplement de faire notre part. Ensuite, HaKadoch Baroukh Hou se dévoile au-delà de tout ce qu’on peut imaginer.
Le Ramban explique que le mot « regardez » vient nous montrer quelque chose d’étonnant. Comment les Bnei Israël ont-ils construit le Michkan ? En réalité, ils l’ont construit alors qu’ils ne savaient rien faire. C’étaient d’anciens esclaves en Egypte : ils n’avaient jamais étudié ni l’architecture, ni la couture ou tous les travaux extrêmement délicats nécessaires à sa construction, qui exigeait beaucoup d’intelligence et de savoir-faire.
Alors comment ont-ils réussi ? Parce qu’ils avaient l’attitude de (Divré HaYamim II 17,6) « Vayigba libo bedarké Hachem » – Son cœur s’est élevé dans les voies de Hachem. Des personnes, qui voulaient absolument avoir le mérite de participer à cette construction, ont pris des initiatives. C’est ce que signifie l’idée : « Toi, rassemble tous les éléments que Je t’ai indiqués. »
Le résultat n’est pas entre nos mains. Mais dans ce que nous faisons, nous devons mettre tout notre cœur, toute notre volonté, tout notre courage, même si nous pensons en être incapables. Alors nous découvrirons que nous avons la capacité de réaliser des choses extraordinaires.
Ainsi, lorsque la Torah dit « Regardez, Betsalel », cela veut dire : regardez comment, grâce à sa grandeur, à sa volonté – et au mérite de son grand-père Hour, qui a fut tué par le peuple d’Israël pour avoir refusé de participer à la faute du Veau d’or – il a pu atteindre des niveaux si élevés.
La Torah veut que nous prenions cela comme exemple. Lorsqu’on veut construire quelque chose de grand, atteindre des niveaux spirituels élevés, construire un foyer dans la Torah, malgré toutes les influences extérieures, on doit savoir qu’on peut aller très loin. Mais cela, à condition de mettre son cœur, son courage et sa volonté dans les voies de Hachem : « Vayigba libo bedarké Hachem. »
C’est pourquoi la Torah associe Betsalel à Aolihav. Rachi explique que cela vient nous apprendre que, devant HaKadoch Baroukh Hou, il n’y a pas de différence entre le riche et le pauvre, comme le dit le verset (Job 34,19) : « Velo nikar choa lifné dal » – Il ne favorise pas le riche contre le pauvre.
La tribu de Dan était considérée comme étant la plus simple, la moins importante du peuple d’Israël, tandis que celle de Yehouda était la plus grande et la plus prestigieuse. La Torah dit « véito » – avec lui. Cela témoigne que ce n’est pas seulement la personne la plus forte ou la plus capable qui peut réaliser de grandes choses. Même celui qui se sent faible, négligé, ou qui pense ne pas provenir d’une lignée éminente comme Betsalel, peut lui aussi accomplir des choses extraordinaires.
Et cela était particulièrement important pour la construction du Michkan, entreprise qui dépassait totalement sa simple dimension matérielle et qui touchait à des réalités infinies et spirituelles. Les livres – notamment le Néfech HaHaïm et les écrits de Rabbénou Behayé – développent comment le Michkan correspondait aux plus grands secrets de la Kabbale.
Malgré cela, la Torah nous enseigne que c’est grâce au courage, à la volonté, au désir et à la détermination que l’on peut réussir. Peu importe qui on est ou d’où l’on vient.
Et elle ajoute encore un point : cette association entre Betsalel et Aolihav fut possible grâce à la modestie de Betsalel. Le mot « véito » montre qu’il n’a pas fait de différence et qu’il n’a pas refusé de travailler avec quelqu’un considéré comme plus insignifiant que lui.
Ensemble, ils construisirent le Michkan et accomplirent des choses extraordinaires.
Troisième sujet
Dans cette paracha, la Torah mentionne deux fois le rôle des femmes dans le désert.
La première, lors de la faute du Veau d’or, il est rapporté que les femmes refusèrent de donner leurs bijoux en or pour fabriquer l’idole. Elles ne voulaient pas y participer. Certains hommes leur prirent leurs bijoux malgré elles, ce qui permit de fabriquer le veau d’or.
En revanche, lorsqu’il s’agit de construire le Michkan, ce fut exactement l’inverse. Comme le rapporte Rabbénou Behayé, les femmes furent les premières à donner, et avec une telle générosité qu’il y eut une abondance de dons, bien au-delà de ce qui était nécessaire.
Grâce à cela, Moché Rabbénou put bénir les Bnei Israël. A un moment donné, il demanda même au peuple d’arrêter de produire, car il y avait déjà assez de matériaux pour la construction. Mais, comme le souligne Rabbénou Behayé, Moché Rabbénou n’a pas demandé d’arrêter d’apporter des dons : car on ne dit jamais à quelqu’un d’arrêter de donner lorsque cela peut encore embellir le Beit Hamikdach.
Les femmes eurent donc un rôle très important. C’est pour cela que dans certaines communautés, lors de Roch ‘Hodech Nissan, il existe des coutumes liées aux bijoux en or, que l’on trempe parfois dans l’huile, afin de rappeler cette attitude des femmes qui refusèrent de les donner pour fabriquer une idole, mais qui les donnèrent généreusement pour ériger le Michkan.
Comme cette histoire s’est déroulée à Roch ‘Hodech, HaKadoch Baroukh Hou dédia Roch ‘Hodech aux femmes.
Telle est l’origine de la coutume selon laquelle les femmes ne travaillent pas en ce jour. Ce n’est pas un minhag très répandu aujourd’hui, mais il existe dans certaines communautés.
Et HaKadoch Baroukh Hou a promis qu’à l’époque du Machiah, les femmes seront « renouvelées » comme les Roché ‘Hodachim – à l’exemple du renouveau de la nouvelle lune – car elles surent refuser de donner quand il ne fallait pas, mais le firent quand c’était pour Hachem. Mais il y a encore un autre aspect à la fin de la paracha, toujours lié au Michkan. On parle du Kiyor, le bassin utilisé par les Cohanim pour se purifier, pour se laver les mains et les pieds avant leur service.
La femme joue un rôle immense dans la notion de pureté, et cela à tous les niveaux. Comme le dit la Guemara (Yevamot 63a) : « Elle sauve son mari de la faute », dans un sens très large. Elle joue un rôle spirituel très particulier.
Lorsque Moché Rabbénou voulut fabriquer le Kiyor, les femmes apportèrent leurs miroirs. Ceux-ci étaient faits de cuivre poli, et ils pouvaient donc servir à le fabriquer. Au départ, Moché Rabbénou les refusa : il pensait que les miroirs étaient des objets liés au yétser hara, pour se faire belle, par coquetterie. Mais HaKadoch Baroukh Hou lui répondit : « Au contraire ! Ces miroirs sont plus précieux que tout. »
Pourquoi ? Parce qu’en Egypte, grâce à ces miroirs, le peuple d’Israël s’est multiplié. Les femmes se rendaient auprès de leurs maris, épuisés par le travail et l’esclavage. Elles utilisaient ces miroirs pour leur redonner de la force et du courage, afin qu’ils continuent à vivre, à espérer, et fonder des familles.
Grâce à elles, le peuple d’Israël continua à croître, malgré l’esclavage. C’est pourquoi Hachem déclara que ces miroirs étaient très chers à Ses yeux.
Les Richonim expliquent également que ces femmes avaient atteint un niveau spirituel très élevé. C’est parce qu’elles avaient, en quelque sorte, pris de la distance avec le matérialisme qu’elles donnèrent leurs miroirs : ils ne représentaient plus pour elles quelque chose d’important. Elles utilisaient leur temps pour venir au Ohel Moed écouter la Torah de Moché Rabbénou.
C’est pour cela que la Torah les appelle « marot hatsovot » – les femmes qui se tiennent, près du Ohel Moed. Elles accouraient pour écouter les enseignements et se rapprocher de HaKadoch Baroukh Hou. Elles méritèrent ainsi que leurs miroirs servent précisément à fabriquer le Kiyor, l’ustensile qui apporte la pureté au sein du klal Israël. On voit combien, déjà dans la Torah, même des choses qui semblent matérielles, ou qui paraissent liées au yétser hara, peuvent devenir des instruments d’une immense valeur spirituelle lorsqu’on sait les orienter dans la bonne direction.
Cela nous enseigne aussi combien le rôle de chacun est considérable, et qu’il est possible d’utiliser même des éléments matériels pour servir HaKadoch Baroukh Hou, construire le klal Israël dans son éternité et permettre des générations de bonheur et de réussite.
Il convient d’avoir la volonté de diriger le gouvernail dans la bonne direction, de comprendre quel est le véritable but de chaque chose, et ne pas, ‘has véchalom, orienter ces forces vers le yétser hara, mais vers la Kedoucha.


